On ne peut pas dire que Charline Bourgeois-Tacquet avait bouleversé en 2021 le paysage du cinéma français avec Les Amours d’Anaïs, premier long métrage avec Anaïs Demoustier et Valeria Bruni Tedeschi. Mais sa manière d’embrasser une nouvelle fluidité amoureuse dans l’air du temps ne manquait ni de charme ni d’une certaine profondeur. Ce que la cinéaste avait raconté d’une trentenaire, elle l’observe à présent chez une quinquagénaire dans La Vie d’une femme. Lorsqu’un désir s’éteint, il peut renaître d’un autre côté; quant au bonheur de l’amour partagé, il restera toujours un miracle qui laisse des traces dans une existence. D’accord, on n’est ici plus au temps de Lelouch et ses «chabadabada». Mais en 2026 est-ce bien suffisant pour se voir hisser en compétition à Cannes?
Après Anaïs la cigale, voici donc Gabrielle (Léa Drucker) la fourmi. A 55 ans, à Lyon, cette spécialiste de la chirurgie maxillo-faciale et cheffe de service dans un hôpital public se consacre corps et âme à son métier. Toujours au pas de course, elle se démultiplie, ses responsabilités ne laissant que peu de temps pour sa vie privée. Encore heureux qu’elle puisse s’appuyer sur un allié fidèle, le docteur Nazari. Mais elle a aussi un mari qui l’aime et une mère qui perd la boule, dont elle doit aussi s’occuper. Lorsque Frida (Mélanie Thierry), une romancière, vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre commence à vaciller. Est-ce juste de se sentir observée ou s’agit-il d’une attirance? Et y a-t-il de la place pour de l’inattendu dans son quotidien minuté?


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