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Le consulat général du Guatemala à Montréal est de passage pour la première fois en Abitibi-Témiscamingue.
Plusieurs visites d'entreprises agricoles sont prévues jusqu’à jeudi pour échanger avec des travailleurs guatémaltèques et leurs employeurs. Des organismes accompagnent également le consulat.
Rencontrée dans une ferme de Saint-Eugène-de-Guigues, la consule générale, Julissa Hengstenberg Delgado, veut faire connaître les services du consulat.
C’est d’aller à l’écoute des besoins des Guatémaltèques. Dans l’expérience qu’on a du travail sur le terrain, on est confrontés à toute sorte de questions, comme les impôts, les fiches de paie, les vacances, explique Julissa Hengstenberg Delgado.

Le groupe est composé du consulat général du Guatemala à Montréal, de deux organismes, de la propriétaire de Témistar, de son employé guatémaltèque et de l'une des instigatrices de la tournée.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les visites ont aussi un volet de protection : le consulat se rend dans les milieux de travail pour s’assurer que les travailleurs connaissent leurs droits, obligations et qu’ils puissent s’exprimer s’ils rencontrent des problèmes.
On est ici pour leur protection. Si on trouve des Guatémaltèques qui sont dans une situation vulnérable, on sera là pour donner la protection et faire le nécessaire pour le sortir de cet état, illustre la consule.
Un service de passeport mobile est également offert directement sur place pendant les visites.
Mon objectif, c’est vraiment d’aller le plus loin, là où il y a les Guatémaltèques qui ne peuvent pas venir à Montréal faire leur passeport, poser des questions.
Le travailleur Sergio Noé Ramirez Santos a apprécié la visite du consulat de son pays. Il a pu clarifier certaines informations qu’il avait entendues ici et là auparavant.
C’est quelque chose de bien, j’ai pu discuter avec plusieurs personnes et obtenir beaucoup d'informations, précise-t-il.

Sergio Noé Ramirez Santos complète un deuxième contrat à la ferme Témistar avant de retourner au Guatemala en septembre.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les services du consulat sont méconnus, constate Mme Hengstenberg Delgado.
Je me rends compte qu’ils ne connaissaient pas du tout qu’est-ce qu’un consulat, surtout les employeurs, et ce n’est pas que dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue. C’est donc important de sensibiliser à ce que nous pourrions leur apporter, dit-elle.
La tournée du consulat guatémaltèque se poursuit jusqu'à jeudi dans la région, du Témiscamingue jusqu’à Amos. Environ 90 travailleurs du Guatemala seront rencontrés.
Les fugues
La propriétaire de la ferme Témistar, Édith Lafond, a découvert le rôle de l’organisation et, par le fait même, élargi son coffre à outils.
Ils peuvent nous être utiles, surtout s’il arrive des choses qui sont plus difficiles ou dans la complexité, retient Mme Lafond de sa rencontre.

Les vaches se montraient curieuses à la vue des visiteurs!
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Depuis 2019, la productrice accueille en rotation tous les sept ou huit mois un travailleur étranger temporaire sur sa ferme laitière.
Édith Lafond a également pu aborder l'aspect de l’abandon de travail, appelé fugues, une réalité qu’elle et d’autres producteurs ont déjà fait face.
C’est sûr que pour nous, lorsqu’un travailleur quitte et qu’on n’a aucune idée de la raison, où est-ce qu’ils sont allés, on se questionne beaucoup. Alors ça, c’est un sujet dont on a parlé un peu pour voir qu’est-ce qui pouvait amener les travailleurs à vouloir partir, indique-t-elle.
La consule générale a aussi tenu à apporter une nouvelle perspective sur le terme fugue, souvent utilisé par différentes instances.

Julissa Hengstenberg Delgado, consule générale du Guatemala à Montréal, se réjouit de pouvoir visiter la région pour la première fois.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le mot fuguer, fugar [en espagnol], ça met la connotation de délit, a-t-elle voulu préciser. Ce ne sont pas des criminels, donc moi, dans ma diplomatie, j’essaie d’utiliser les mots corrects pour éviter que les Guatémaltèques soient stigmatisés.
D’autres organismes
Des représentants d’Immigrant Québec ainsi que du Centre d'aide aux familles latino-américaines (CAFLA) sont aussi venus de Montréal.
L’organisme Immigrant Québec a le mandat d’administrer des programmes financés par le gouvernement du Canada avec des organismes partenaires. La Mosaïque interculturelle de Rouyn-Noranda est l’un des partenaires d’Immigrant Québec.

Jonathan Buitrago et Nicolas Bellier travaillent pour Immigrant Québec, qui offre du soutien aux travailleurs venus de l'étranger.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Nous éditons un guide, Info TET, dans trois langues : en espagnol, en anglais et en tagalog, une langue des Philippines, indique Nicolas Bellier, directeur de projet chez Immigrant Québec.
Aussi, avec les employeurs, de leur dire que leurs travailleurs peuvent avoir des services qui sont gratuits à 100 %, que ce soit dans le domaine de la santé, de renseignements sur la fiscalité, cite-t-il comme rôle dans leur visite régionale.
La tournée, financée pour le consulat par le Guatemala, aura demandé deux ans de préparation.


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