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Le 10e anniversaire de la mort du père Hamel : les bisounours catholiques en action…

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En ce jour du 10e anniversaire de l’assassinat du père HAMEL, je viens d’assister sur FRANCE 2 à :

– un petit film qui fait l’éloge de la relation amicale qui s’est nouée entre la sœur du père HAMEL et la mère de l’un des deux terroriste (Adel), lequel film a été suivi par :
– la célébration de la messe du souvenir en faveur du père HAMEL en présence notamment de Messieurs HOLLANDE, PHILIPPE et LECORNU.

Que la sœur du père HAMEL ait cherché à pardonner pour trouver une paix intérieure en se rapprochant  de la mère de l’assassin (pour trouver, selon ses termes, une plus grande douleur que la sienne) constitue un parcours personnel qui la regarde. En revanche, présenter ce parcours comme exemplaire pour « s’ouvrir à des rencontres qui font vivre » interpelle, en particulier lorsqu’il est prétendu qu’il s’agit de transmettre un message de paix.
Tout cela ressemble fort à de la Novlangue (inversion du sens des mots).

La mère de l’assassin s’est contentée de dire que la perte d’un enfant dans une telle situation était plus difficile car cela « fait un ticket sur notre famille ». Il n’y a aucune autocritique sur les raisons objectives de « ce ticket ». Elle a déclaré qu’elle faisait partie d’une famille musulmane pratiquante modérée (par rapport à quoi ?), que son fils avait recherché son identité et qu’il avait voulu leur imposer « les vrais préceptes du Coran », en soutenant qu’ils avaient fait les mauvais choix. Elle a bien sûr suggéré qu’il avait subi de mauvaises influences.

Bien évidemment, elle n’a pas précisé quels étaient les vrais préceptes du Coran, elle n’a ainsi même pas cherché à comprendre ou à entrevoir le cheminement criminel de son fils… dont le parcours ressemblait pourtant à tant d’autres qui l’avaient précédé.
Le petit film se partage donc entre la douleur et recherche de pardon de la mère de l’assassin (cette recherche de pardon n’est pas  explicitée dans sa motivation) et la douleur de la sœur du père HAMEL.

Les dernières paroles du père HAMEL « Va-t’en Satan » sont interprétées comme adressées à l’esprit maléfique qui a volé les âmes des deux terroristes. Ces deux-là n’y sont finalement pour rien, c’est le démon qui a agi. Heureusement que la BRI a fait son travail de protectrice de la société sans s’interroger sur le rôle du démon.

Le film est une parfaite illustration  du théâtre des Bisounours dans lequel nous évoluons depuis plus de 10 ans. L’assassinat terroriste, parfaitement symbolique au sein d’une église, n’est même pas resitué dans le flot continu des attentats réalisés ou déjoués depuis Mohamed MERAH. Circulez braves gens, pardonnez, ne cherchez surtout pas à comprendre, oubliez votre mémoire car elle peut faire mal.

Après ce premier chapitre Bisounours est venue la retransmission de la messe célébrée en souvenir du Père HAMEL. Les choses ont plutôt bien commencé par l’évocation d’un passage du premier livre des Rois qui souligne la nécessité fondamentale de savoir distinguer le Bien et le Mal.

Mais, elles ont dégénéré avec l’homélie du grand archevêque de ROUEN. Celui-ci a d’abord souligné que lorsque les hommes aimaient Dieu, celui-ci fait tout pour contribuer à leur bien. Justement les terroristes abattus aimaient Dieu en se soumettant littéralement à sa volonté et… on se demande alors si le père HAMEL n’a pas été égorgé pour notre bien. En effet, dans mes souvenirs, l’archevêque s’est bien gardé de préciser que la notion de Dieu n’était manifestement pas la même pour toutes les religions.

Mais le cataclysme de l’homélie n’était pas terminé : l’archevêque a osé dire que le sacrifice du père HAMEL (assassiné) avait permis d’arrêter (j’ajoute temporairement) la spirale du terrorisme. On croit rêver : qui a cru que le terrorisme s’était assoupi, ne serait-ce qu’un seul jour ? Je pense aux policiers, aux enquêteurs, aux services judiciaires spécialisés… à toutes ces petites et grandes mains qui travaillent pour nous protéger.
Au final, les fidèles ont été invités à prier pour les deux assassins terroristes car « tous les chrétiens doivent pardonner ». On efface toute possibilité de cheminement individuel vers un éventuel pardon. Le pardon est décrété et formaté. Il n’est plus une option.
Il faut également vivre ensemble alors qu’il n’y avait guère de vivre-ensemble dans l’église.

Je croyais que l’Église était un berger qui prenait soin de son troupeau. Il n’y a plus de berger puisqu’il se préoccupe autant des loups que des agneaux.

Depuis l’affaire Merah, les Bisounours règnent. Ce week-end devait-il donc consacrer l’abandon des valeurs de courage, d’humilité (incompatible avec la promotion d’un pardon) et de vérité ?

Heureusement, non, pour qui a lu Le Figaro du 25 juillet 2026. Un intellectuel (il en existe encore des vrais) a brillamment souligné « qu’aux yeux de ses deux assassins, le père HAMEL méritait d’être éliminé pour des raisons théologiques ». Dans des termes à la fois mesurés et rigoureux, Rémy Brague, philosophe et historien, rappelle que les deux assassins ne devaient pas être considérés comme de vulgaires ignorants de l’islam et du christianisme. Il souligne aussi que lorsque les terroristes ont indiqué vouloir la paix (lors d’un dialogue lors de l’attentat), cela signifiait simplement qu’il fallait les laisser agir pour mettre en œuvre leurs projets de domination. Il ajoute in fine que, comme dans le christianisme et le judaïsme, l’islam met Dieu au-dessus de la pensée humaine.

L’expression Allah Akbar est, pour moi, l’expression la plus simple de cette supériorité ou immanence.

Rémy Brague va alors plus loin en remarquant que l’islam n’hésite pas à appliquer à Dieu des concepts empruntés à l’expérience humaine.

J’en déduis personnellement que l’assassinat au nom de Dieu, pratiqué au nom de l’islam (je n’évoque même pas les vierges promises au paradis pour les combattants de l’islam) met à mal la supériorité de la divinité puisque ce Dieu a besoin des hommes pour faire ses basses besognes et semer les ténèbres.

La mère de l’assassin, la sœur du père Hamel et l’Église se sont gardées d’évoquer le moindre problème théologique alors qu’il s’agissait du cœur de l’attentat. Le terreau reste donc particulièrement fertile pour d’autres attentats.

Isabelle HAMEDINE

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