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Un superbe documentaire raconte l’histoire du joyau de la Rome impériale, qui est aujourd’hui le monument le plus visité d’Italie.
Passer la publicité Passer la publicitéLe Colisée a été la plus belle arène du monde antique. Un théâtre de sang et de sueur, de lierre et de travertin dédié à la célébration de la puissance romaine. Cela valait bien une soirée spéciale sur Arte. La chaîne franco-allemande a sorti le grand jeu pour se faire dignement l’écho des dernières fouilles archéologiques menées au chevet du plus fameux des amphithéâtres. Documentaire en deux parties confié à Bianca Zamfira (Les Trésors perdus de Rome), Le Colisée, les arènes du pouvoir revient sur la genèse, les grandes heures et le déclin de ce site si spectaculaire. Il n’en fallait pas moins pour tisser le récit de ce symbole de l’empire qui domina l’Europe jusqu’au crépuscule de l’Antiquité. Ce temple du divertissement, aujourd’hui lieu historique le plus visité d’Italie, a été commandé par l’empereur Vespasien en l’an 72, au lendemain de la guerre civile provoquée par la mort de Néron.
Machine à divertissement
Le documentaire s’attarde avec gourmandise sur les 100 jours de fête qui inaugurèrent le Colisée, en l’an 80. Ces jeux historiques furent présidés par l’empereur Titus, qui avait succédé un an plus tôt à son père. Ce fastueux écrin à spectacles, haut de 50 mètres, pouvait accueillir jusqu’à 50.000 spectateurs, installés dans les gradins ou dans les loges des quatre différents niveaux du complexe, décorés selon les règles de l’architecture antique. Les recherches récentes permettent de mieux comprendre en particulier la construction des fondations, un millefeuille coulé de béton romain et percé de canalisations sur 14 mètres de profondeur. Soit un ouvrage souterrain qui, à lui seul, aurait coûté l’équivalent de 60 millions de nos euros, selon les dernières estimations des historiens.
L’étude des ossements comme des graines les plus infimes mêlées, des siècles durant, à la poussière de l’ancienne arène, atteste que le Colisée était bel et bien la formidable machine à divertissement vantée par les témoignages antiques. Pas moins de 28 ascenseurs reliés aux coulisses vomissaient des essaims d’ours, de lions, de léopards et d’autres animaux exotiques. Tous étaient livrés à des chasses orchestrées au milieu d’un décor de théâtre. De violents combats de gladiateurs formaient, bien sûr, le clou du spectacle. Aujourd’hui, l’archéologie expérimentale la plus spectaculaire se charge de retrouver l’équipement et les gestes de l’époque. Du côté des laboratoires, des chercheurs moins prompts à la castagne tentent de percer un autre secret des gladiateurs en essayant de retrouver la recette des boissons énergisantes dont s’abreuvaient ces sportifs de haut niveau, formés et sponsorisés par d’antiques écuries. Une véritable potion magique romaine !
Enfin, outre ses spectacles, l’édifice était aussi - bien sûr - une vitrine politique de choix. L’amphithéâtre impérial prodiguait ses jeux à une foule avide de sang, ritualisant la violence sous le patronage du pouvoir et des dieux. Loin de se limiter à la seule Italie, cette séduisante production britannique file de l’Autriche à la Tunisie, pour mettre en évidence, et expliquer, les mille et un charmes du Colisée à l’aune des amphithéâtres qui l’ont précédé et de ceux qui l’ont suivi. Pouce haut !


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