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ENTRETIEN - La récente passe d’armes entre le souverain pontife et le président américain, sur fond de désaccord autour de la guerre en Iran, s’inscrit dans une tradition ancienne. D’autant que la diplomatie est au cœur de l’activité du Vatican, analyse Bruno Joubert, ex-ambassadeur de France près le Saint-Siège.
Passer la publicitéBruno Joubert a été ambassadeur de France près le Saint-Siège. Il a notamment écrit le chapitre «La diplomatie vaticane», dans le livre collectif Le Vatican, publié en 2017 aux éditions du Seuil.
LE FIGARO. - Le président des États-Unis a appelé Léon XIV à «se ressaisir» après que le pape américain a fait entendre son opposition aux guerres et à ceux qui invoquent des raisons divines pour les mener. Le souverain pontife a ensuite répondu qu’il n’avait «pas peur» de la Maison-Blanche. Ce bras de fer est-il inédit ou s’inscrit-il dans une longue tradition de tensions entre papauté et dirigeants ?
Bruno JOUBERT. - Loin d’être un évènement rare, la prise de position de la papauté contre les puissances temporelles et les chefs d’État, à commencer par les plus puissants, jalonne la longue histoire de l’Église.
On peut évidemment rappeler l’affrontement emblématique qui a opposé le pape Grégoire VII à l’Empereur romain germanique, Henri IV, et qui s’est conclu par la défaite de l’empereur, excommunié…


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