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ÉLECTIONS. Le candidat du Parti québécois dans Drummond–Bois-Francs, Charles Page, est sous la loupe, alors qu’une affaire datant de 2024 refait surface. Propriétaire d’immeubles à logements, il aurait fait signer un faux bail à des locataires afin d’obtenir un financement de son institution financière.
Dans un recours au Tribunal administratif du logement (TAL), en 2024, le candidat demandait l’autorisation de reprendre un logement afin d’y loger sa mère.
Il admet au TAL avoir fait signer un bail aux locataires indiquant que le loyer mensuel est de 940 $, plutôt que les 750 $ payés par les locataires qui y résidaient depuis 20 ans. Il explique que ce bail devait lui servir à obtenir du financement.
Les locataires s’opposent à cette reprise de logement, arguant que Charles Page n’est pas transparent et souhaite se débarrasser d’eux afin de relouer le logement à un prix plus élevé.
Le TAL juge finalement que le locateur n’a pas prouvé avoir réellement l’intention de reprendre le logement pour les motifs allégués. La demande a donc été rejetée.
Le Journal de Montréal rapporte que le directeur des communications du Parti québécois, Lucas Medernach, a défendu le candidat péquiste : selon lui, le bail de 940 $ reflétait la valeur économique réelle du logement, mais, puisque les locataires effectuaient des travaux, leur loyer était de 750 $.
Le média mentionne également que la mère de Charles Page aurait acheté l’immeuble et y résiderait depuis.
Réactions
Une demande a été envoyée au candidat péquiste afin de connaître sa réaction. Au moment de publier cet article, nous n’avions pas reçu de réponse.
(Mise à jour à 16 h 50) : Le candidat péquiste a choisi d’apporter des précisions et de corriger certains faits parus initialement dans le Journal de Montréal sur son compte Facebook, en fin d’après-midi, jeudi.
Il précise d’entrée de jeu que la démarche de reprise de logement avait été entreprise à la suite d’un «divorce difficile» entre ses parents après 40 ans de mariage.
«J’ai alors voulu aider ma mère à se trouver un nouveau chez-soi (…) afin qu’elle puisse habiter une maison de ville que je possédais.»
À la suite du rejet de la demande au TAL, Charles Page indique que sa mère s’est entendue avec les locataires.
«Concernant le bail, une entente verbale avait cours entre mes locataires et moi. C’est une pratique courante en immobilier d’offrir un prix réduit à une personne qui s’occupe de l’entretien et de la conciergerie. Les paiements mensuels du locataire étaient donc moins élevés afin de compenser les travaux faits par ce dernier», explique le candidat.
Il poursuit : «Lors d’un renouvellement hypothécaire, j’ai fourni le bail correspondant à la valeur économique du logement. L’institution financière n’a pas réhypothéqué l’immeuble et n’a pas augmenté son risque sur la base de ce bail. Je n’ai pas non plus demandé d’avantages en ce sens.»
Il conclut son message en affirmant n’avoir aucun regret «d’avoir cherché une solution pour lui permettre d’avoir un nouveau chez-soi après une période difficile de sa vie (…) C’était son souhait et c’était, depuis le début, mon intention.»
D’autre part, son adversaire de la CAQ, Sébastien Schneeberger, a publié sur sa page Facebook : «M. Page répète qu’il sera transparent s’il est élu le 5 octobre. Permettez-moi de me questionner.»
Le candidat de la CAQ dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, Patrick Saindon, a publié un commentaire, également sur sa page Facebook. «Nathalie Bisaillon veut faire du logement une priorité? Avant de donner des leçons sur le logement, peut-être devrait-elle demander à son collègue péquiste dans Drummond-Bois-Francs, Charles Page, des explications sur le « faux bail » qu’il a fait signer à ses locataires. Pas certain que ce soit exactement le modèle à suivre.»
(Avec la collaboration de Cynthia Giguère-Martel)


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