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Apprendre le français en deux ans seulement grâce à la générosité d’une Acadienne en suivant tous les soirs des leçons au téléphone. C’est ce qu’a fait Vimal Parmar, qui, à son arrivée à Moncton de l’Inde, ne se doutait pas qu’il ferait une rencontre qui lui permettrait non seulement d’apprendre le français, mais de se faire une grande amie.
Peu après son arrivée à Moncton en décembre 2022, Vimal travaille dans une station-service et souhaite apprendre le français. Il en glisse un mot à une cliente qui n'hésite pas à lui offrir son aide.
Je suis très chanceux d'avoir trouvé madame Fernande. C'est à cause d'elle que je peux parler français, raconte-t-il.

Vimal Parmar, originaire de l'Inde, a voulu apprendre le français dès qu'il s'est installé dans la région de Moncton en 2022.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Fernande Cantin, une professeure de sciences infirmières à la retraite de l'Université de Moncton, est charmée par sa détermination.
Tu es sérieux? Tu veux apprendre, lui a demandé Mme Cantin en anglais. Tout son corps me répondait. Ses yeux, son visage. Alors, je ne pouvais pas dire non, raconte-t-elle.

Fernande Cantin, une professeure de sciences infirmières à la retraite de l'Université de Moncton, a donné des cours de français par téléphone pendant deux ans à Vimal Parmar.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Des leçons au téléphone pendant deux ans
Fernande Cantin emmène Vimal à la bibliothèque publique de Dieppe et, ensemble, ils choisissent un cartable de 12 leçons.
Elle lui donne ensuite rendez-vous au téléphone à 19 h pour lui enseigner le français jusqu'à près de 20 h. Tous les soirs, Vimal l'appelle pour les leçons. Lorsqu'il commence à maîtriser la langue, il lit L'Alchimiste de Paulo Coelho, au téléphone toujours. Il lui faudra plusieurs mois pour le terminer.
Quand on a difficultés dans notre vie, on ne peut pas abandonner et toujours essayer de continuer comme dans cette histoire, confie-t-il.
Après L'achimiste, Vimal lit Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, en quelques semaines. Fernande Cantin l'aide à comprendre les lectures et corrige sa prononciation.

Vimal Parmar a lu ces deux livres lors de ses cours de français au téléphone avec Fernande Cantin.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Ils poursuivent les cours de français au téléphone pendant deux ans. En plus, Vimal regarde des émissions françaises chez lui et écoute la radio en français dans sa voiture.
J'ai été émerveillée de voir la détermination. C'est rare de rencontrer ça chez une personne. C'est rare, affirme Fernande Cantin.
Des offres d'emplois bilingues
De fil en aiguille, le français a ouvert des portes à Vimal, qui a reçu plusieurs offres d'emploi.
Le français, c'est beaucoup d'opportunité pour travailler. Après que j'ai appris le français, j'ai reçu plus que six différents emplois, dit-il.
L'hiver dernier, il a quitté la station-service pour aller travailler dans une compagnie d'assurances à Moncton, où il est même question qu'il occupe un jour un poste de gestion parce qu'il parle français.
Quand les clients du Québec et les francophones d'ailleurs au pays appellent, c'est souvent lui qui répond. Dans une journée de travail, jusqu'à 90 % des appels qu'il prend sont en français.
Il y a beaucoup de personnes en Ontario qui veut des services en français. Québec bien sûr, et même Alberta. J'ai reçu appels de toutes les provinces, dit-il.
L'amour lui sourit en français
Lorsque Vimal travaillait à la station-service de Dieppe, il a rencontré une collègue originaire de l'île Maurice et leur première conversation a porté sur la langue de Molière.

Vimal Parmar a trouvé l'amour en français. Sa copine Khusboo Mungroo est originaire de l'île Maurice.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Il m'a demandé : "Tu viens de l'île Maurice et tu parles français?" J'ai dit : "Oui, moi, je suis bilingue. Toi, tu viens de l'Inde et tu parles français?" J'étais étonnée parce que c'est jamais arrivé avant que j'ai rencontré un Indien qui parle le français, raconte Khusboo Mungroo.
Khusboo et sa fille Nuriya, 6 ans, ont emménagé avec Vimal il y a près d'un an. Leur vie de famille se passe en français, puisque Khusboo tient à ce Nuriya maîtrise la langue et qu'elle soit capable de converser avec leurs proches à l'île Maurice.

Khusboo Mungroo et Vimal Parmar accompagnent la petite Nuriya, 6 ans, à l'arrêt d'autobus. Elle fréquente une école française de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Pas assez de gens bilingues
Vimal Parmar se dit surpris que, dans la région de Moncton, dans la seule province officiellement bilingue du pays, il n'y ait pas plus de gens qui parlent français. Au bureau, par exemple, il n'en compte que quelques-uns.
Dans 300 personnes, juste six personnes parlent français. C'est pas normal. Et de ces six personnes, j'en suis un qui vient de l'Inde et quelques-uns viennent d'Afrique, explique-t-il.
On doit essayer d'apprendre le français, selon lui. Si je peux faire ça, toutes les personnes peuvent faire ça.
Après les leçons, une grande amitié
Fernande Cantin ne donne plus de cours à Vimal, mais elle continue de lui offrir des conseils à l'occasion.
Tu n'as pas de problèmes, tu peux t'exprimer. Tu peux leur demander de répéter aussi ou de parler lentement, lui conseille-t-elle lors d'une visite de Vimal.

Vimal Parmar et Fernande Cantin sont devenus de grands amis. Il lui rend visite.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Il est devenu bien plus qu'un étudiant pour elle.
Je le considère comme un bon ami. C'est un ami précieux. Et je pense que si j'avais besoin d'aide, je pense que Vimal serait prêt à m'aider n'importe quand, affirme Mme Cantin.
Et Vimal veille maintenant sur elle.
J'ai toujours dit que s'il vous plait toujours envoyez-moi un message ou appelle-moi si vous besoin de quelque chose. Je suis toujours là pour vous, ajoute-t-il.

Fernande Cantin a invité Vimal Parmar et sa petite famille pour un repas de Noël en décembre 2025.
Photo : Gracieuseté : Fernande Cantin
Khusboo aussi tient à cette amitié avec Fernande Cantin qui est devenue, pour elle, Vimal et Nuriya, une membre de la famille.
C'est comme notre mère ici. Une maman canadienne qui est tout pour nous. C'est comme la famille. Elle nous guide si jamais on a besoin. À Noël l'année dernière, c'était avec elle, dit Khusboo.


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