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L'Union des municipalités du Québec (UMQ) et plusieurs maires demandent au gouvernement qui sera élu en octobre prochain d'alléger les normes qui font gonfler la facture des projets d'infrastructures municipaux.
Alors que l'UMQ estime que le déficit d'entretien des infrastructures atteint 50 milliards de dollars dans la province, son président, Guillaume Tremblay, presse le prochain gouvernement de faire un grand ménage réglementaire pour que les villes et les citoyens en aient plus pour leur argent.
Il y a des normes au Québec qui sont démentielles, démesurées.
Ce qui est important, c'est que tout le monde se mette autour de la table le plus rapidement possible. Il ne faut pas niaiser avec ça, parce que c'est des choses qu'on peut changer super rapidement et qui n'ont pas un coût pour le gouvernement du Québec, poursuit-il.

Le président de l'Union des municipalités du Québec et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay
Photo : Radio-Canada
Dans un contexte où les finances publiques sont déficitaires, c'est une demande qui risque d'être accueillie plus favorablement que les milliards supplémentaires réclamés par le monde municipal pour l'entretien et la construction de nouvelles infrastructures.

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Des factures qui grimpent aux quatre coins de la province
Presque tous les maires peuvent citer un projet qui coûte trop cher à leurs yeux en raison de normes qu'ils jugent peu efficaces, voire inutiles ou qui entraînent des délais supplémentaires dans la réalisation des travaux.
À Châteauguay, le maire Éric Allard donne en exemple un projet routier visant à réaligner deux boulevards à l'intersection de la route 132, qui comprend également l'élargissement de l'un d'eux.
Alors que le projet était déjà en planification, la Ville a dû retourner à la table à dessin pour répondre à des normes plus sévères imposées par Québec en matière de gestion des eaux pluviales.

Le maire de Châteauguay, Éric Allard, déplore l'augmentation des coûts du projet de réalignement de deux boulevards à l'intersection de la route 132.
Photo : Radio-Canada
Notre équipe d'ingénieurs et la firme qu'on avait embauchée ont dû recommencer leurs travaux pour venir se plier aux nouvelles normes, et donc, cela a augmenté nos coûts, cela a augmenté nos délais, raconte-t-il.
Même si des dispositions étaient déjà prévues pour prévenir les accumulations d'eau, la Municipalité a été obligée d'ajouter un bassin de rétention et de stations de pompage souterraines à son projet, ce qui a fait grimper la facture de 25 %.
Le projet, qui au départ on avait évalué que ça tournerait autour de 28 millions, aujourd'hui nous coûte 35 millions.
Au bout du compte, ce sont les citoyens qui devront payer la note. Évidemment, ça va se traduire en augmentation de taxes, c'est inévitable, parce que notre taux d'endettement va avoir augmenté d'un sept millions qui n'était pas prévu et qu'on aurait préféré éviter.

Vue aérienne du chantier pour le réalignement de deux boulevards de Châteauguay, à l'intersection de la route 132
Photo : Radio-Canada
Québec jette un peu de lest
La modernisation des stations d'épuration des eaux usées coûtera une fortune à plusieurs grandes villes de la province, qui doivent augmenter leur capacité de traitement et répondre à de nouvelles normes environnementales plus strictes.
À Laval, par exemple, on devra y consacrer deux milliards de dollars. Le projet aurait pu coûter 240 millions de dollars supplémentaires si le traitement de l'azote total avait été exigé.
C'était une norme qui, à notre avis, faisait gonfler démesurément la facture pour peu de gains réels pour l'environnement, soutient le maire Stéphane Boyer.
En compagnie d'autres maires et mairesses, comme Catherine Fournier à Longueuil, il a fait pression sur le gouvernement, qui a finalement décidé de reculer et de laisser tomber cette obligation.
On doit se requestionner sur les critères, les normes qu'on implante, puis qu'on exige. Est-ce qu'elles sont toutes essentielles? Pas toujours.

Le maire de Laval, Stéphane Boyer, à la station d'épuration des eaux La Pinière
Photo : Radio-Canada
Québec a aussi reporté d'un an l'adoption de la nouvelle mouture du Code du bâtiment, qui contenait des exigences plus sévères qui auraient fait grimper les coûts de construction.
Toutefois, selon le maire de Laval, le prochain gouvernement qui sera élu en octobre devra aller plus loin et revoir de fond en comble les réglementations en place.
Dans les dernières années, environ 40 % des coûts de construction de nos routes, de nos ponts, de nos usines proviennent de nouvelles normes induites dans le marché de la construction, et certaines d'entre elles ne sont pas nécessaires.
Les normes signifient également plus de paperasse et de reddition de comptes. Des tâches qui occuperaient 4000 fonctionnaires municipaux à temps plein au Québec, estime Stéphane Boyer.
Souvent, tout ce qui est fait par les ingénieurs dans les municipalités est révisé à nouveau par les ingénieurs dans les ministères à Québec. Donc on a des professionnels qui sont payés à réviser le travail d'autres professionnels, déplore-t-il.

Vue aérienne de la station d'épuration des eaux La Pinière, à Laval
Photo : Radio-Canada
Manque de coordination et délais
Dans sa propre ville, Mascouche, le président de l'UMQ se bute lui aussi aux lourdeurs de la machine administrative.
Guillaume Tremblay tente de faire aboutir depuis neuf ans la construction d'une bretelle pour relier l'autoroute 640 à une avenue adjacente.
Les travaux devraient enfin commencer à la fin du mois. En cours de route, la facture du projet a plus que doublé.

Vue aérienne du terrain qui a été déboisé pour la construction d'une bretelle reliant l'autoroute 640 et l'avenue de l'Esplanade, à Mascouche.
Photo : Radio-Canada
On était environ à 2,5 millions de dollars. On est rendus aujourd'hui à près de 6 millions de dollars. Il y a eu huit soumissionnaire. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de compétition.
La présence d'une ligne électrique, d'un gazoduc, la protection des couleuvres et des oiseaux dans la petite bande boisée qui sépare les deux routes ont complexifié le projet et multiplié les intervenants avec qui s'entendre ainsi que les autorisations à obtenir.
La production d'une première étude de circulation n'a pas été suffisante pour le ministère des Transports. Bien le ministère, l'année suivante, nous a demandé un autre recomptage pour confirmer, fait qu'on a perdu une autre année en partant pour faire un autre recomptage. C'est toujours aux frais de la Ville.


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