NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
L'expert en planification des transports Pierre Barrieau voit d'un bon œil la perspective d'un téléphérique reliant Québec et Lévis. Selon lui, un tel lien « complémentaire » pourrait améliorer la mobilité sur les rives Nord et Sud, en attendant la réalisation d'un troisième lien de plus grande envergure. Les oppositions municipales de Lévis sont sceptiques.
Le Soleil a rapporté vendredi que le maire de Lévis avait exploré cette idée ces derniers mois, lors de conversations avec certains partenaires en coulisses. Plus tôt cette semaine, Steven Blaney avait déjà ouvert la porte à un quatrième lien destiné au transport en commun, sans toutefois préciser sa forme.
Dans une déclaration écrite, son cabinet confirme que des échanges exploratoires sur les technologies existantes ont eu lieu, tout en assurant qu'un troisième lien autoroutier demeure « la priorité ».
Le concept de téléphérique urbain est un mode de transport en émergence dans plusieurs pays d’Europe, notamment en France. Cette infrastructure légère pourrait représenter une avenue novatrice pour relier les réseaux de transport en commun de Québec et de Lévis, de centre-ville à centre-ville.

Le maire de Lévis, Steven Blaney (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin
Rapide et peu coûteux
S'appuyant sur des concepts similaires qui existent ailleurs dans le monde, Pierre Barrieau est d'avis qu'un téléphérique urbain, aussi appelé tramway aérien, est une option qui mérite d'être sérieusement envisagée pour compléter l'offre d'infrastructures interrives actuelles, composée de ponts et d'un traversier.
« C'est une façon de faire des gains [de mobilité] rapides, peu chers », analyse le chargé de cours en planification des transports et urbanisme à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
Caractéristiques probables d'un éventuel téléphérique Québec-Lévis
- Capacité : 4000 déplacements/heure
- Vitesse : environ 50 kilomètres/heure
- Durée approximative de construction : 18 à 24 mois
- Coût de construction : 150 à 300 M$
- Coûts d'opération : 6 à 10 M$ par année
- Durée de vie : 25 à 30 ans
- Altitude : au moins 116 mètres (hauteur du tablier du pont Pierre-Laporte)
Source : prévisions de Pierre Barrieau

Le Ngong Ping 360, un téléphérique circulant en hauteur sur près de six kilomètres, à Hong Kong. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Pierre Barrieau
Aux yeux de Pierre Barrieau, un téléphérique est d'autant plus pertinent compte tenu de l'incertitude qui entoure actuellement le projet de troisième lien et la dizaine d'années qu'il faudrait prévoir avant qu'il soit mis en service. Avant de faire la première pelletée de terre, le tramway aérien pourrait déjà être opérationnel, prédit-il.
Pour moi, c'est complémentaire, l'un n'enlève pas l'autre. Ça donnerait juste un peu de soulagement pour les gens de la Rive-Sud et de Québec en attendant qu'un projet soit réalisé, peu importe lequel.
Comparativement au traversier, un téléphérique a l'avantage à la fois sur la vitesse des déplacements que sur la fréquence des départs, explique l'expert. Le temps d'attente pourrait ainsi être nettement réduit, notamment aux heures de pointe, grâce à une cadence d'une cabine toutes les 30 secondes, poursuit Pierre Barrieau.
Le téléphérique va être capable d'embarquer rapidement les gens, en sauvant une vingtaine de minutes s'il allait à la même vitesse que le traversier. En allant plus vite, les gens vont sauver encore plus de temps, prévoit-il.
Quant à l'acceptabilité sociale d'un tel projet, l'expert prévient que l'esthétisme sera tout aussi crucial que les enjeux techniques, afin de « marquer l'entrée à Québec ». Il cite à ce propos le téléphérique séparant Manhattan de l'île de Roosevelt, à New York, dont les cabines rouges iconiques font écarquiller les yeux près de Time Square.
Ils devaient construire [le téléphérique], puis le remplacer par le métro. Finalement, les gens l'aimaient tellement qu'ils ont construit le métro, et en plus, ils continuent de l'opérer, affirme Pierre Barrieau.

Chargé de cours à l’UQAM et président de Gris Orange Consultant, Pierre Barrieau étudie les différents projets de téléphériques depuis plus de vingt ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francis Dufresne
Peu d'appétit pour le projet
Tant du côté de l'hôtel de ville de Lévis que sur la scène provinciale, la proposition de Steven Blaney ne charme pas. Au moment où le débat sur le 3e lien anime à nouveau la campagne électorale provinciale, le chef du Parti libéral, Charles Milliard, et le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, ont abondé dans le même sens lorsqu'invités à commenter l'idée d'un téléphérique vendredi.
« Ce n'est pas du tout une priorité », a tranché le chef libéral.
Je pense que, présentement, la priorité pour l'ensemble des automobilistes congestionnés à Lévis, c'est un troisième lien autoroutier, a quant à lui indiqué le chef conservateur.
Respectivement aux commandes de Lévis Force 10 et de Repensons Lévis à titre intérimaire, Benoît Forget-Chiasson et Isabelle Lefebvre confirment avoir eu vent du projet lors de conversations informelles avec Steven Blaney. Sans s'y opposer, ils tiennent toutefois à ce qu'un quatrième lien ne porte pas ombrage au troisième.
Parler d'une même voix, c'est important à Lévis, sinon on n'est pas pris au sérieux. […] Là, je ne suis pas certain que c'est le cas, lance Benoît Forget-Chiasson.
Je pense que ça manque de sérieux de mettre ces propos-là dans l'actualité. Ce n'est pas adéquat, ce n'est pas le bon moment pour ça, considère Isabelle Lefebvre.
La conseillère municipale de Saint-Romuald Anick Tremblay, qui a quitté les rangs de Prospérité Lévis plus tôt cet été, affirme pour sa part que Steven Blaney avait provoqué un « malaise » en évoquant un téléphérique auprès des membres du parti. Certains qui ont dit haut et fort qu'ils n'étaient pas d'accord avec ce projet-là, raconte-t-elle.
Avec les informations d'Alexandre Bellemare et d'Eugénie Emond


1 week_ago
49



























.jpg)






French (CA)