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Ottawa a annoncé l'attribution de fonds pour la construction de nouvelles écloseries de saumon du Pacifique dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique afin de lutter contre le déclin de l’espèce.
L’annonce faite mardi par la ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson, concerne trois chantiers d’écloserie sur des territoires autochtones.
Ces maternités à saumons permettront de relâcher, chaque année, jusqu’à 1 million de poissons.
Trois nouvelles écloseries :
Contrat de 38 millions de dollars à IDL Projects inc. en partenariat avec la Première Nation Lheidli T’enneh, à Prince George, pour conserver les populations de saumon chinook du fleuve Fraser. L’écloserie pourra élever jusqu’à 400 000 saumons chinooks par année.
Contrat de 7,5 millions de dollars à Industra en partenariat avec la Première Nation Tŝilhqot’in, près de Hanceville, pour conserver les populations de saumon chinook du fleuve Fraser. L’écloserie pourra élever jusqu’à 250 000 saumons chinooks par année.
Contrat de 7,5 millions de dollars à Progressive Ventures en partenariat avec la Première Nation Gitanyow, sur la rivière Kitwanga, pour conserver les populations de saumon sockeye de la rivière Skeena. L’écloserie pourra élever jusqu’à 300 000 saumons rouges par année.

Représentation architecturale de l’écloserie de conservation qui sera construite en collaboration avec les Lheidli T’enneh sur la rive nord de la rivière Nechako, près de son confluent avec le fleuve Fraser.
Photo : Pêches et Océans Canada
Le gouvernement fédéral estime que la construction de ces nouvelles installations devrait permettre de créer une centaine d’emplois au cours des trois prochaines années et que, une fois opérationnelle, chaque écloserie devrait garantir entre 10 et 15 postes permanents à temps plein.
Nous travaillons à la mise en place de cette écloserie permanente depuis 2019. Nous avons préparé le dossier, construit une écloserie provisoire et l’avons exploitée avec succès pendant deux ans, explique Otis Guichon, chef du gouvernement national des Tŝilhqot’in.
Avec le ministère des Pêches comme partenaire, nous menons ce projet chez nous, pour de bon.
Nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants puissent voir des saumons sauvages remonter nos rivières.

La ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson, deuxième à partir de la gauche, pose aux côtés de la cheffe des Lheidli T'enneh, Dolleen Logan (deuxième à partir de la droite), et du chef héréditaire des Gitanyow, Harry Daniels (à droite), lors d'une conférence de presse organisée à Prince George, le 25 août 2026.
Photo : Radio-Canada / Andrew Kurjata/CBC News
Le saumon sauvage en déclin
Les changements climatiques, la perte d’habitat et les pressions exercées par la pêche entraînent le déclin marqué de nombreuses populations de saumon, a rappelé le gouvernement canadien.
Selon le dernier rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais) sur l'état des populations de saumon sauvage, publié par la Fondation du saumon du Pacifique, la majorité des populations de ce poisson en Colombie-Britannique et au Yukon restent bien inférieures à leurs moyennes à long terme, malgré quelques signes de rétablissement dans certaines régions.

Le saumon sockeye (ou saumon rouge) fait partie des cinq espèces de saumon du Pacifique surveillées par le gouvernement du Canada (avec le saumon chinook, coho, rose et kéta).
Photo : CBC -Brady Strachan
Nous avons des sentiments mitigés après l’annonce d’Ottawa. Cela représente beaucoup d’argent et s’il est positif de voir que le gouvernement fédéral s’intéresse à la repopulation des saumons, ces écloseries ne devraient être utilisées qu’en dernier recours, estime Aaron Hill, directeur général de la Watershed Watch Salmon Society.
Il y a des risques liés aux écloseries, notamment parce qu’elles interfèrent avec le processus de sélection naturelle, ajoute-t-il.
Les saumons sont en danger, mais le problème, c’est que nous continuons de les menacer.
À ses yeux, Ottawa devrait en faire plus pour limiter la surpêche, de l’Alaska jusqu’à la Colombie-Britannique, mais aussi pour stopper l’industrie du saumon d’élevage et mieux protéger les habitats des coupes forestières.

Le réchauffement des océans force des poissons à changer leurs habitudes et à migrer toujours plus vers le nord.
Photo : getty images/istockphoto / DaveAlan
Une initiative nationale plus large
Le financement annoncé pour ces écloseries s’inscrit dans le cadre de l’Initiative de la Stratégie relative au saumon du Pacifique (ISSP) lancée en 2021 par le gouvernement du Canada.
En mars dernier, Ottawa a renouvelé ses investissements dans cette initiative pour les cinq prochaines années, à hauteur de 412,9 millions de dollars.
Les écloseries seront supervisées par le Programme de mise en valeur des salmonidés (PMVS) du ministère des Pêches, qui produit plus de 300 millions de saumons juvéniles chaque année pour la pêche, la conservation et l’évaluation des stocks, selon Ottawa.
Sur la côte ouest, le gouvernement fédéral s’est engagé à moderniser plus de 70 écloseries, en plus de la construction des trois nouvelles dans le nord de la Colombie-Britannique.
Avec des informations d’Andrew Kurjata (nouvelle fenêtre)


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