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Les trois provinces maritimes travailleraient sur un plan commun pour arrêter de dépendre des soins infirmiers itinérants dispensés à fort prix par des agences privées, affirme jeudi le ministre de la Santé de l’Île-du-Prince-Édouard.
Les sous-ministres et les régies de santé de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard s’attèlent à cette tâche, selon le ministre insulaire Cory Deagle.
Je ne crois pas qu’une province puisse se permettre de payer ces taux astronomiques. En ce moment, nous n’avons pas d’autres options. Nous n’avons pas assez d’infirmières pour pourvoir tous les postes, a-t-il déclaré, jeudi. Nous avons besoin d’elles, mais devons trouver une façon de gérer leur coût.
La solution envisagée, explique-t-il, est la création d’une escouade d’infirmières dont les provinces seraient propriétaires.
Nous n’utiliserions pas des compagnies privées, dit Cory Deagle.
Un système de santé public dévalorisé
Dans les trois provinces, les contrats entre les autorités de santé et des agences privées pour du personnel infirmier itinérant payé à même les fonds publics sont vivement critiqués.
La dépendance envers ces agences est en forte hausse depuis quelques années.
Qui plus est, leur utilisation cause des tensions dans les soins de première ligne, a reconnu Cory Deagle. Le personnel infirmier du privé est en effet payé beaucoup plus cher que les travailleurs embauchés par les hôpitaux et les centres de soins.
L’idée est d’encourager le travail dans le système public, plutôt que pour les agences privées, qui coûtent très cher au gouvernement, déclare le ministre prince-édouardien de la Santé.

Cory Deagle, ministre de la Santé de l’Île-du-Prince-Édouard, en entrevue le 6 mars dernier.
Photo : CBC
Je crois que les infirmières se diraient : si l’option [des agences privées], où le salaire est parfois presque le double, n’existe plus, je vais devoir travailler dans le système public, poursuit-il. Ou si je préfère me déplacer à travers les Maritimes, je peux travailler au sein de l’unité des Maritimes.
Pour qu’une escouade d’infirmières itinérantes à la grandeur des maritimes fonctionne, les trois provinces devront s’entendre pour arrêter complètement d’accorder des contrats aux agences du privé, dit le ministre Deagle.
Les salaires et les normes doivent être harmonisés à travers les trois provinces, ajoute-t-il.
On compte standardiser les permis de travail, en s’inspirant du Registre des médecins de l’Atlantique, lancé il y a trois ans. Il permet à ceux-ci de travailler dans les quatre provinces de la région — les Maritimes, ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador — sans exigences réglementaires additionnelles.
Combien les provinces ont-elles payé au privé?
Au Canada, plus de 1,5 milliard $ de fonds publics (nouvelle fenêtre) ont été versés à des agences privées de soins infirmiers à but lucratif au cours de l’exercice financier 2023-2024, ont calculé l’École de soins infirmiers de l’Université Queen’s et la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et infirmiers.
C’est six fois le montant dépensé trois ans plus tôt, en 2020-2021.

Source de tensions : les infirmières d'agences privées sont habituellement payées beaucoup plus cher que celles qu'elles viennent accompagner en première ligne. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Elaine Thompson
À l’Île-du-Prince-Édouard, où seulement 27 942 $ avaient été octroyés à des agences du privé en 2020-2021, la facture s’élevait à 1,3 million $ deux ans plus tard et atteignait au moins 8,7 millions $ en 2023-2024.
Santé Île-du-Prince-Édouard a dépensé environ 28,5 millions $ en services infirmiers itinérants non budgétisés lors de l'exercice financier 2024-2025, apprenait-on dans un récent rapport du vérificateur général de la province (nouvelle fenêtre).
En Nouvelle-Écosse, le recours au privé a également connu une ascension fulgurante, avec des contrats passant de 10 millions $ en 2021-2022 à un record de 154 millions $ en 2023-2024.
En 2024-2025, le gouvernement est parvenu à réduire de 31 millions $ la valeur de ces contrats, mais a quand même déboursé 123 millions $ pour du personnel infirmier itinérant, selon ce que rapportait en début d’année (nouvelle fenêtre) la vérificatrice générale de la province.
De février 2022 à février 2024, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a quant à lui consacré 173,9 millions $ de fonds publics (nouvelle fenêtre) pour des contrats avec des entreprises privées — la majeure partie (123,1 millions $) pour des services de soins infirmiers au sein du réseau de santé francophone, Vitalité.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le ministre de la Santé ne pouvait pas confirmer quand ce plan de personnel itinérant commun aux trois provinces pourrait se matérialiser. Les pourparlers ne font que commencer, affirme-t-il.
Entretemps, l’île continue de se tourner vers le privé dans le présent exercice financier. À cause des problèmes de surcapacité, je pense que nous allons dépenser davantage d’argent pour des infirmières itinérantes, a convenu Cory Deagle.
Avec les renseignements de Wayne Thibodeau et Thinh Nguyen, de CBC


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