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La gestion du budget mensuel n'est pas toujours évidente : les Français se retrouvent souvent avec des fins de mois difficiles dans l'attente de la tombée du salaire. De même, ils se retrouvent parfois face à un manque de moyens pour réserver leurs vacances qui doivent souvent être payées en anticipé.
Selon une enquête réalisée il y a peu auprès de 2 101 personnes de plus de 18 ans par la fintech française Rosaly, 25% de salariés supplémentaires en 2025 ont eu recours à un droit qui reste encore méconnu de beaucoup de travailleurs : l'acompte sur salaire. Il permet de toucher une partie de son salaire avant la date habituelle de versement, et plus précisément la somme équivalente aux jours déjà travaillés.
"Un acompte sur salaire c'est demander de l'argent qu'on a gagné et qu'on a travaillé. Le 3 du mois j'ai déjà travaillé 3 jours depuis le début du mois et donc l'équivalent de trois jours de salaire, on peut le demander tout de suite", a détaillé Arbia Smiti, fondatrice de Rosaly, interrogée par Linternaute.com.
Ce dispositif est une obligation légale à tous les employeurs en France dans le privé : "Toute entreprise privée doit accepter une demande d'acompte sur salaire par son salarié durant le mois. Le salarié peut faire ça chaque mois s'il veut", a-t-elle ajouté. Ce n'est pas le cas de l'avance sur salaire où, par exemple, "le 3 du mois je demande déjà un mois de salaire". Ce que l'employé peut refuser.
L'acompte permet aussi d'éviter au maximum de recourir aux découverts bancaires et donc de ne pas payer des agios. Ces derniers vont, en plus, voir leurs règles évoluer : l'autorisation de découvert sera davantage encadrée à compter du 20 novembre 2026 avec de nouvelles exigences. Avec l'acompte sur salaire, le rythme des revenus coïncide aussi davantage avec celui des dépenses, mais il ne faut pas oublier que le montant déjà versé sera retiré du salaire de fin de mois et donc être prudent à l'approche des charges fixes à payer.

Dans la pratique, la plupart des entreprises imposent une date limite pour les demandes car "elles ne peuvent pas traiter les demandes au fur et à mesure" et s'en occupent une seule fois par mois. Le traitement peut, en plus, être parfois long et "ne pas répondre à l'urgence" du salarié. "C'est aussi gênant parce que la demande est manuelle, il faut la demander auprès de son employeur ou des RH, à l'oral, par SMS, par mail... Ce qui empêche pas mal de salariés de faire la demande qui vont alors se tourner vers leur banques et s'endetter", a précisé Arbia Smiti. C'est pourquoi Rosaly propose ses services aux entreprises pour un service d'acompte sur salaire automatisé "sans validation, instantané et versé en quelques secondes".
"Un des usages de l'acompte est pour payer les billets de train, d'avion, l'hôtel... et programmer ses vacances en avance. (...) On peut s'y prendre beaucoup en avance pour avoir des billets moins chers, des plans plus intéressants grâce à l'acompte sur salaire car avant c'était beaucoup plus compliqué de sortir d'un coup de l'argent avant de recevoir son salaire ou d'épargner plusieurs mois pour avoir de la trésorerie", a détaillé Arbia Smiti. Cet outil a également des utilisations plus quotidiennes notamment au travers du paiement des courses, des frais de médecin à avancer ou encore pour faire le plein d'essence.
Une proposition de loi déposée le 3 mars dernier est en cours d'étude et défendue par plusieurs partis. L'objectif est de donner cette flexibilité plusieurs fois par mois et plus à une date spécifique : cela pourrait monter jusqu'à 5 fois sans justification. Certains pays envisagent même d'aller plus loin : "Aux Etats-Unis, en Angleterre... Pas mal de pays tendent aujourd'hui vers un salaire versé chaque semaine, chaque deux semaines parce que c'est plus facile à gérer pour les gens que sur un mois", nous a rapporté Arbia Smiti. Les gens tendraient généralement à mieux gérer leur argent sur une durée plus courte alors que "la moyenne d'argent restant sur le compte bancaire chez les Français après le 10 du mois est de moins de 100 euros". Le problème réside dans l'exécution par les entreprises qui gèrent leur trésorerie mensuellement.


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