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La vague de réactions homophobes suscitées par l’annonce de la marche de la Fierté à Sept-Îles a soulevé des inquiétudes de sécurité chez plusieurs membres de la communauté 2SLGBTQIA+, amenant Queer Nord à proposer une alternative de rassemblement plus privée, en marge de l’événement.
La nouvelle, partagée par une station de radio locale d’Arsenal Média sur les réseaux sociaux, a rapidement dégénéré. La publication a récolté près de 700 commentaires, dont plusieurs propos visant directement la communauté 2SLGBTQIA+.
« L’inquiétude venait beaucoup de la sécurité des membres de la communauté. Donc, on a voulu aussi organiser un café-rencontre lundi [au lendemain de la marche] pour permettre aux gens de se rencontrer dans un milieu un peu plus privé que la marche », explique Chléo Pelletier, vice-présidente de Queer Nord.
L’organisme a également demandé le retrait de la section commentaire sous la publication, afin d’éviter que les échanges haineux se poursuivent.
« C’est sûr qu’on essaie de ne pas porter trop attention à ces commentaires-là, parce qu’on ne veut pas les nourrir », souligne-t-iel.
La directrice générale d’Arsenal Média sur la Côte-Nord, Kim Fortin, dénonce les nombreux commentaires homophobes publiés sous la publication. Elle assure que la station est intervenue dans un délai qu’elle juge adéquat pour modérer la discussion. Arsenal Média ne souhaite toutefois pas commenter davantage la situation.
L’événement a néanmoins renforcé la volonté de Queer Nord de poursuivre son travail auprès des personnes de la communauté sur la Côte-Nord.
« Ça a été d’abord de l’inquiétude, mais ensuite, ça s’est transformé en motivation à continuer notre travail et à soutenir la communauté, parce qu’il y en a grandement besoin », affirme Chléo Pelletier.
Une réalité qui surprend les alliés
Si les commentaires haineux n’ont pas nécessairement surpris les membres de la communauté 2SLGBTQIA+, leur virulence aurait davantage marqué certaines personnes qui les soutiennent.
« À titre personnel, malheureusement, ça ne m’a pas énormément surprise », affirme Chléo Pelletier. « Ce que j’ai observé, c’est que, pour des gens qui ne sont peut-être pas de la communauté, mais qui nous soutiennent et nous respectent, j’ai l’impression qu’il y en a qui ont eu un choc de réaliser à quel point les propos étaient violents », ajoute-t-iel.
Selon la vice-présidente, le manque de visibilité et de ressources pour les personnes LGBTQIA+ en région pourrait contribuer à cette situation.
« Ça vient du fait qu’on n’est pas très visible. Il n’y a pas d’organisme pour soutenir directement la communauté à part nous et on vient d’être créé », explique-t-iel.
Pour iel, la sensibilisation demeure donc un des principaux moyens de faire diminuer les préjugés.
« Je pense que c’est pour ça qu’il y a eu autant de commentaires négatifs, ça vient souvent de l’ignorance, de ne pas connaître les gens, nos réalités. Donc, si on en parle, si on éduque petit à petit les gens autour de nous, j’espère que ça va diminuer », dit-iel.
D’ailleurs, suite aux événements, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a signifié sa présence à la marche de dimanche et s’est dite préoccupée par la montée des gestes et des discours haineux envers les personnes LGBTQ+.
« Les propos haineux n’ont pas leur place chez nous. Nous tenons à exprimer notre soutien à Queer-Nord et à toutes les personnes qui continuent de faire face à l’intolérance. Plus que jamais, nous devons choisir le respect, l’ouverture et la solidarité », a indiqué Kevin Newbury, représentant national de l’APTS Côte-Nord.
La marche maintenue
Malgré les commentaires reçus dans les derniers jours, Queer Nord entend donc maintenir sa marche de visibilité à Sept-Îles.
L’organisme se dit notamment rassuré sur le caractère public de l’événement.
« Ça nous rassure dans le fait qu’on va être en milieu public, qu’on va être nombreux et qu’il y a la sécurité publique d’impliquée. »
Iel espère maintenant que la situation encouragera davantage de personnes à participer à la marche.
« Moi, personnellement, je n’habite pas à Sept-Îles, je suis plus proche de Baie-Comeau. De voir ce qui se passe, ça me motive à faire la route et à venir. J’espère qu’il y en aura d’autres et qu’on sera nombreux », affirme-t-iel. « Et même si on n’est pas nombreux, qu’on se retrouve, je pense que c’est ça qui va nous faire du bien », ajoute-t-iel.
Pour Queer Nord, les réactions suscitées par l’annonce de la marche démontrent surtout qu’il reste du travail à faire en matière de sensibilisation.
L’organisme souhaite notamment poursuivre ses activités d’éducations populaires et aborder davantage les droits des personnes LGBTQ en région.
Queer Nord, qui est issu d’un comité citoyen, invite également les gens à proposer ou à organiser des activités avec l’organisme. Des pique-niques, des parties de volleyball et des jeux-questionnaires virtuels ont notamment déjà été organisés.
« C’est vraiment libre à tous d’organiser des choses avec nous », conclut Chléo Pelletier.
Léo Langlois
Originaire de Sept-Îles, Léo Langlois est diplômé en journalisme de l’École supérieure en arts et technologies des médias. Passionné par l’actualité sous toutes ses formes,... Lire la suite


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