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La guerre commerciale avec les États-Unis incite des Britanno-Colombiens à redoubler d’efforts pour privilégier l’achat de produits canadiens. Certains experts doutent toutefois que ces efforts puissent éviter les conséquences que subira l’entièreté de l’économie canadienne à cause du conflit.
La nouvelle réalité se fait sentir dans une petite épicerie indépendante de la rue Commercial de Vancouver, où les clients demandent fréquemment à la gérante de trouver de nouvelles solutions de rechange pour les fruits et légumes américains.
Je pense que c’est encore plus important maintenant et que nous devrions passer à l’étape supérieure : imaginez si, pendant un jour au complet, personne n'achetait quoi que ce soit sur Amazon, dit Gaye Fowler, qui examine les fruits devant l’épicerie Santa Barbara Market.
Nous devons vraiment faire jouer notre pouvoir d'achat et nous verrons à l'échelle mondiale que cela a un impact, ajoute-t-elle.
On a beaucoup de clients de longue date qui, cette année, refusent d’acheter des pommes ou des oranges de la Californie, et ils me poussent à trouver d'autres solutions, dit la gérante de l’épicerie, Fereshteh Azizi.
Le problème, c'est que les coûts de transports s’ajoutent. Si je m’approvisionne en Australie, c’est plus cher. Et le client va seulement acheter un kilo de produits au lieu de deux.
C'est un défi de plus durant une année d’affaires lentes pour Mme Azizi, qui a déjà dû changer ses prix trois fois.
Elle reste néanmoins optimiste. J'espère, en tant que Canadienne, et avec tous mes concitoyens, que nous pourrons résister aux États-Unis. Nous pouvons le faire!

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Des commerces en alimentation et des entreprises auraient eu recours à «l'érablanchiment », soit l'affirmation fausse qu'un produit est canadien, alors qu'il ne l'est pas.
Photo : getty images/istockphoto / powerofforever
Quel impact économique?
Plus globalement, les choix des consommateurs peuvent avoir un impact sur l’économie plus large, affirme Nicolas Schmitt, professeur émérite d'économie à l'Université Simon Fraser.
Il ne faut pas négliger du tout l'aspect consommateur dans ce type de mouvement, dit-il.
Le virage des consommateurs vers les produits canadiens a donné un répit à l’ensemble de l'économie canadienne cette année, affirme David Soberman, professeur de marketing à l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto : La raison pour laquelle la performance économique a été meilleure que prévu, c'est qu'il y a beaucoup de consommateurs qui ont renforcé de petites et moyennes entreprises canadiennes.

Une grande partie des légumes verts de Santa Barbara Market viennent des États-Unis, parce qu'il est difficile de s'approvisionner de sources canadiennes, dit l'entreprise.
Photo : Radio-Canada
Couplé avec des efforts pour diversifier les échanges commerciaux, cela a aidé notre économie à subir l'orage.
Toutefois, Gabriel Giguère, analyste principal en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal, est sceptique quant à la capacité des consommateurs d’amortir le choc de la guerre commerciale à long terme.
C'est évident que ce ne sera pas suffisant dans la mesure où on fait affaire avec nos partenaires américains. C'est un partenaire de taille, dit-il.
Même si on achète un peu plus canadien, le Canada, c'est 40 millions de personnes. Il y a une limite par rapport à substituer un marché de plus de 300 millions de personnes.

Certaines épiceries ont commencé à mettre en valeur les produits canadiens depuis le début de la guerre tarifaire.
Photo : Radio-Canada / Édith Boisvert
Gabriel Giguère espère que le Canada et les États-Unis retourneront rapidement à la table de négociation pour éviter de grands dommages économiques.
Je comprends que c'est fâchant, la dynamique, dit-il. C'est difficile à digérer, mais on a un choix au niveau du gouvernement fédéral et le choix d'aller de l'avant avec des tarifs douaniers, c'est d’augmenter la facture des Canadiens et des Canadiennes.
C'est toujours le même problème avec les guerres commerciales et avec les tarifs, ajoute Nicolas Schmitt. C'est que c'est une stratégie perdante pour tout le monde.
Avec les informations d'Ivan de Jacquelin


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