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La Colombie-Britannique a annoncé la création de deux centres de soins involontaires à Prince George et Surrey, dont les 132 lits seront destinés à des personnes ayant des troubles de santé mentale sévères.
À Prince George, l’ancien Centre correctionnel pour jeunes sera réaménagé au coût de 92 millions de dollars.
Cet établissement s'adresse particulièrement aux personnes qui, en raison de leurs problèmes de santé mentale, de leurs graves problèmes de toxicomanie et trop souvent d'une lésion cérébrale associée à cette dépendance, sont incapables de demander de l'aide, a déclaré le premier ministre David Eby lors d’un point de presse à Prince George devant le bâtiment vendredi.
À Surrey, un bâtiment existant sera également réaménagé, pour un coût de 57 millions de dollars.
Le gouvernement envisage l’ouverture des deux centres d’ici le printemps 2028.
Ils suivent l’ouverture, l’an dernier, de 10 lits destinés à la même fin au Centre de détention provisoire de Surrey et de 18 lits au Centre de détention Alouette, à Maple Ridge.
Ailleurs dans la province, plus de 2000 lits dans d’autres centres peuvent aussi être utilisés pour l'administration des soins involontaires.
En Colombie-Britannique, une personne peut être hospitalisée sans consentement volontaire si quatre conditions sont réunies : elle souffre d’un trouble mental grave affectant son jugement, elle nécessite un traitement en établissement, elle a besoin de soins pour éviter une détérioration ou assurer sa sécurité ou celle des autres, et elle n’est pas apte à donner son consentement volontairement.

L'ancien Centre correctionnel pour jeunes de Prince George, photographié en novembre 2023.
Photo : Radio-Canada / Catherine Hansen
Des résultats phénoménaux
Le gouvernement fait un bilan positif des nouveaux lits à Maple Ridge et Surrey en expliquant qu'une soixantaine de patients y ont reçu des soins depuis un an.
Le succès de ce projet nous a menés à nous engager à ouvrir des centres de soins involontaires dans toutes les régions de la province, a déclaré David Eby.
Les résultats sont phénoménaux, a dit Daniel Vigo, conseiller scientifique en chef de la Colombie-Britannique pour la psychiatrie, les drogues toxiques et les troubles concomitants.
Je l'ai constaté lors de mes visites au centre : j'ai vu les mêmes personnes avant et après leur prise en charge. La transformation est radicale.

Une chambre dans un centre de détention à Maple Ridge où des soins involontaires peuvent être administrés.
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
C'est quelque chose dont les Premières Nations ont besoin depuis très longtemps, a noté Dolleen Logan, la cheffe de la Première Naiton Lheidli T’enneh, présente comme le Dr Vigo au point de presse.
[Grâce au nouveau centre à Prince George] nous pourrons obtenir de l'aide chez nous, sans avoir à envoyer nos membres, nos amis ou notre famille à Vancouver ou à Victoria, elle a ajouté.
La mairesse de Surrey, Brenda Locke, a aussi réagi favorablement à l'annonce. La sécurité publique repose sur la mise en place d'un soutien adéquat pour les personnes confrontées à de graves problèmes de santé mentale et de toxicomanie, elle a dit par le biais d'un communiqué.
Et puis, les soins volontaires ?
Jonny Morris, le PDG de la division britanno-colombienne de l’Association canadienne pour la santé mentale, dit qu’il semble que la province suive l’exemple du Centre de soins en santé mentale et toxicomanie Red Fish, à Coquitlam, ce qui est une bonne chose, selon lui.
Le centre a ouvert en 2021 avec une approche novatrice, offrant des soins concomitants en santé mentale et en toxicomanie.
J’ai toutefois une inquiétude, a ajouté M Morris. On voit un très fort accent sur les soins involontaires. Le gouvernement y attache des dates limites et du capital.
L’opportunité ici serait de mettre en place des dates limites et du capital en lien avec les soins volontaires.
Claire Ratte, la porte-parole conservatrice de l'opposition officielle en matière de santé mentale, a abondé dans le même sens : Même si c'est un pas dans la bonne direction, nous ne constatons toujours pas les investissements nécessaires dans les traitements volontaires.
Interrogé sur cette question lors du point de presse, David Eby a déclaré qu'il veut également ajouter plus de lits en soins volontaires. Il a toutefois ajouté qu'il existe une population dont les besoins sont très intenses, très particuliers et très uniques, qui ont besoin de soins de manière urgente, même si ces soins sont administrés sans leur consentement.
Avec des informations de Liam Britten


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