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Les changements climatiques ont contribué à créer les conditions qui ont alimenté la pire saison de feux de forêt de l'histoire récente de l'Ontario. C’est ce que conclut une étude publiée jeudi par le groupe de recherche World Weather Attribution (WWA) de l'Imperial College de Londres, en Angleterre.
Les chercheurs estiment que les conditions météorologiques extrêmes observées cet été ont deux fois plus de risques de se reproduire à cause des changements climatiques provoqués par l’activité humaine, notamment la combustion des énergies fossiles.
Leur analyse s’appuie sur les épisodes de chaleur, de sécheresse et de vents qui ont favorisé les feux de forêt en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest, qui subissent eux aussi une saison dévastatrice cette année.
Depuis le début de la saison, plus de 3,8 millions d'hectares ont brûlé à travers le Canada, dont 730 000 en Ontario.
Une saison historique
Au delà de la superficie brûlée, les chercheurs sont aussi frappés par la vitesse à laquelle les feux se sont propagés.
En seulement quelques jours ou quelques semaines, d'immenses territoires ont été détruits, explique Jonathan Boucher, chercheur au Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, qui a participé à l'étude.
Selon lui, la saison 2026 se distingue parce que l'Ontario a déjà rapporté la plus grande superficie brûlée de son histoire récente, et ce, bien avant la date de fin de la saison des feux prescrite par la loi provinciale, soit le 31 octobre.

Jonathan Boucher est un chercheur scientifique spécialisé dans les feux de forêt pour le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada.
Photo : Fournie par Melissa Gismondi
L'étude rappelle qu'au plus fort des incendies, plus de 2800 personnes ont dû être évacuées dans le Nord-Ouest ontarien.
Les incendies ont aussi entièrement ravagé les territoires des Premières Nations de Collins (Namaygoosisagagun) et de Whitewater Lake.
D'après les chercheurs, cette situation est survenue après une période d'intense activité orageuse suivie d'une semaine de conditions météorologiques particulièrement propices aux incendies.
Pour le climatologue Theodore Keeping, coauteur de l'étude, c'est une réalité qui devrait alimenter le débat sur les changements climatiques provoqués par l’activité humaine.
Le message que j’adresserais à Mark Carney est simple : en exportant des combustibles fossiles, le Canada finit aussi par subir les conséquences de leur combustion.

Le territoire de la Première Nation de Collins, aussi appelée Namaygoosisagagun, a été complètement ravagé par les feux de forêt.
Photo : The Canadian Press / Chris Young
Mieux se préparer
Les auteurs de l'étude estiment que ces épisodes météorologiques extrêmes risquent de devenir plus fréquents si le réchauffement climatique se poursuit.
Ils soutiennent donc qu'il faudra non seulement réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi mieux préparer les collectivités à faire face aux incendies.
Chris Boyer, chercheur et conseiller technique au Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, plaide notamment pour de meilleurs plans d'urgence, une communication plus étroite avec le public et une coordination accrue entre les différents organismes appelés à combattre les feux.
Sa suggestion fait écho aux demandes des chefs des Premières Nations du Nord-Ouest de l’Ontario, qui réclament une enquête publique sur la réponse du gouvernement provincial aux feux de forêt.
Un audit de performance sur la gestion des feux a été confirmé par le Bureau de la vérificatrice générale de l’Ontario, mais cette mesure ne suffira pas, selon les dirigeants autochtones.
Nous n’avons pas ce temps-là avec les changements climatiques, a affirmé Russell Wesley, chef de la Première Nation de Cat Lake, au moment de l’annonce de l’audit.
Avec les informations de Sarah Law de CBC


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