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Dans leur documentaire inédit, les sœurs Clara et Julia Kuperberg réhabilitent l’icône, née il y a cent ans, fondatrice de sa maison de production.
Passer la publicité Passer la publicité« Je ne savais pas que vous étiez aussi intelligente », glisse un journaliste à Marilyn Monroe. Et l’icône, née le 1er juin 1926, de rire en rétorquant du tac au tac : « Je ne le suis pas, ne vous laissez pas abuser. » Ainsi commence le documentaire inédit des sœurs Clara et Julia Kuperberg auxquelles on doit des portraits de Dorothy Arzner, Orson Welles ou Douglas Fairbanks. Les deux réalisatrices françaises de Wichita Films ont souhaité « réhabiliter » la star, trop souvent considérée comme une ravissante idiote. « La gravité finit toujours par nous rattraper », estime pourtant Marilyn Monroe dans une archive.
« C’était l’une des actrices qui travaillait le plus sur ses personnages… Mais elle n’est pas vue comme une actrice sérieuse », déplore Tony Maietta. L’historien du septième art compare d’ailleurs son QI à celui de sa consœur blonde Judy Holliday. Pour prouver qu’elle avait la tête bien faite, il analyse la façon dont Marilyn Monroe incarne la croqueuse de diamants dans Les hommes préfèrent les blondes, le film de Howard Hawks où elle suscite l’admiration de Jane Russell, sa partenaire brune. Le spécialiste se penche également sur d’autres personnages incarnés par la star : Chérie, dans Bus Stop, signé Joshua Logan, ou la divorcée névrosée des Désaxés de John Huston, avec Clark Gable et Montgomery Clift.
« Elle s’est amusée »
« Il faut être très futée pour jouer la bêtise, insiste Tony Maietta. Elle (Marilyn) a passé sa vie à tenter de s’améliorer, à lire Nietzsche, Rilke, Les Lettres à un jeune poète, à tenter de s’imprégner du monde qui l’entourait. C’est presque comme si elle savait qu’elle partirait tôt et qu’elle devait tout assimiler le plus vite possible. » Dès ses débuts, la comédienne travaille dur. D’abord avec sa première coach qui deviendra sa « gourou », Natasha Lytess. Elle est présente sur les tournages dès l’époque où elle s’appelle encore Norma Jeane Baker.
Puis auprès de Paula Strasberg : « Si elle est devenue une star à la célébrité inégalée, elle n’était jamais satisfaite », rappelle le mari de cette dernière, Lee Strasberg. « Un bon acteur ne joue pas la comédie, il “est”, c’est tout. Marilyn a toujours été sur le fil entre l’être et le paraître, elle a apporté une nouvelle profondeur aux choses », ajoute Tony Maietta. « Elle avait un éclat intérieur » et le « don de la comédie », renchérit l’actrice Lee Purcell.
Professionnellement, elle était en avance sur son temps. L’historien rappelle qu’en 1955, elle a créé avec le photographe Milton Greene sa propre maison de production. « Elle a eu la clairvoyance de se dire : “je dois prendre ma carrière en main, voici ce que je vais faire”, admire-t-il. Je pense qu’il faut mettre fin au mythe de la star ingérable et trop gâtée. Elle n’était rien de tout ça. » Lee Purcell est de son avis. Elle veut garder le souvenir d’une Marilyn heureuse. Celui d’une femme qui « se délecte de la sensation » qu’elle éprouve lors de la fameuse scène du métro sous la bouche d’aération dans Sept ans de réflexion. « Malgré le contexte, elle s’est amusée. C’est ça, l’important, pas tout le reste. Savoir s’amuser. Elle s’est amusée », répète Lee Purcell. Elle a bien raison.


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