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Après les recommandations du Bureau du coroner et du gouvernement provincial, le Centre antipoison du Québec appuie l’avis d’exclure de la vente libre la diphénhydramine, généralement connue sous la marque de médicament Bénadryl. L’objectif est de renverser la tendance puisque les intoxications à ce produit sont en hausse au Québec.
Au cours des dernières années, le nombre d’incidents causés par la prise de diphénhydramine est en hausse, d’après les données du Centre antipoison du Québec (CAPQ). Qu’il s’agisse de mauvais usage, de toxicomanie, d’erreurs thérapeutiques ou de gestes volontaires, dont certains ont mené à la mort de la personne ayant ingéré la diphénhydramine, l’organisme a traité 549 cas d’exposition à la substance en 2021. En 2024, c’est 603 cas qui ont été traités.
De nombreux professionnels de la santé rappellent que différents produits d'antihistaminiques sont disponibles pour remplacer le Bénadryl. La pharmacienne et présidente suppléante de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Geneviève Charbonneau, cite notamment le Claritin et le Réactine comme solutions de rechange pour contrer les allergies.
Le Bénadryl a plus de risques, explique-t-elle, pour les personnes qui vont prendre d'autres médicaments, qui ont d'autres conditions de santé sous-jacentes qui peut accentuer les effets secondaires néfastes de la diphénhydramine.

Une consultation de 45 jours est en cours sur le projet de règlement pour faire passer ces produits de l'annexe III, où ils sont actuellement offerts en libre-service, à l'annexe II, ce qui les placerait derrière le comptoir. (photo d'archives)
Photo : Shutterstock / Dmitry Kalinovsky
À l'étude
Le Centre antipoison estime donc que le projet de règlement pour reclasser les produits contenant uniquement de la diphénhydramine administrée par voie orale, publié à la fin juin dans la Gazette officielle du Québec, est une mesure de santé publique justifiée.
Ce reclassement ferait en sorte que ces produits, actuellement en vente libre sur les tablettes des pharmacies, devraient être placés derrière le comptoir et sous la surveillance d’un pharmacien.
Le reclassement de la diphénhydramine n'aurait donc qu'un impact limité sur l'accès aux traitements, juge le CAPQ, tout en renforçant la sécurité du public grâce à l'intervention du pharmacien lorsque son utilisation est envisagée.
Ce type de reclassement a déjà été réalisé avec le diménhydrinate, l’ingrédient actif du Gravol, et a montré de bons résultats pour protéger la population.


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