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VANCOUVER — Participer à une première compétition internationale avec un quart de siècle de vie dans les jambes, voilà un sacré contrat. Bienvenue au Circuit mondial de courte piste, Antoine Gagnon-Lamarche.
S’il y a de jeunes vétérans, le Québécois fait, on l’imagine, figure de vieille recrue. Une recrue qui s’est fort bien tirée d’affaire, vendredi, pendant la journée de qualification au Pacific Coliseum.
Inscrit au 1500 m, Gagnon-Lamarche a d’abord fait preuve de vigilance au tour préliminaire, quand une chute devant lui l’a soudainement propulsé dans le duo de tête. Ses concurrents sont revenus, ça s’est bousculé, et Gagnon-Lamarche a conclu au 3e échelon, un résultat converti en 2e place après la disqualification de l’Australien Lucas Wareham.
Puis, en quarts de finale, une autre course mouvementée. Gagnon-Lamarche a vu le Letton Reinis Berzins chuter devant lui. Il est parvenu à l’éviter, mais son élan s’est alors cassé. Il a terminé 4e, hors des places qui donnent accès au tour suivant.
Je suis quand même quelqu’un qui aime courser de l’arrière, faire un peu plus de dépassements en ayant gardé mon énergie. Ce sont des choses qui arrivent dans le courte piste : la chute devant moi, quand je décide de redonner un peu de vitesse pour tenter une manœuvre, ça scie un peu les jambes. Malgré tout, j’avais de la vitesse, et je pense que je peux me débrouiller demain au repêchage.
La journée n’était cependant pas terminée, puisque Gagnon-Lamarche s’est joint aux vétérans du relais que sont Steven Dubois, Félix Roussel et Maxime Laoun pour les quarts de finale du 5000 m en fin de journée. Ils ont validé leur billet pour les demi-finales sans trop forcer.
Ç’a super bien été avec l’équipe, a soutenu Gagnon-Lamarche. On a fait la stratégie qu’on voulait faire. C’était un premier relais avec eux, et ce sont tous des médaillés olympiques. Il y a un petit stress qui vient avec ça, mais je m’entends tellement bien avec eux que je me sentais bien sur la glace.
Gagnon-Lamarche a été bon sur le 1500 m, a convenu l’entraîneur-chef Marc Gagnon avant d’enchaîner, le regard impressionné, qu’il avait vraiment bien géré au relais.
Avec la présence de partenaires aguerris, Gagnon n’allait pas demander au nouveau venu de tenter le destin en moult dépassements audacieux. Il s’agissait de faire les tours du mieux que tu peux, sans forcer la note, car l’entraîneur présumait que de petites erreurs çà et là, aux sorties de virage par exemple, pouvaient miner son propre effort.
Au bout du compte, il n’en a pas fait, d’erreurs, s’est réjoui Gagnon.
Oui, on peut dire qu’il s’est fait dépasser une fois ou deux, mais c’est son premier Circuit mondial à vie, a rappelé Gagnon. Il ne rentre pas dans une occasion facile, contre des équipes faciles, avec une équipe de 2e ou 3e rang; il embarque avec l’équipe nationale. Il m’a franchement impressionné.
Cette journée est une juste récompense pour le travail accompli au fil des ans. Le rôle de Gagnon-Lamarche, ces dernières années, a été celui de partenaire d’entraînement de l’équipe féminine, à pousser les Courtney Sarault et Danaé Blais de ce monde à se dépasser.
J’aime vraiment mon groupe, c’est vraiment un bon groupe, j’aime ça m’entraîner avec elles, c’est du bon volume pour moi, a indiqué Gagnon-Lamarche. Mais je pense que je montre que je peux faire des relais avec les gars, que je peux compétitionner avec les gars. J’ai ma place dans cette équipe-là.
Sarault encore impériale
Du reste, bon nombre de vétérans du Canada ont négocié ce retour à la compétition internationale sans anicroche. La détentrice du globe de cristal Courtney Sarault a annoncé ses couleurs en survolant sa vague du 500 m et a démontré tout son sens tactique dans les deux autres épreuves individuelles. Elle demeure dans la course aux trois distances en vue du week-end.
Quand elle est tannée de voir trop d’action, elle s’en va en avant, et elle fait juste s’en aller, s’est amusé Marc Gagnon.
Sarault sera accompagnée de Florence Brunelle au 500 m, de Danaé Blais au 1000 m et de Claudia Gagnon au 1500 m. Le repêchage matinal pourrait cependant fournir davantage de contenu canadien samedi et dimanche.
Du côté des messieurs, Steven Dubois et Maxime Laoun étaient inscrits à deux distances individuelles, le 500 m et le 1000 m, où ils ont tous deux eu l’air des coureurs expérimentés qu’ils sont.
Maxime, je l’ai rarement vu aussi calme et aussi en contrôle, a souligné Gagnon. Ces vétérans-là ont été très bons aujourd’hui. Mais la personne qui m’a impressionné le plus aujourd’hui, c’est Maxime Laoun, assurément. Steven était calme, en contrôle dans ses 1000 m, entre autres.

Maxime Laoun est un des vétérans de l'équipe canadienne à Vancouver.
Photo : Kevin Light/Patinage de vitesse Canada
Cela dit, de nombreuses chutes ont été canadiennes. Ann-Sophie Bachand, la première, a trébuché lors du tour préliminaire au 1000 m. Une chute d’autant plus frustrante qu’elle avait jusque-là mené sa course de bout en bout. Elle a quitté la piste la tête basse en sachant que sa seule distance individuelle du week-end passerait désormais par le repêchage du samedi matin.
Dans sa vague du 500 m, le champion canadien Félix Roussel faisait la chasse à l’Américain Brandon Kim quand il est tombé à la sortie d’un virage des vagues du 500 m. Roussel s’est fort bien repris au 1000 m, au sein d’une vague très mouvementée où les patineurs ont semblé à deux doigts de chuter à quelques reprises, et il a enchaîné avec un quart de finale géré de main de maître au 1500 m.
Je l’ai trouvé bon, mais il faut qu’il élève son jeu demain, et je le lui ai dit, parce qu’il a quand même fait de petites erreurs que Félix ne devrait pas faire, surtout au 1000 m, a analysé Gagnon. Malgré tout ça, il sortait bien de ses courses. Somme toute, il a gardé la tête froide tout le temps.
Un des grands malchanceux du jour a été Mathieu Pelletier. Après une chute au tour préliminaire au 1000 m (avec une pénalité pour faire bonne mesure), le Québécois était en voie d’accrocher les quarts de finale au 500 m avec un des deux meilleurs temps parmi les patineurs ayant terminé 3e de leur vague, mais une pénalité (et l’avancement subséquent d’un concurrent) dans la vague no 7 est venue bousiller ses chances.
Ses malheurs se sont poursuivis au 1500 m. Pelletier semblait avoir fait le nécessaire pour terminer 2e de son quart de finale, mais on a jugé qu’il était entré en contact par derrière avec le Sud-Coréen Lee Jeong-min, ce qui a entraîné une autre pénalité.
C’est drôle, quelques personnes me disaient que Mathieu a de l’expérience… mais non, a souligné Gagnon. Il était là à toutes les étapes du Circuit mondial l’an passé, mais il n’a pas patiné. Il a fait un 1500 m de toute l’année. L’expérience internationale [chez les] séniors, Mathieu, il n’en a pas […] Franchement, Mathieu, je l’ai trouvé très bon aujourd’hui. Oui, il a été disqualifié deux fois, une disqualification méritée au 1000 m et une autre un peu tirée par les cheveux au 1500 m à mon sens, mais il avait très bien géré une course qui n’était pas facile.
Portrait des distances en vue de samedi (places confirmées avant le repêchage)
- Quarts de finale, 500 m masculin : Steven Dubois, Maxime Laoun
- Quarts de finale, 1000 m féminin : Courtney Sarault, Danaé Blais
- Demi-finales, 1500 m masculin : Félix Roussel
- Relais : le Canada participera aux demi-finales des trois relais (mixte, féminin et masculin)


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