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Le comité d'action de Volkswagen propose un programme de lutte pour les ouvriers de l'automobile en Allemagne: défense de chaque emploi, rupture avec l'appareil syndical, pas de production de guerre

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Le 21 septembre, le syndicat IG Metall a organisé sa « journée d'action » avec des dizaines de manifestations au niveau des usines du secteur de l’automobile et de l’équipementerie. Le Comité d'action de Volkswagen a publié le programme de lutte suivant pour les travailleurs de ces secteurs, suite au vote des représentants d'IG Metall, le 3 septembre, en faveur de 50 000 suppressions de postes supplémentaires chez Volkswagen.

Dans les usines automobiles allemandes, la colère gronde. L'opposition et la fureur grandissent de jour en jour face à la braderie de nos emplois et à la collaboration étroite entre les responsables syndicaux d'IG Metall et les directions d’usines. Récemment, dans une lettre ouverte, les délégués syndicaux et les membres du comité d'entreprise d'IG Metall chez Mercedes ont alerté la direction syndicale de la résistance croissante à cette trahison.

Des salariés de Volkswagen participent à un rassemblement devant le siège social du constructeur, à Wolfsburg, en Allemagne, le 9 décembre 2024, lors d'une grève d'avertissement. Une banderole dit: « Ça suffit! Nous sommes prêts à faire grève.» [AP Photo/Martin Meissner]

Il ne fallait pas donner l'impression que le syndicat « protestait en mettant le frein à main», écrivaient les délégués syndicaux de Mercedes en août, appelant à la résistance « jusqu'à la grève ». Mais de tels appels ne servent à rien, ou ne font que servir d'alibi, si l’on n’ôte pas en même temps le contrôle des initiatives des mains de la direction d'IG Metall et n’organise pas un véritable mouvement de grève.

Il n'y a aucun doute sur la position de la direction d'IG Metall et de son appareil bureaucratique. Chacun sait qu'ils ont rejoint le camp de l’ennemi depuis bien longtemps. Ils siègent aux conseils de surveillance, se présentent comme des «co-managers» et touchent pour cela des salaires princiers – pour ne pas dire qu’on les corrompt. Ils approuvent les décisions des trusts selon lesquels les baisses d'effectifs, les licenciements et les rationalisations sont inévitables, et les imposent avec brutalité.

Ils ne protestent pas « en mettant le frein à main ». Au contraire, toute manifestation est mise en scène dans le cadre d'un jeu truqué, destiné à servir de soupape de sécurité pour la colère accumulée pendant que la bureaucratie syndicale accepte de nouveaux licenciements massifs, des baisses de salaires et des prestations sociales.

La réponse du siège social d'IG Metall à la lettre ouverte du comité des délégués syndicaux de Mercedes est arrivée rapidement.

Début septembre, le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé la suppression de 50 000 emplois supplémentaires lors d'une réunion secrète tenue de nuit, sans aucune consultation des salariés. Les prétendus « représentants du personnel », menés par Christiane Benner, présidente d'IG Metall, et Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise, ainsi que le gouvernement du Land de Basse-Saxe, dirigé par le Parti social-démocrate (SPD), détiennent la majorité au conseil de surveillance et auraient pu bloquer tous les projets. Au lieu de quoi ils ont accepté sans réserve les diktats du clan Porsche-Piëch, milliardaire et actionnaire majoritaire de Volkswagen. Avec les licenciements déjà approuvés, ce sont désormais 75 000 emplois qui seront supprimés chez Volkswagen en Allemagne.

La crise de l'industrie automobile, avec ses vastes répercussions sur de nombreux autres secteurs, a atteint un point critique où la lutte est devenue inévitable. Attendre n'est plus une option! De nouvelles vagues de licenciements massifs, des fermetures d'usines, des baisses de salaires et la reconversion de pans entiers de l'industrie vers la production d'armements sont déjà bien amorcées.

La question centrale est de savoir qui décide de l'avenir des emplois: nous, les travailleurs, ou les propriétaires et leurs représentants dans les directions des grandes entreprises, du gouvernement et de l'appareil syndical ?

Nous proposons la riposte suivante :

1. Défendez chaque emploi !

Le droit au travail et à un salaire décent prime sur le droit des actionnaires, propriétaires des investisseurs financiers à faire des profits et à obtenir des rendements maximaux.

Nous, les travailleurs, créons la richesse de la société. Notre travail produit les véhicules, les machines, les composants et les services nécessaires et indispensables à la société.

La question n’est donc pas de savoir combien d’emplois une entreprise peut encore « se permettre » dans les conditions de profit actuelles, mais comment la production doit être développée dans l’intérêt des travailleurs et de la société dans son ensemble.

Lorsque les milliardaires prétendent que les licenciements de masse, les baisses de salaires et les fermetures d'usines sont indispensables à la sauvegarde de leur système de profits, ils ne font que déclarer une chose: le capitalisme n’est plus viable et n'est plus compatible avec les intérêts vitaux de la population. S'il y a bien une chose que la société ne peut plus se permettre, ce ne sont pas les emplois, les salaires décents ou la protection sociale, ce sont les ultra-riches détenteurs de capitaux et les oligarques milliardaires.

Cela est particulièrement flagrant chez Volkswagen. La fortune des familles Porsche et Piëch – estimée à 40 milliards d'euros – repose sur la terreur nazie, sur l'expropriation des biens syndicaux et sur l'exploitation du travail forcé. Dans les années 1930, Ferdinand Porsche et Anton Piëch ont collaboré avec Hitler; le capital fondateur de Volkswagen provenait des actifs des syndicats, interdits en 1933. Cette richesse a été créée par des générations de travailleurs. La situation est similaire chez BMW avec la famille Quandt, qui détient environ la moitié des droits de vote de l'entreprise.

2. Brisez le contrôle de l'appareil d'IG Metall! Au lieu de la soumission, l’expropriation et le contrôle ouvrier de la production !

IG Metall et les comités d'entreprise sont démasqués comme complices de la conspiration des milliardaires. Ils répondent aux pressions de la base par des mesures autoritaires et des restrictions à la démocratie syndicale. Ils soutiennent sans réserve la direction et sont ceux qui organisent la casse des emplois.

C’est pourquoi il faut retirer son mandat à l’appareil syndical. Les travailleurs doivent prendre eux-mêmes les choses en main. Sur tous les sites, la production doit être placée sous le contrôle des ouvriers. Toutes les ressources de la société doivent servir les besoins sociaux de la classe ouvrière au lieu des intérêts et profits des plus riches.

Dans l'immédiat, toutes les négociations secrètes entre la direction d'IG Metall, les représentants du personnel et la direction du trust doivent cesser immédiatement et être placées sous le contrôle de collègues de confiance. Aucun accord, aucun contrat ne sera conclu sans consultation préalable et vote de la base.

Au lieu de licenciements, nous proposons une réduction du temps de travail sans perte de salaire. Cela signifie également l'arrêt de toute accélération des cadences de travail et de toute nouvelle baisse des salaires.

3. Non à la production de guerre! La lutte contre les suppressions d'emplois et la lutte contre le réarmement sont indissociables.

La crise que traverse l'industrie automobile n'est pas une simple crise conjoncturelle passagère qui se résorbera dans un avenir proche. Il ne s'agit pas non plus d'une crise structurelle ou de transformation liée à la transition vers la mobilité électrique, qui serait surmontée une fois cette nouvelle technologie pleinement opérationnelle.

La crise automobile actuelle est bien plutôt la conséquence de la crise historique du système capitaliste à l'échelle mondiale. L'intégration internationale poussée et la mondialisation de la production ont fait disparaître de tous les pays la voiture « nationale », ou tout autre produit purement national. Ce phénomène a énormément accentué la contradiction entre la production internationale et le système obsolète des États-nations sur lequel repose le capitalisme.

Aujourd'hui, chaque pays se dispute les matières premières, les sources d'énergie et les marchés, et la guerre commerciale internationale devient le prélude à une guerre mondiale. Au siècle dernier, cette crise historique du capitalisme a déjà engendré des dictatures fascistes et deux guerres mondiales.

Aujourd'hui encore, la lutte contre la guerre se retrouve au cœur de la lutte des classes. Le gouvernement allemand poursuit le plus vaste programme de réarmement depuis Hitler et le finance par des coupes budgétaires massives dans les services sociaux, touchant les chômeurs, les retraités, l'éducation et le système de santé.

La reconversion à la production d'armements est un élément essentiel de cette politique de guerre. Pour l'usine Volkswagen d'Osnabrück, un accord de vente avec la société d'armement israélienne Rafael est imminent; des composants du système de défense « Dôme de fer » doivent y être fabriqués.

Le contrôle ouvrier de la production implique donc également d'élaborer et de discuter des plans sur comment la lutte contre les licenciements massifs peut être liée à la mobilisation contre la guerre et le réarmement.

4. Créez des comités d'action de la base indépendants ! Contrez la perspective nationaliste de la « défense des sites de production » individuels par l'unité internationale de la classe ouvrière !

La dictature de l'appareil d'IG Metall peut et doit être vaincue. Les grandes luttes de classes du passé au cours desquelles les travailleurs ont obtenu la journée de huit heures, les indemnités maladie et d'autres droits sociaux et politiques n'ont pas été vaines. Aujourd'hui encore, d'importantes luttes de classes sont inévitables.

Nous proposons la préparation de grèves coordonnées sur tous les sites et d'autres mesures de lutte allant jusqu'à l'occupation des usines et des départements menacés de fermeture.

Mais cela exige une nouvelle structure organisationnelle: des comités d’action indépendants, élus par les travailleurs eux-mêmes, responsables devant l’ensemble du personnel et sans permanents syndicaux ou seigneurs des comités d’entreprise. Ces comités d’action doivent surmonter l’isolement des diverses usines imposé par IG Metall et unir les travailleurs au-delà des sites, des secteurs et des frontières.

La lutte contre les trusts globaux qui poursuivent une stratégie internationale ne peut être gagnée dans un cadre national. Chaque concession faite par les syndicats dans un pays les encourage à intensifier leurs attaques à l'échelle mondiale. C'est pourquoi nous opposons au nationalisme de la « défense de sites de production» individuels — par lequel les bureaucrates syndicaux dressent les travailleurs d'un pays contre leurs collègues d'autres pays — l'unité internationale de la classe ouvrière. Les travailleurs n'ont pas de patrie — ni en temps de guerre, ni en temps de guerre commerciale.

Nous avons commencé à mettre en place le Comité d'action de VW au sein de l'Alliance internationale ouvrière des comités de base (acronyme anglais IWA-RC) et nous vous appelons à faire de même dans chaque usine. Nous avons besoin de cette nouvelle structure organisationnelle démocratique et participative pour coordonner les luttes ouvrières dans les différentes usines, industries et pays. C'est la seule façon de briser l'emprise paralysante de l'appareil d'IG Metall qui, tout en s'enrichissant, nous réduit à l'état de quémandeurs et de mendiants.

La mise en place de comités d'action marque le début d'une contre-offensive mondiale de la classe ouvrière et transformera la situation et l'ambiance dans chaque usine, passant de la perplexité à la confiance en soi.

Notre modèle dans ce combat est la campagne de Will Lehman, ouvrier automobile américain chez Mack Trucks en Pennsylvanie. Socialiste et internationaliste, il se présente à la présidence du syndicat de l'automobile UAW (United Auto Workers) aux États-Unis. Il montre comment mener une lutte sur la base de principes: non pas « réformer » la bureaucratie mais mobiliser de très larges secteurs des ouvriers de l'automobile pour abolir cette bureaucratie, transférer le pouvoir à la base et reconquérir pour nous travailleurs, les ressources du syndicat.

Collègues de l'automobile, agissez maintenant !

Attendre n'est pas une option. Rien ne changera tant que nous n'agirons pas. Contactez-nous via le formulaire de contact [en bas d’article sur: https://www.wsws.org/de/articles/2026/09/19/rife-s19.html] ou en envoyant un message WhatsApp au +49 163 3378340.

(Article paru en anglais le 22 septembre 2026)

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