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À partir du point d’origine du nouvel oléoduc Pacific Link à Bruderheim, au nord-est d’Edmonton, jusqu’à la fin de la canalisation proposée à Roberts Bank dans l'estuaire du fleuve Fraser, des voix se lèvent pour dénoncer l’impact environnemental du projet désigné comme étant d’intérêt national.
Des environnementalistes critiquent l’investissement de milliards de dollars publics dans les combustibles fossiles, la hausse des gaz à effet de serre qui y est rattachée, et les risques aux espèces dont l’habitat est touché.
Pour Cameron Hunter, spécialiste en conservation de l'Alberta Wilderness Association, les risques environnementaux associés au nouveau pipeline vont de pair avec l’objectif plus large du gouvernement albertain de doubler la production de pétrole et de gaz naturel de la province.
Le pipeline Pacific Link, et la recherche de sites pour de nouveaux projets d’exploitation risquent de déranger particulièrement l’habitat de certaines espèces clés, comme le caribou.
Reste à savoir s'ils seront encore présents dans la province à l'avenir. Ils pourraient disparaître localement si les objectifs ne sont pas atteints.

Des caribous pourraient souffrir de l'impact de la construction d'un nouveau pipeline vers l'océan pacifique, craint Cameron Hunter.
Photo : Associated Press / Rick Bowmer
Quelle réconciliation?
L’organisme environnemental autochtone Keepers of the Water, basé en Alberta, affirme qu'il est scandaleux que l’annonce du nouveau pipeline ait eu lieu seulement un jour après la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Les Premières Nations et les peuples autochtones commencent à se lasser d'entendre parler de réconciliation et de la manière dont les gouvernements la présentent, affirme Jesse Cardinal, directrice générale de l’organisme.
La réconciliation, ce n'est pas un nouveau pipeline.
Le travail de Jesse Cardinal se concentre souvent sur l’impact des bassins de résidus créés par l’exploitation pétrolière, où des produits chimiques toxiques restent présents pendant des années après la fin de l'exploitation.
Alors, on ajoute un autre pipeline, ce qui génère encore plus de résidus toxiques. C'est d'une telle irresponsabilité, déplore Jesse Cardinal.
Le captage de carbone ne fait pas l'unanimité
Pour diminuer l’impact des gaz à effet de serre du projet de pipeline Pacific Link, les gouvernements comptent sur le projet de capture et de séquestration de carbone de l’Alliance des sables bitumineux. Toutefois, différents groupes soulèvent des inquiétudes environnementales liées à ce projet.
Amil Shapka est cofondateur de No CO2 Pipelines Alberta, un groupe de citoyens qui s’est créé pour opposer l’énorme projet, qui occuperait selon lui une superficie trois fois la taille de l’île du Prince-Édouard.
Amil Shapka craint qu'il déclenche des perturbations séismiques.
Les gens dormiraient juste à côté de cette bombe. C'est pour cela que nous nous sommes impliqués : c'est une affaire personnelle. C'est à côté de chez nous. C'est vraiment difficile.

Le nouveau projet de pipeline prévoit de suivre le même corridor que le pipeline existant Trans Mountain, mais aboutirait plus au sud.
Photo : Radio-Canada
Trop de précipitation
De nombreux groupes environnementaux, autant en Alberta qu'en Colombie-Britannique, déplorent que le processus de désignation de projets d’intérêt national accélère les projets aux dépens des contrôles environnementaux.
« S'ils décident de faire l'oléoduc avant d'avoir toutes les informations, ils vont construire sans savoir ce qu'ils vont détruire », s'exclame Béatrice Frank, directrice générale de l’organisme Georgia Strait Alliance en Colombie-Britannique.
Ce qui m'inquiète, c'est que l'on pousse pour avoir quelque chose de très vite, mais on le fait mal.
Par ailleurs, Lucero Gonzalez, du Wilderness Committee en Colombie-Britannique, affirme qu'Ottawa fait une série d'attaques contre l'environnement ces derniers mois , notamment avec le projet de loi C-39, qui est censé accélérer les grands projets d’intérêt national en permettant une approbation en un an.
« Ce dernier s'attaque à la seule loi protégeant les espèces en péril au Canada et permet la réalisation de grands projets sans aucune garantie que ceux-ci ne précipiteront pas l'extinction d'espèces menacées. », explique Mme Gonzalez.


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