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Selon la DGCCRF, le site avait «des pratiques commerciales trompeuses sur la véracité des promotions annoncées aux consommateurs». Avec ses «prix barrés» et ses «promotions permanentes», Boohoo proposait «95% d’annonces non conformes».
Passer la publicité Passer la publicitéLe couperet est tombé pour Boohoo. Ce jeudi, la Répression des fraudes a annoncé qu’elle allait sanctionner le site britannique de vente de vêtements. À la suite d’une enquête, celui-ci va écoper d’une amende de 2,33 millions d’euros pour avoir «trompé les consommateurs sur la réalité des réductions dont ils pouvaient bénéficier», a indiqué la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). La société a accepté de payer l’amende, au terme d’une procédure de transaction pénale.
Après avoir analysé «les prix de plusieurs centaines de produits», les agents de la DGCCRF ont découvert que le site avait «des pratiques commerciales trompeuses sur la véracité des promotions annoncées aux consommateurs». Certains prix étaient ainsi majorés avant que la promotion ne soit appliquée, de manière à la gonfler artificiellement. De même, d’autres promotions préalablement appliquées n’étaient pas prises en compte.
«95% d’annonces non conformes»
Le bilan est sévère : avec ces pratiques de «prix barrés et de promotions permanentes», Boohoo proposait en réalité «95% d’annonces non conformes». Quatre sur dix n’offraient «aucune baisse de prix», 7% une baisse moins importante qu’annoncé et près de la moitié «étaient en réalité des augmentations de prix», dénonce la Répression des fraudes. Par ailleurs, Boohoo mentait également sur «la composition des articles textiles et chaussants», ajoute la DGCCRF. Ainsi, des indications comme «cuir» ou «daim» étaient utilisées pour des produits synthétiques, et des informations non conformes ou incomplètes pouvaient tromper les consommateurs.
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Chaîne de vente de vêtements en ligne, Boohoo est en difficulté face à la concurrence écrasante de plateformes chinoises comme Shein. L’entreprise a déjà été pointée du doigt plusieurs fois par le passé, en 2020 et 2022, pour le traitement de ses employés au Royaume-Uni. Durant la pandémie de Covid, une association de défense des travailleurs, Labour Behind the Label, avait dénoncé les conditions de travail quasi-esclavagiste des salariés. Rebelote deux ans plus tard, lorsqu’un journaliste du Times s’était infiltré dans un entrepôt de Boohoo, et avait notamment raconté avoir parcouru environ 20 kilomètres à pied sans aucune pause, pour s’asseoir pendant une session de travail de 11 heures.


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