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Le gouvernement de Mark Carney annonce un investissement de 3,8 milliards de dollars pour la Stratégie du Canada pour protéger la nature. Ottawa crée notamment 14 nouvelles aires marines protégées, 10 nouveaux parcs nationaux, des parcs urbains ainsi qu'un programme des gardiens autochtones dans l’Arctique.
Ce dont on a hérité en tant que Canadiens est extraordinaire, nous avons donc une grande responsabilité pour protéger cette richesse, assure Mark Carney.
L’ancien banquier a aussi souligné l’argument économique d’une protection de la nature canadienne : les sites gérés par Parcs Canada génèrent près de 4 milliards de dollars et emploient plus de 37 000 Canadiens. Quand on ne protège pas la nature, on ne fait pas un choix économique avantageux , ajoute le premier ministre canadien.
Mark Carney prévoit d’ailleurs d’équilibrer la conservation d’aires protégées avec l’activité humaine en créant de nouvelles mesures de conservation par zone, qui permettraient de protéger la terre et l’eau tout en autorisant d'autres activités.
Le bassin de la rivière Seal, l’un des plus grands bassins versants du monde
Parmi les projets visés par le gouvernement fédéral figure l’avancement du projet de parc national du bassin versant de la rivière Seal, au Manitoba. Cette région est l'un des bassins versants les plus vierges du monde et abrite au moins 25 espèces en péril, dont le carcajou et l’ours polaire.
C’est une bonne journée pour être un ours polaire au Canada.
L’année dernière, la Seal River Watershed Alliance, qui représente plusieurs Premières Nations, et les gouvernements du Manitoba et du Canada avaient réalisé une étude de faisabilité pour transformer ces terres en réserve de parc national et en aires protégées et de conservation autochtones (APCA).
L’annonce du gouvernement est donc bien accueillie par le professeur en études environnementales de l’Université de Saint-Boniface, Daniel Dupont. Il y a beaucoup de pression pour développer ces régions-là, alors il faut garder un certain pourcentage de ces territoires sans exploitation, explique le professeur.

Le bassin versant de la rivière Seal, dans le nord du Manitoba, est le territoire ancestral de chasse et de pêche de quatre Premières Nations.
Photo : Radio-Canada
La Manitoba Wildlife Federation se réjouit de voir le gouvernement fédéral donner la priorité à la conservation par le biais du Fonds pour la nature.
La collaboration avec les communautés autochtones
Cette nouvelle stratégie pour protéger la nature du gouvernement Carney met également un accent particulier sur la collaboration avec les peuples autochtones.
Les peuples autochtones ont une profonde connaissance, un savoir ancestral de l'environnement.
Le gouvernement prévoit d’ailleurs un investissement de 230 millions de dollars pour étendre le Programme des gardiens autochtones à l’Arctique.
On met de l’avant l’expertise des communautés autochtones qui connaissent bien le territoire, qui y ont vécu depuis des générations. Cela permet de partager les responsabilités avec les communautés autochtones, ce qui est important de nos jours, car on veut aussi avancer les initiatives liées à la réconciliation, souligne le professeur métis Daniel Dupont.
Des mesures de conservation suffisantes ?
Ces mesures permettent au gouvernement d’atteindre l’objectif d’avoir 30 % de zones protégées d’ici 2030, un engagement pris avec 195 autres pays lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité en 2022. Le professeur Daniel Dupont nuance toutefois : Quand on voit ce qui se passe avec les changements climatiques, 30 % c’est bien, mais c’est seulement un début.
Les conservateurs fédéraux ont qualifié l'annonce de Carney d'illusions .
Après avoir manqué leurs propres objectifs environnementaux pendant dix ans, les libéraux de Carney ont recours à la seule astuce qu'ils connaissent : annoncer la création d'une toute nouvelle bureaucratie destinée à gaspiller l'argent des contribuables tout en continuant à obtenir les mêmes résultats médiocres , dénonce Sam Lilly, porte-parole du chef de l'opposition officielle, dans un communiqué.
De son côté, Greenpeace Canada estime que cette annonce n’est pas assez ambitieuse et qu’elle ne permettra pas d’atteindre l’objectif de protection de 30 % des terres d’ici 2030.
Pour combler ces lacunes, le gouvernement doit réintroduire une législation fédérale robuste inspirée du projet de loi C-73, Loi sur la responsabilité à l’égard de la nature, réclame Greenpeace par voie de communiqué.
Avec des informations de Catherine Moreau et de CBC.


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