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Le député PS Philippe Brun révèle que seules 24 % des personnes éligibles aux aides les ont touchées. Il estime que leur montant a été « insuffisant ».

LUDOVIC MARIN / AFP
Philippe Brun à l’Assemblée nationale.
Près de trois mois après la mise en place d’aides aux automobilistes français, impactés par le déclenchement de la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, l’heure du bilan a sonné. Un rapport publié ce mercredi 15 juillet est particulièrement sévère avec le gouvernement. Il montre que seules 24 % des personnes éligibles aux aides les ont effectivement touchées, pointant ainsi « l’échec total » de Sébastien Lecornu et de ses ministres.
« L’aide n’a concerné personne, tance le député PS Philippe Brun, à l’origine de la mission flash et du rapport qui en découle. Elle a coûté à peine 70 millions d’euros, soit l’épaisseur du trait pour les finances publiques ». Surtout, ajoute-t-il au micro de RMC, ces coups de pouce sont arrivés « trop tard ». « L’essence a commencé à augmenter fin février, le portail d’aide a ouvert fin mai et les gens ont commencé à les toucher en juin ».
Philippe Brun en est convaincu : « Cette aide n’a servi à rien ». « On a arrosé du sable sans aider les gens à défendre leur pouvoir d’achat », poursuit-il. Dans son rapport, le candidat déclaré à la primaire de l’espace social-démocrate rappelle que le gouvernement a fait le choix de verser des aides ciblées à certains travailleurs, contrairement à d’autres pays européens qui ont vu beaucoup plus large.
« L’Espagne a fait le choix de mettre en place très rapidement un ensemble de plus de 80 mesures à la fois fiscales et budgétaires », écrit-il, citant notamment la baisse de la TVA sur l’essence de 10 %. En Grèce, une « carte carburant » a même été lancée, d’un montant allant de 25 à 60 euros par mois. Autant d’exemples piochés à l’étranger qui permettent de montrer, par effet de contraste, que la réponse de la France a été insuffisante. En s’inspirant du modèle espagnol, il propose notamment d’instaurer une fiscalité « flottante » sur les carburants, qui baisserait automatiquement les taxes lorsque le prix du carburant monte, et inversement.
« À côté de la réalité » pour le gouvernement
L’aide gros rouleurs, réservée aux Français en dessous d’un certain seuil de revenus qui utilisent leur voiture pour aller travailler, a concerné 1,1 million de personnes. « Une sous-utilisation » selon Philippe Brun, dont se défend le gouvernement.
« On a assumé qu’il faille une démarche volontaire pour toucher cette aide », via une demande en ligne, lui a répondu la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV. C’est ce qui explique, selon elle, la différence entre le nombre de personnes éligibles et le nombre de versements réellement effectués. « Dire qu’on a arrosé du sable, c’est extrêmement méprisant pour le plus de 1,1 million de Français à avoir demandé et touché cette aide », a-t-elle ajouté, critiquant un rapport « à côté de la réalité ». Face aux reproches sur le montant des aides, l’ancienne députée des Hauts-de-Seine renvoie à un bilan qui sera « évidemment » fait dans les prochaines semaines par le Premier ministre.
Quant à l’exemple pris par Philippe Brun, Maud Bregeon assure que si l’Espagne « est en capacité de faire ces aides, c’est parce qu’elle a su faire des réformes », notamment « des retraites ». Oubliant de rappeler que le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a aussi indexé les retraites sur l’inflation, augmenté considérablement le SMIC ou plafonné les loyers.


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