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Le chef du Parti libéral, Charles Milliard, veut que le Québec se rapproche du reste du Canada, et en particulier de l’Ontario, mais il n’endosse pas les tactiques plus offensives du premier ministre Doug Ford face aux Américains.
« Notre voisin, c’est un allié naturel et important. Réparer cette alliance avec l’Ontario est une priorité », a avancé Charles Milliard à Québec mercredi matin.
Pas question toutefois pour lui de lever le ton face aux États-Unis comme le fait le premier ministre ontarien.
« On a chacun nos personnalités », a-t-il dit. « Moi ce que je veux, c’est que toutes les provinces travaillent ensemble. »
M. Milliard n’est pas prêt non plus à se prononcer sur la proposition de M. Ford de hausser les tarifs de l’électricité vendue aux voisins américains. « C’est un outil qu’on a dans notre manche », a dit le chef libéral avant de préciser qu’il n’était « pas là pour annoncer ça ce matin. ».
La semaine dernière, le premier ministre ontarien avait dit qu’il fallait faire «souffrir» les Américains en répliquant aux tarifs additionnels de 50 % imposés par Donald Trump au Canada à partir du 19 août. Il avait suggéré qu’on limite les exportations en énergie, mais aussi certains produits miniers comme la potasse.
Dans la foulée du rapprochement avec le reste du Canada, M. Milliard compte relancer les rencontres annuelles des conseils des ministres de l’Ontario et du Québec et souhaite mettre sur pied un «comité canadien de renforcement et de diversification» pour conquérir de nouveaux marchés à l’international. Il propose aussi d’augmenter le nombre de missions économiques dans les pays francophones.
En guise de modèles, M. Milliard a évoqué d’anciens premier ministres libéraux comme Robert Bourassa, qui s’est prêté à une «intense collaboration» avec Brian Mulroney pour permettre la signature du premier accord de libre-échange avec les États-Unis. Il a aussi mentionné le «rapprochement avec l’Europe initié par Jean Charest».
La CAQ accusée de «présentéisme»
Après s’être tenu à distance des médias ces dernières semaines, le chef du PLQ avait convoqué les journalistes à une conférence de presse devant le consulat américain à Québec pour présenter une « déclaration sur les relations canadiennes ».
La Coalition avenir Québec (CAQ), a-t-il plaidé, « fait du présentéisme plutôt que de prendre une réelle place dans les forums canadiens comme celui de Charlottetown comme celui du Conseil de la fédération la semaine dernière ».
La CAQ « ne s’intéresse pas au Canada », a-t-il aussi mentionné, reprochant au parti dirigé par Christine Fréchette de s’en tenir à des séances de photos avec ses collègues canadiens alors que les Québécois espèrent autre chose. «En ce moment la grande majorité des Québécois nous disent qu’ils ont une grande appartenance au Canada», a-t-il avancé.
Invité à préciser ce qui le distinguerait de Mme Fréchette, il a répondu que «pendant huit ans, François Legault a parlé de mettre fin aux barrières commerciales entre les provinces» et qu’il ne s’était «absolument rien passé». «Dans le domaine de la main d’œuvre, dans le domaine de la construction, dans le domaine de la transformation alimentaire, dans le domaine de l’énergie, il y a plein de secteurs où on a des ententes qui freinent le commerce interprovincial au Québec.»
« Reconstruire l’influence du Québec au sein du Canada, c’est protéger notre prospérité et c’est protéger aussi notre avenir», a-t-il aussi mentionné.
Du «vide», selon la CAQ; de la «soumission», selon le PQ
Des affirmations qui ont fait bondir ses adversaires politiques.
Ces propositions «sont complètement vides», a fait valoir le ministre sortant des Relations internationales, Christopher Skeete, dans une déclaration transmise au Devoir. «Plusieurs des idées avancées par M. Milliard sont déjà mises en œuvre par notre gouvernement depuis plusieurs années.»
Le Parti québécois juge, quant à lui, que cette approche est «encore plus soumise au fédéral que ne l’est aujourd’hui le gouvernement Legault-Fréchette», a avancé son député Pascal Paradis dans un gazouillis sur la plateforme X.


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