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Les décès liés à la fumée des feux de forêt au Canada ont augmenté d'environ 275 % depuis le début des années 2000, selon le Lancet Countdown, un rapport annuel sur la santé et les changements climatiques.
Le rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais), publié mardi dans The Lancet, révèle que la fumée des feux de forêt a été associée à une moyenne annuelle d’environ 4000 décès au Canada entre 2021 et 2025. Entre 2003 et 2012, la moyenne était de 1050 décès par an.
Nous pouvons mesurer cette différence, à savoir un plus grand nombre de personnes touchées, avec le registre de mortalité. Les chiffres sont assez frappants, explique Ian Hamilton, titulaire de la Chaire de santé planétaire à l'Imperial College de Londres et coauteur de l'étude.
Le chercheur précise que l'étude a examiné le nombre de décès supplémentaires survenus pendant les épisodes de fumée de feux de forêt par rapport aux données historiques, plutôt que de procéder à un décompte au cas par cas.
Nous constatons que davantage de personnes décèdent pendant les mois d’été, au cours des périodes que nous suivons, ce qui correspond à ce qui s’est produit historiquement, dit-il.
Conséquences tragiques
Carter Vigh est l'un de ceux dont le décès est lié à la fumée des feux. Ce jeune de 9 ans, originaire de 100 Mile House, en Colombie-Britannique, était atteint d’asthme. Il est décédé à l'été 2023, une année d'une intensité record pour les feux de forêt.
Le coroner a déclaré que la cause du décès de Carter était une crise d’asthme exacerbée par la fumée des feux de forêt. Je n’aurais jamais imaginé que ce serait notre histoire et que cela arriverait à Carter, déplore Amber Vigh, la mère de Carter.

Atteint d'asthme, Carter Vigh, ici avec sa mère, est décédé en 2023.
Photo : Submitted by Amber Vigh
Les chiffres du dernier rapport du Lancet Countdown lui brisent le cœur et elle s'inquiète que la population soit devenue complaisante face aux feux.
Les gens pensent que si le feu ne frappe pas à notre porte, il ne nous touchera pas. Mais la fumée a des effets terriblement néfastes sur les gens, et ils ne s’en rendent tout simplement pas compte, affirme Amber Vigh.
Claudel Pétrin-Desrosiers, médecin de famille et présidente de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement, n’est pas étonnée des chiffres présentés par le rapport.
La littérature scientifique est sans équivoque. Les particules comme les PM2,5 sont nocives pour tous les systèmes du corps, particulièrement pour le cœur, les poumons, mais aussi pour le cerveau et les plus petits vaisseaux qui se rendent, par exemple, dans les reins, explique-t-elle.

Un drone d’allumage est déployé afin de prévenir la progression du complexe de feu Brunswick Creek vers le sud et d’atteindre le fleuve Fraser, en juillet 2026. (Photo d'archives)
Photo : BC Wildfire Service
Selon le rapport, le Canada a perdu environ 5,2 millions d'hectares de couvert arboré en 2024, soit 148 % de plus qu'en 2016, et les feux de forêt étaient la cause de 86 % de cette perte.
Cela se traduit par une augmentation de la fumée et une perte de zones ombragées, celles-ci procurant un certain soulagement lors des journées les plus chaudes au Canada.
Le péril de la chaleur
En 2023, la chaleur aurait causé 710 000 décès à l’échelle mondiale, un nombre record, dont 71,5 % seraient attribuables aux changements climatiques, selon le rapport.
Au Canada, entre 2016 et 2025, comparativement aux années 1990, la population a été exposée à environ 36 heures supplémentaires par année pendant lesquelles la chaleur présentait un risque modéré ou élevé pour la santé lors d’une activité physique modérée en plein air.
Notre organisme possède une capacité limitée d'adaptation à la chaleur, selon Claudel Pétrin-Desrosiers. Il arrive un moment où on n'est plus capable de s'adapter à la chaleur. Et là viennent des conséquences parfois dévastatrices pour la santé, allant jusqu'à des décès.
La baisse de la capacité de travail liée à la chaleur au Canada a entraîné une perte potentielle de revenus estimée à 1,16 milliard de dollars américains en 2025, le secteur de la construction représentant 64 % de ces pertes, selon le rapport.

Un travailleur du secteur de la construction se rafraîchit sur un chantier à Vancouver, en Colombie-Britannique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Dans les dernières années, les conséquences sanitaires des changements climatiques auraient augmenté.
Ça ne va pas en s'améliorant, mais on a encore la chance de changer de trajectoire. D'autant plus dans le contexte canadien, où on a un gouvernement qui semble vouloir accélérer des grands projets qui vont être néfastes pour le climat. Ça passe par des politiques climatiques beaucoup plus ambitieuses, explique Claudel Pétrin-Desrosiers.


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