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Maïs fourrage : dans le rush des analyses de matière sèche en Bretagne

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À Trélevern, les éleveurs affluent pour faire analyser leur maïs. Une étape devenue stratégique cette année, alors que les cultures évoluent à des rythmes très différents.

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Matière sèche Trélevern

À Trélevern, les éleveurs viennent avec plusieurs pieds représentatifs de leurs parcelles pour faire mesurer leur taux de matière sèche. ©Bertrand Dumarché

Par Bertrand Dumarché Publié le 22 août 2026 à 18h10

À quelques semaines des ensilages, le hangar de la Cuma de la Côte de Granit rose, à Trélevern (Côtes-d’Armor), ne désemplit pas. Depuis le début du mois d’août, les éleveurs du secteur se succèdent dans différents lieux de la région avec leurs pieds de maïs sous le bras. Objectif : savoir précisément où en est leur culture et, surtout, ne pas se tromper de date pour lancer le chantier d’ensilage.

Ce jour-là, Christophe, éleveur à Camlez, est venu avec plusieurs échantillons. Il a déjà esquissé son calendrier : « Je pense partir autour du 12 ou du 15 septembre », explique-t-il. Mais avant de réserver une ensileuse ou une ETA, il veut conforter son choix. Pour lui, l’enjeu principal est de vérifier l’état du grain. « C’est lui qui fait le rendement », souligne-t-il.

À quelques mètres, les techniciens d’Innoval s’activent autour de la machine d’analyse. Chaque échantillon est identifié, broyé puis analysé. En quelques minutes, les éleveurs disposent d’une estimation du taux de matière sèche de leurs parcelles.

Des maïs qui n’avancent pas tous au même rythme

Cette année, plus encore que d’habitude, le rendez-vous est pris très au sérieux. La campagne 2026 se caractérise par des situations particulièrement contrastées. Les fortes chaleurs enregistrées depuis le début de l’été ont modifié le développement de certaines parcelles. D’autres ont été perturbées, notamment par la mouche Géomyza. Les semis tardifs et les resemis présentent ainsi des profils très différents selon les secteurs et les dates d’implantation.

« Cette campagne sera marquée par sa précocité », observe Mickaël Fraboulet, technicien chez Innoval et responsable de la rencontre de Trélevern. Mais la météo peut encore changer la donne. Le passage pluvieux du 19 août a été bien accueilli. « Ça a été vraiment top pour la fin du cycle », estime-t-il.

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Matière sèche Trélevern

Les pieds de maïs sont broyés avant de passer dans la machine, qui estime leur taux de matière sèche grâce à une lecture par infrarouge. ©Bertrand Dumarché

Pour Christophe, comme pour les autres éleveurs présents, cette incertitude impose de croiser plusieurs indicateurs. Le résultat de l’analyse vient compléter l’observation de la plante et les prévisions météorologiques.

Les techniciens s’appuient notamment sur une grille qui permet de mettre en perspective le stade actuel du maïs avec les températures et la météo attendues dans les prochains jours. Une pluie régulière peut ralentir l’évolution de la plante et offrir davantage de temps avant la récolte. À l’inverse, une période chaude et sèche accélère le dessèchement.

« En une semaine de flotte, on peut prendre 40 à 50 », illustre Christophe, en évoquant l’évolution possible du taux de matière sèche. D’où l’importance de ne pas figer trop tôt une date de chantier.

Quatre pieds pour une lecture à la parcelle

Le protocole est simple. Les éleveurs viennent avec des pieds représentatifs de leurs parcelles. « Chaque éleveur vient avec quatre pieds représentatifs de sa parcelle », précise Mickaël Fraboulet.

Les plantes sont d’abord identifiées, puis broyées. Le prélèvement passe ensuite dans la machine, qui réalise une lecture par infrarouge pour estimer la matière sèche. « On a donc cette lecture parcelle par parcelle et ensuite on restitue les informations à l’éleveur », explique le technicien.

Matière sèche Trélevern

Avant l’analyse, la technicienne identifie et prépare chaque échantillon afin d’obtenir une mesure de matière sèche parcelle par parcelle. ©Bertrand Dumarché

Mais la machine ne fait pas tout. Une fois le résultat obtenu, les techniciens observent également les plantes, et en particulier les grains, afin de vérifier que le chiffre correspond bien à une situation cohérente sur le terrain.

Sur les quelque 40 échantillons analysés au début de l’après-midi à Trélevern, un point ressort : « On n’a pas vu de grains non fécondés, c’est déjà une bonne chose », se félicite Mickaël Fraboulet.

Dans le même temps, les différences entre parcelles sont flagrantes. Certains maïs semés tardivement ont été pénalisés par la mouche. À l’inverse, certains resemis affichent finalement un potentiel intéressant.

Trouver le bon compromis pour le troupeau

Derrière le taux de matière sèche se joue une part essentielle de la réussite du chantier d’ensilage. Récolté trop humide, le maïs risque de poser des problèmes de conservation. Trop sec, il devient plus difficile à tasser correctement et peut aussi perdre en qualité alimentaire.

« Il ne faut pas avoir de maïs trop vert, ni trop sec. Il faut trouver un optimum pour le troupeau », rappelle le technicien.

C’est ce qui pousse les éleveurs à venir chercher un avis extérieur. À Trélevern, certains envisagent un chantier dès le 5 septembre, avec des objectifs autour de 32 à 35 % de matière sèche. D’autres, comme Christophe, se projettent plutôt une semaine plus tard.

Les résultats ne fournissent toutefois pas une date d’ensilage clé en main. « Nous, nous sommes un outil d’aide à la décision. Mais ce sont eux les premiers décideurs », insiste Mickaël Fraboulet.

Il rappelle que l’analyse réalisée à Trélevern ne remplace jamais l’observation de la parcelle. « Rien ne vaut le fait d’aller dans les champs », résume-t-il. La couleur de la plante, l’état des feuilles, la texture du grain, l’évolution du feuillage ou encore l’hétérogénéité de la parcelle restent autant d’éléments à intégrer.

Le verdict tombe, les téléphones sonnent

À peine le résultat obtenu, les éleveurs réfléchissent à la suite. Pour certains, la rencontre confirme simplement une date qu’ils avaient en tête. Pour d’autres, elle conduit à avancer ou à repousser le chantier.

Souvent, le premier réflexe en sortant du hangar est de décrocher son téléphone. « Bien souvent, en sortant de leur rencontre, ils appellent l’ETA ou la Cuma pour fixer une date », constate Mickaël Fraboulet.

Matière sèche Trélevern

En complément de la mesure réalisée par la machine, les techniciens observent les plantes et l’état des grains pour affiner leur conseil. ©Bertrand Dumarché

La scène résume l’intérêt de ces Rencontres Matière Sèche : apporter un indicateur objectif au moment où les décisions deviennent concrètes. La fenêtre de récolte se rapproche et, avec elle, la nécessité d’organiser les chantiers collectifs, de réserver les entreprises et de coordonner les différents travaux de l’exploitation.

Pour les éleveurs, le déplacement représente bien plus qu’une simple analyse de laboratoire. C’est un point d’étape avant une décision qui engage une part importante de l’alimentation du troupeau pour les mois à venir.

Un outil parmi d’autres

Innoval propose également aux éleveurs de compléter ces observations avec e-connect. L’outil permet de renseigner la date de semis, les conditions de sol et les données météorologiques afin d’obtenir des informations complémentaires sur l’évolution de la culture.

À Trélevern, le message des techniciens reste toutefois le même : les outils ne remplacent pas l’éleveur. Ils permettent de réduire l’incertitude, de comparer les informations et de conforter une décision.

Les Rencontres Matière Sèche sont ouvertes à tous les éleveurs. Les analyses sont proposées gratuitement par Innoval. Il suffit de venir avec trois à quatre pieds de maïs représentatifs par parcelle, coupés juste avant la rencontre.

Les rendez-vous sont organisés dans plusieurs secteurs bretons, notamment dans les Côtes-d’Armor, le Finistère et le Morbihan, à partir du 4 août. Le calendrier des prochaines rencontres est disponible sur le site d’Innoval.

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