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Le fulgore tacheté : une espèce envahissante qui pourrait braver nos hivers

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Des recherches menées par le Centre de foresterie des Grands Lacs à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, soulèvent de nouvelles inquiétudes sur le fulgore tacheté. Cet insecte envahissant se rapproche inexorablement de la frontière canadienne.

Malheureusement, nous avons constaté que le fulgore tacheté, et en particulier ses œufs, peut résister à des hivers très rigoureux, alerte Amanda Roe, chercheuse scientifique à Ressources naturelles Canada.

Des études récentes révèlent que ses œufs survivent jusqu’à -25 degrés Celsius. Le froid ne suffira donc pas à bloquer ce ravageur destructeur.

 L’hiver ne constituera pas une barrière, particulièrement dans les régions canadiennes où son impact économique pourrait être le plus lourd, ajoute Mme Roe.

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Chercheuse scientifique pour Ressources naturelles Canada, Amanda Roe travaille au Centre de foresterie des Grands Lacs à Sault-Sainte-Marie.

Photo : Amanda Roe / Ressources naturelles Canada

Originaire d’Asie, ce parasite perce l’écorce des arbres et des plantes avec ses pièces buccales en forme de paille pour en aspirer la sève.

Détecté pour la première fois aux États-Unis en 2014, il s’est propagé rapidement dans l’est du pays.

Il s’est déjà établi dans au moins 19 États, dont le Michigan et l’État de New York, ainsi que le long du lac Érié.

Un assaut redoutable pour les vignobles

L’insecte s’attaque à plus de 100 espèces végétales, précise Olivier Morin, biologiste à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

 Le choc principal visera la production de raisins. D’autres cultures seront touchées, mais l’impact majeur concernera les vignobles, affirme-t-il.

Aux États-Unis, les infestations ont déjà causé des pertes massives.

Les rassemblements d’insectes affaiblissent les plantes et font chuter les rendements.

De plus, ils sécrètent du miellat, un déchet sucré qui favorise l’apparition de moisissures sur les végétaux.

 Ils aiment manger ce que nous aimons, résume Mme Roe.

 Ce sont des tueurs de plaisirs  plutôt que des tueurs d’arbres, mais ils menacent des produits de base essentiels pour plusieurs régions du Canada.

L’industrie du sirop d’érable est aussi sur le qui-vive. L’Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario surveille la situation depuis trois ans.

Les scientifiques tentent encore de mesurer le risque exact pour les érablières.

 Cette incertitude est troublante, car nous n’avons pas encore de réponses précises, avoue Mme Roe.

Le fulgore commence tout juste à envahir les zones de forte production acéricole.

Un  auto-stoppeur  redoutable

Si les données actuelles mesurent sa tolérance au froid, Mme Roe rappelle que les espèces envahissantes continuent de s’adapter.

 Nous n’avons pas encore tracé sa limite nordique. Tant qu’il y a de la nourriture, l’opportunité est là pour lui , explique-t-elle.

Pour Olivier Morin, l’activité humaine reste le principal vecteur de propagation.

 Le fulgore tacheté est un excellent auto-stoppeur, prévient le biologiste.

Contrairement aux insectes qui migrent naturellement, il parcourt de longues distances, collé aux véhicules, aux cargaisons et aux conteneurs maritimes.

Les femelles pondent leurs masses d’œufs sur n’importe quelle surface dure : remorques, tables de pique-nique ou bateaux.

Un fulgore sur un tronc d'arbre.

Ce fulgore tacheté a été photographié à Chicago par des chercheurs de Ressources naturelles Canada dans le cadre de leurs travaux.

Photo : Anna Turbelin / Ressources naturelles Canada

L’ACIA a déjà intercepté des spécimens vivants aux douanes sur des navires et des marchandises en provenance des États-Unis. 

 Aucune population n’est encore établie ici, mais la pression aux frontières est bien réelle , confirme M. Morin.

Les autorités appellent à la vigilance : quiconque croise l’insecte doit le photographier, le capturer dans un contenant hermétique et le signaler immédiatement à l’ACIA.

Avec les informations de Faith Greco

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