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Le prochain Covid est-il déjà parmi nous? Les scientifiques savent désormais mieux repérer les virus à risque

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La plupart des virus n'attirent guère l'attention: beaucoup apparaissent avant de disparaître et de tomber dans l'oubli. À l'autre extrême de ce spectre, la découverte du VIH-1 en 1983 et du SARS-CoV-2 en 2020 ont annoncé respectivement les pandémies du sida et du Covid-19, deux crises qui ont chacune fait des dizaines de millions de morts.

Mais comment un scientifique qui découvre un virus inhabituel sait-il s'il risque de provoquer une urgence sanitaire mondiale comparable au sida ou au Covid? Une équipe de l'Université d'Édimbourg a voulu répondre à cette question en s'appuyant sur l'histoire des virus, rapporte Refractor.

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Les pandémies prennent des formes variées. Mais ces dernières décennies, les principaux coupables ont été les virus dont le génome est constitué d'ARN, molécule cousine de l'ADN, mais qui mute plus vite et plus facilement. Le virus est donc adaptable à de nouveaux hôtes, dont l'être humain. Sur des millions d'espèces de virus à ARN, seules 239 infectent l'être humain par contact physique. En général les virus sont contractés par inhalation de particules en suspension dans l'air, par exposition au sang ou aux matières fécales, ou encore par piqûre de moustique ou de tique contaminés.

À quoi ressemblera la prochaine pandémie?

Pour deux tiers des virus recensés, une personne infectée a très peu de chances de transmettre la maladie à quelqu'un d'autre. On parle alors de virus zoonotiques: les humains les contractent généralement au contact d'animaux, comme la rage par exemple. Pour autant, les virus évoluent vite et un virus zoonotique pourrait acquérir la capacité de se transmettre entre humains. C'est ce qui inquiète autant les scientifiques à propos de la grippe aviaire, même si aucun cas n'a été documenté d'un virus se transformant pour être transmissible d'humain à humain. La rage elle-même n'y est jamais parvenue, malgré des dizaines de milliers de cas humains chaque année.

Il existe en revanche un danger encore plus pressant: les virus passant de l'animal à l'humain en possédant déjà la capacité de se transmettre d'une personne à l'autre. Il existe enfin des virus capables de se propager entre humains, mais qui n'ont provoqué, jusqu'ici, que des foyers épidémiques limités, ce qui est possible quand leur taux de reproduction reste faible.

Ebola, Zika, Oropouche et les autres

Les chiffres peuvent cependant évoluer, notamment quand un virus jusque-là cantonné à des villages isolés atteint une grande ville, comme en 2014 avec le virus Ebola, au Zaïre, en Afrique de l'Ouest. Les chercheurs ont pu prédire les urgences sanitaires: le chikungunya, Zika, le virus Oropouche et la variole du singe figuraient parmi les premiers inscrits sur la liste des virus dangereux et ont tous, depuis, provoqué d'importantes épidémies.

En 2019, une étude avait montré que les virus très contagieux ont tendance à être étroitement apparentés à d'autres virus déjà capables de se propager entre humains, tout en émergeant de façon indépendante à partir du règne animal. Cette description s'est révélée parfaitement exacte pour le SARS-CoV-2: très proche du coronavirus original du SRAS, mais transmis à l'homme de manière indépendante et peut-être indirecte depuis des chauves-souris.

L'année précédente, l'Organisation mondiale de la santé avait justement alerté sur un coronavirus de type SRAS: il correspondait exactement à ce qu'ils redoutaient. À l'inverse, ni le virus Andes ni le virus Ebola Bundibugyo ne présentent, à ce jour, le profil susceptible de déclencher une pandémie mondiale. Mais si un nouveau virus apparenté à la rougeole venait à émerger, la situation serait tout autre: un scénario qui ferait planer un risque bien réel d'urgence sanitaire mondiale, potentiellement pire encore que le Covid-19.

Les épisodes Andes et Bundibugyo confirment néanmoins une leçon essentielle: ces deux virus circulaient déjà depuis plusieurs semaines avant d'être détectés. Ce fut également le cas du Covid-19. Détecter et comprendre plus rapidement l'apparition de nouveaux virus permettrait de priver la prochaine pandémie de cette précieuse longueur d'avance.

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