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Six mois seulement après le dépôt du budget de fonctionnement, l’Île-du-Prince-Édouard voit ses prévisions financières s'assombrirent. La mise à jour du premier trimestre fait état d’un déficit de 440,4 millions $ pour l'exercice 2026-2027. L'explosion des coûts de santé et la flambée du prix des carburants sont en cause.
Initialement estimé à un peu plus de 409 millions $ au printemps dernier, le déficit prévisionnel enregistre une hausse de 30,5 millions $. Ce dérapage des finances publiques s'explique par une augmentation globale des dépenses de 53,4 millions $ dans plusieurs secteurs clés.
Le secteur de la santé est responsable à lui seul de la majeure partie de ce dérapage, avec près de 40 millions $ de dépenses imprévues liées à l'embauche de personnel, à des primes salariales et aux coûts de fournitures médicales.
La hausse mondiale du prix des carburants — diesel et mazout de chauffage — a également alourdi la facture des commissions scolaires.
Jill Burridge, la ministre des Finances et de l'Accessibilité financière, défend les arbitrages de son gouvernement.
Ce ne sont pas des extras, ce sont les éléments fondamentaux de la prestation des services gouvernementaux.
Le gouvernement cherche absolument à réduire ses dépenses. Mais bon nombre de ces hausses concernent des services essentiels qui doivent être maintenus, poursuit-elle.

« Nous avons des objectifs publics que nous comptons atteindre dans le cadre du prochain budget, donc beaucoup de travail a été accompli en ce sens », déclare la ministre Jill Burridge. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond
Un déficit énorme
Jill Burridge rappelle que les défis budgétaires ne sont pas uniques à l'Île-du-Prince-Édouard. Elle souligne que la hausse démographique et le vieillissement de la population exercent une pression importante dans le secteur de la santé sur tous les gouvernements du Canada, contraignant les provinces à procéder à des ajustements là où c'est nécessaire.
La ministre souligne en outre que les prévisions établies au printemps doivent continuellement s'ajuster à un contexte international instable.
Quand nous présentons un budget, nous essayons d'estimer du mieux que nous pouvons. Mais en réalité, tout repose sur les opérations clés et critiques que nous devions déployer, affirme-t-elle.
Cette augmentation du déficit ne surprend pas l'économiste Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’École des Hautes Études publiques de l'Université de Moncton. Il s'inquiète toutefois de la trajectoire financière de la province.
C'est un déficit énorme pour une province avec la taille de l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard.
Selon l’universitaire, les tensions sur les prix de l'énergie, liées notamment au conflit entre l'Iran et les États-Unis, risquent de peser durablement sur les finances publiques insulaires, faute de revenus tirés du secteur énergétique.
Malheureusement, ça risque de perdurer cette augmentation-là au cours des prochains mois, prévient-il.
Voyants économiques au vert
Pour Pierre-Marcel Desjardins, le gouvernement ne pourra pas faire l'économie d'un plan d'action structuré pour corriger la trajectoire budgétaire au cours des prochains trimestres.
Un impératif que comprend la ministre Jill Burridge : Tout ce que nous pouvons faire pour le moment, c’est nous concentrer sur l’essentiel, trouver des moyens d’améliorer l’efficacité, réduire nos dépenses là où elles n’affectent pas les services essentiels et [...] maintenir l’économie en marche.
Malgré ce dérapage budgétaire, la province note une hausse de ses recettes de 22,9 millions $, grâce notamment à des recouvrements de TVH et à des fonds fédéraux pour le logement.
La dette nette devrait diminuer pour sa part de 2,7 millions $ d'ici la fin de l'exercice financier 2026-2027 par rapport aux estimations du printemps. Le ratio dette nette/PIB demeure stable à 38,1 %, conformément aux cibles fixées par la province.
L'économie insulaire continue également de faire preuve de résilience. Sur les huit premiers mois de 2026, l’emploi a progressé de 3 % et les salaires de 7,1 % à la fin juin. Les ventes au détail ont, elles, bondi de 7,1 % et les mises en chantier de logements ont progressé de 24,6 %.
Avec des informations de CBC


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