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Pour sa première conférence de presse depuis l’effondrement des pourparlers commerciaux entre le Canada et les États-Unis, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a voulu mettre en garde la population après des propositions de part et d'autre de tarifer les exportations de pétrole et de gaz.
Cela paralyserait les économies de l’Ontario et du Québec, a-t-elle déclaré.
Danielle Smith a notamment réitéré sa position des derniers jours, en disant que les États-Unis répliqueraient rapidement à des contre-mesures tarifaires sur le pétrole et gaz canadien.
Ils réagiraient immédiatement en imposant un droit de douane de 50 à 100 % sur le pétrole et le gaz naturel qu’ils exportent vers l’Ontario, ainsi que sur les millions de barils de gazole et d’essence que l’Ontario et le Québec importent du Midwest.
Elle a aussi souligné que, contrairement au Canada, les États-Unis ont une réserve stratégique de pétrole, ce qui leur permettrait d’affronter plus facilement la guerre commerciale si elle s’intensifiait en touchant l’énergie.
Voulons-nous que les gens télétravaillent parce qu’il n’y a ni diesel ni essence pour se rendre au travail? Voulons-nous ce genre de situation alors que nous savons que l’est du Canada est confronté à une crise du pouvoir d’achat? Pour ma part, certainement pas.
En entrevue à Radio-Canada, l’économiste en chef chez Servus Credit Union, Charles St-Arnaud a reconnu qu’un tel scénario pourrait avoir des conséquences importantes sur l'ensemble du Canada.
On peut s'imaginer que [cela pourrait] avoir un effet négatif important. Est-ce que l'on parle d'une récession majeure ou même d'un crash économique? C'est ça la question. Pourrait-on peut-être penser à quelque chose comme le choc pétrolier des années 70?, explique Charles St-Arnaud.

Une vue d'ensemble montre une exploitation minière de sables bitumineux et ses installations près de Fort McKay, en Alberta, le 7 septembre 2022.
Photo : afp via getty images / ED JONES
Exporter davantage au Canada, rapidement
D’abord sur le dossier de l’alcool produit au Canada, Danielle Smith a exhorté ses homologues provinciaux à harmoniser immédiatement les marges provinciales pour rendre le secteur plus compétitif d’un océan à l’autre.
Fini le protectionnisme, a-t-elle lancé.
Puis elle a demandé d’avancer les échéances pour approuver plus rapidement le nouveau projet d’oléoduc vers la côte ouest : ce projet est essentiel pour accéder à davantage de marchés pour notre pétrole et pour l’indépendance économique du Canada.
La première ministre a aussi mentionné avoir déjà entamé des discussions avec la raffinerie Valéro de Québec pour potentiellement exporter davantage de pétrole albertain dans la grande région de la capitale québécoise.
La question de la capacité maritime canadienne a aussi été soulevée par Danielle Smith mercredi. Elle aimerait voir davantage de pétroliers de type Aframax battant pavillon canadien.

Le Laurentia Desgagnes et Hafnia Lise, deux pétroliers au terminal maritime de la raffinerie Jean-Gaulin d'Énergie Valero à Saint-Romuald (Lévis), Québec. (photo prise 24-07-2026) (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Finalement, sur l’approvisionnement en gaz naturel de l’Est canadien, elle a voulu rappeler que le Québec et l’Ontario en achètent beaucoup plus des États-Unis qu’avant, mais que ces provinces peuvent renverser la tendance.
Au début des années 2000, [l'Alberta vendait] près de 100 % du gaz naturel consommé dans l’est du Canada. [Mais, comme il est devenu] moins cher à s’approvisionner dans le gisement de Marcellus, en Pennsylvanie, les conduites ont été inversées.
Le temps joue en notre faveur
Mme Smith s’est toutefois voulue rassurante en rappelant le poids politique aux États-Unis de cette guerre commerciale.
Le temps joue en notre faveur. Nous devons donner à notre population et à nos entreprises les ressources dont elles ont besoin pour survivre. [Il faut aussi] accorder au peuple américain et à ses dirigeants le temps nécessaire pour revenir sur ces terribles mesures après les élections de mi-mandat de novembre.
D’ici là, le gouvernement albertain va lancer un portail en ligne pour consulter et soutenir les entreprises qui seront touchées par le conflit tarifaire.


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