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Quatre Premières Nations de la Colombie-Britannique ont fait l'acquisition d’une scierie ayant appartenu à l’entreprise Canfor à Vanderhoof, dans le nord de la province, dans le but d’y développer un parc industriel nommé Ncha Koh.
Aujourd’hui, c’est bien plus que l’inauguration d’un site industriel, a exprimé Robert Michell, le chef élu de la première nation Stellat'en, d'une voix tremblante, remplie d’émotions. C’est le début d’un nouveau chapitre, fondé sur une vision, une détermination et la force qui naît du travail collectif.
Sa communauté, conjointement avec les nations Nadleh Whut'en, Saik'uz et Lheidli T'enneh, a acquis le terrain, les installations et l'équipement de la scierie Plateau.
Cette scierie fait partie des sites fermés par le géant du bois Canfor en 2024. À l’époque, des centaines de personnes avaient perdu leur emploi.
BC Hydro comme premier client
BC Hydro devient le premier client du parc industriel Ncha Koh, en utilisant une partie du site comme aire de travail et d’entreposage dans le cadre de la construction de la ligne de transport d'électricité de la côte nord.
Il accueillera des logements pour les ouvriers, précise Melissa Holland, vice-présidente senior chargée des infrastructures chez BC Hydro.
Destiné aux industries du nord de la Colombie-Britannique, ce réseau de transport électrique est l’un des projets d'intérêt national du gouvernement de Mark Carney.

Le projet de ligne de transport d’électricité de la côte nord a pour objectif de fournir de l’énergie propre à différents projets industriels dans le nord de la Colombie-Britannique. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Ethan Cairns
Repenser l’industrie forestière
Nous constatons tous que la foresterie ne suit plus la voie que nous avons connue en grandissant, déclare Priscilla Mueller, cheffe élue de la Première Nation Saik'uz. Nous voyons également le potentiel de nouvelles opportunités commerciales que représentent des lieux comme celui-ci.
Les communautés et les dirigeants autochtones réclament [ce genre d’occasion] depuis longtemps, affirme Greg Halseth, professeur de géographie à l’Université du Nord de la Colombie-Britannique.
Il explique que la concurrence est forte dans le secteur forestier : Il est très difficile d’être compétitif face aux régions du monde où les coûts de production sont bas, là où l’on n’a peut-être pas à payer les mêmes salaires, les mêmes impôts ou d’autres types de coûts environnementaux.
Greg Halseth ajoute que les sites de production fermés par de grandes entreprises permettent de repenser la manière dont les Premières Nations peuvent s’impliquer dans l’économie. Il existe une multitude de possibilités d’exploitation de nos ressources naturelles. Les exporter sous forme de matières premières n’est qu’une option parmi d’autres.
Dans le nord de la Colombie-Britannique, nous avons de nombreux exemples de communautés autochtones jouant un rôle actif en acquérant des biens immobiliers, des sites industriels, des installations et en les convertissant, alors qu’elles s’engagent dans l’économie et tentent de retenir davantage la richesse qui quittait les communautés de la région.
Par exemple, en 2024, la bande indienne de McLeod Lake et la Nation dénée de Tsay Keh ont acheté à Canfor un permis d’exploitation dans le nord de la Colombie-Britannique leur permettant de récolter chacune plus de 430 000 mètres cubes de bois par an.

Située à environ 85 kilomètres à l’ouest de Prince George à vol d’oiseau, Vanderhoof compte environ 4500 habitants et sert de plaque tournante pour les Premières Nations voisines. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada/CBC
Selon le professeur Halseth, le principal défi qui attend les quatre Premières Nations est celui que rencontre toute initiative d’envergure : Il faut définir une vision et établir un plan, dialoguer avec la communauté.
Le plus important, c’est qu’ils réfléchissent dès maintenant et qu’ils discutent dès maintenant de ce qu’ils souhaitent réaliser, selon leurs propres termes, grâce à cette nouvelle opportunité.
De son côté, le maire du district de Vanderhoof, Kevin Moutray, a déclaré qu’il se réjouissait de cette nouvelle. Il ajoute que le départ de Canfor, en tant que contribuable industriel, avait porté un coup dur à la communauté, entraînant une perte de recettes de 580 000 $, soit 11 % des revenus fiscaux.
Avec des informations d’Andrew Kurjata


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