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À Vexin-sur-Epte (Eure), Caroline et Jean-Philippe Deloison restaurent depuis sept ans ce château. Ils ont retrouvé des plans et des documents peu connus et de diverses époques.
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Par Rédaction Vernon Publié le 22 août 2026 à 18h14
Les habitants de la région ont certainement entendu parler du château de Berthenonville. Mais connaissent-ils son histoire ? Situé dans la commune de Vexin-sur-Epte (Eure), le château est la propriété de la famille Deloison qui en a fait sa résidence principale.
Ils ont entrepris la rénovation de cette vieille bâtisse non sans s’intéresser à son histoire. Caroline, la châtelaine, nous explique que » l’idée d’approfondir l’histoire de notre patrimoine vient de la découverte de plans dans le château et des documents conservés aux archives de l’Eure « . Jean-Philippe Deloison ajoute que » les pierres allaient enfin nous parler grâce aux textes retrouvés « .
Les maîtres des lieux précisent que pendant plusieurs siècles, le domaine comportait le château, la ferme, le moulin, le potager et diverses terres.
Depuis 1976, le domaine est inscrit à l’inventaire général et classé sous la dénomination de manoir XVIIIe pour la ferme et château XIXe pour le château. Jean-Philippe Deloison Les chartreux de Paris à Berthenonville
À partir du XIVe siècle jusqu’à la Révolution, la commune et le château de Berthenonville ont été divisés entre des chartreux de Paris et des seigneurs.
Les chartreux est un ordre religieux qui s’installe à Paris à l’hôtel de Vauvert en 1257 sous Louis IX, dit Saint Louis. En 1792, suite à la suppression des ordres monastiques, les chartreux quittèrent toutes leurs propriétés. Aujourd’hui, le monastère n’existe plus.

Des écritures gravées en fraktur, soit en gothique allemand, dans une pierre ont été retrouvées sur la propriété des châtelains, attestant de la présence des chartreux. Cependant, » l’état de la pierre ne permet pas encore de déchiffrer la totalité des écritures, mais on peut lire leur nom et celui de notre village « , révèle le résident.
Une succession de propriétaires
La succession de propriétaires n’est pas encore tout à fait établie. Les documents retrouvés rapportent que vers le milieu du XIVe siècle, le chevalier Pierre Lebrun possédait le domaine. À partir de 1580, Jean de Pacaronny, rentier, occupa le domaine durant près de deux siècles.
Au début du XVIIIe, les chartreux payaient un loyer pour le château et ou ses dépendances à la famille Pacaronny. En 1770, Antoine Blondel, écuyer du roi achète le château. Il était très impliqué dans la vie politique économique et administrative de la région.
Les châtelains nous dévoilent qu’avant la Révolution française le château appartenait à Claude Méry, prêtre du diocèse de Rouen (Seine-Maritime) mais que son bien fut réquisitionné en 1793. Un Monsieur de Boullongne, marié à une Méry, le rachète vers 1821.
Pendant deux siècles, le château reste au sein de la famille. En 1878, elle retrouve le nom de son aïeul : Méry de Bellegarde. C’est d’ailleurs par l’un des descendants que Monsieur et Madame Deloison ont fait l’acquisition de leur actuelle » maison « . » C’est ainsi que l’on appelle notre chez nous « , confie la châtelaine.
L’édifice en partie réduit
Bien qu’au lendemain des évènements révolutionnaires l’architecture châtelaine française se voie transformée, la raison des modifications du château et de ses jardins en est encore incertaine à ce jour.
Après 1848, la bâtisse principale a été construite dans » une architecture classique et un intérieur de style empire » explique la propriétaire. Le château est réduit d’un tiers et son toit se modifie. Sur le plan cadastral, on remarquait que les bâtiments allaient jusqu’à la grille. Seule une fraction est restée intacte : celle hébergeant le pressoir, le cellier et la grange.
Utilisés jusqu’en 1980, ils avaient une fonction agricole car rattachés à la ferme. Les pierres amassées ont servi à la construction de nouvelles dépendances, d’écuries et d’une maison de gardien. Sur un plan de 1770, le jardin était dit » à la française » tandis que sur celui de 1848 il était dit » à l’anglaise « .
Une restauration devenue indispensable
Aujourd’hui, la prochaine étape des travaux entrepris est de donner une nouvelle structure au parc entre allées, bassins, potager, serre et plantations d’arbres ornementaux.
À leur arrivée, les châtelains entreprennent d’importants travaux de restauration. Caroline Deloison se souvient qu’il n’y avait pas l’eau courante, ni de cuisine et que toutes les canalisations et l’électricité étaient à changer.
» Le château était tout juste habitable « . Ils ont donc entrepris une restauration des boiseries, des parquets, des peintures en faux marbre, rachat de mobiliers, le tout dans un respect des lieux.
Finalement, sous les Méry, une simplification du château a été effectuée. Si une partie de ce patrimoine est visiblement envolée, les archives, vestiges du passé, sont de véritables » témoins de l’histoire de cette bâtisse « , ajoute l’actuel résident.
Ce château XIXe était peut-être considéré pour la plupart comme récent ; pourtant, les traces de ce château sont visibles bien avant la Révolution française. Les propriétaires continuent leurs recherches sur l’histoire de leur maison, qu’ils restaurent et font vivre au gré d’expositions et d’évènements.
H.D
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