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À compter du 16 août, le ministère de l’Environnement du Québec va contraindre les municipalités qui disposent d’un Lieu d’enfouissement technique (LET) à mesurer la concentration des PFAS, des produits chimiques persistants et nocifs, qui se retrouvent dans les eaux usées de ces installations et, ultimement, dans la nature.
Bon nombre d’articles du quotidien, comme la soie dentaire, les poêlons antiadhésifs, les vêtements imperméables et les emballages alimentaires en contiennent.
C’est des molécules qui vont repousser l’eau, qui vont repousser les graisses [...] Par contre, c'est des molécules qui sont résistantes à la dégradation, explique Richard St-Louis, professeur en chimie de l’environnement à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).
Résultat : lorsque ces objets se retrouvent à l'enfouissement, les PFAS finissent par aboutir dans la nature. Grosso modo, toutes les eaux qui percolent à travers les déchets sont récupérées et acheminées dans un bassin où elles sont traitées. Elles vont par la suite être larguées dans un cours d’eau alors que des concentrations de PFAS s’y trouvent encore.
Ça prend l’information pour être capable d’avoir une action qui soit adéquate.
Le scientifique se réjouit que le gouvernement provincial désire recueillir des données sur le sujet. La seule façon de faire, c’est d'être capables de mesurer la présence de ces contaminants-là, de savoir à quel niveau ils sont présents, puis c’est quoi la technologie qui va être nécessaire pour éviter de les relarguer dans l’environnement.

Richard St-Louis est professeur à l’UQAR.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Le ministère de l’Environnement pourrait ensuite imposer des limites de rejets de ces polluants dans l’environnement. Les normes de rejets vont forcer les institutions à limiter leurs rejets, mais il va falloir les capter en amont, indique la codirectrice de l'organisme des bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent, Raphaële Terrail.
Soit on réduit la production de ces substances-là, donc là, on tape plus au niveau des fabricants ou il va falloir développer des technologies, poursuit-elle.

Raphaële Terrail, codirectrice de l’OBV du nord-est du Bas-Saint-Laurent
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
On ignore encore à quoi pourraient ressembler les normes qui seront éventuellement adoptées par le gouvernement provincial.
L’identification de ces contaminants se fait à partir de leur structure moléculaire. Pour y parvenir, il faut utiliser un spectromètre de masse, un appareil qui peut facilement valoir entre 600 000 $ et 1,5 M$. Le Québec compte quelques laboratoires privés qui possèdent cet équipement spécialisé.
La partie sur le terrain, la partie des municipalités va être l'échantillonnage, d’avoir des échantillons qui sont de qualité, précise M. St-Louis.
Il est trop tôt pour mesurer les investissements additionnels requis, nous devrons bien entendu analyser le tout, répond par courriel le conseiller aux affaires publiques et aux relations médias à la Ville de Rimouski, Frédéric Savard.

La Ville de Rimouski confirme qu'elle va se conformer à la nouvelle directive du gouvernement provincial et qu'un processus de suivi sera mis en place pour le LET.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le défi avec les PFAS, c’est que, comme il y en a partout, il faut vraiment avoir une méthodologie qui soit très très solide, ajoute le professeur Richard St-Louis.
Dans la région, outre la Ville de Rimouski, celles de Rivière-du-Loup et Matane disposent d'un lieu d'enfouissement technique, de même que la Régie intermunicipale des déchets de Témiscouata.


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