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Le 16 juillet, Tommy Bertrand, 27 ans, a subi un arrêt cardiorespiratoire alors qu’il disputait un match de hockey sur terrain synthétique organisé par Dekhockey Thetford. Rapidement pris en charge, le père de deux enfants s’en est heureusement sorti indemne.
Heureusement, ça a bien fini, souffle David Thibeault, propriétaire de Dekhockey Thetford. C’est des choses qu’on pense qui arrivent toujours ailleurs, mais quand ça arrive…

David Thibeault, propriétaire de Dekhockey Thetford.
Photo : Radio-Canada / William Gagnon
Rencontré dimanche sur les lieux de l’événement, dans le stationnement du Cégep de Thetford, où sont aménagées deux surfaces de jeu, il se souvient avoir vu Tommy tomber. C’est là que Laurie [Lamontagne] est intervenue pour essayer de voir ce qui se passait. C’est quand j’ai vu dans les yeux de Laurie – elle m’a regardé et m’a fait un signe – que là, il fallait agir parce qu’il n’y a plus rien qui marchait.
Il compose alors le 911.
En attendant les secours, qui sont arrivés cinq, six minutes plus tard, estime M. Thibeault, mon arbitre en chef Alain [Bisson] a sifflé et a [demandé] s’il y avait un médecin ou un premier répondant sur les lieux, raconte-t-il.
C’est là qu’Alex-Antoine [Mercier] s’est présenté en courant [...] pour venir aider Laurie qui essayait de garder [Tommy] éveillé, poursuit le propriétaire, notant le calme exemplaire, l’attitude de tout le monde. Autant c’était stressant, autant on pouvait entendre une mouche voler.
Le défibrillateur, un équipement incroyable
Ça a été quand même dans un certain calme, confirme Laurie Lamontagne, coéquipière de Tommy Bertrand. Il n’y a personne qui a paniqué [...] on était capables de s’entendre parler.

Laurie Lamontagne, coéquipière de Tommy.
Photo : Radio-Canada
Après avoir demandé d’appeler le 911, j’ai demandé un DEA (défibrillateur externe automatisé) parce que je voyais que ça allait être compliqué.
Il y a des gens merveilleux qui sont allés en chercher un, explique-t-elle.
Ils sont revenus avec le DEA, je l’ai installé, et on a écouté la machine. Ça reste un équipement incroyable [...] C’est extrêmement important que les gens soient conscients d’avoir ça.
La réanimation, c’est un travail d’équipe, insiste-t-elle, notant l’apport de celles et ceux qui ont posé de petits gestes, le 16 juillet, comme ouvrir une simple porte. Ce sont ces petits gestes-là qui permettent de sauver quelqu’un.

Le défibrillateur externe automatisé (DEA) qui a servi à sauver Tommy. Trois DEA se trouvaient sur le site du Cégep de Thetford.
Photo : Radio-Canada / William Gagnon
Aux côtés de Laurie durant l’intervention, Alex-Antoine Mercier qui, ce jour-là, arbitrait.
Ça apporte une aide grandiose d’avoir quelqu’un avec son cours, qui comprend la situation, dit-elle. Malgré son jeune âge, celui qui, du haut des ses 18 ans, vient de terminer sa première année au programme de soins préhospitaliers d'urgence du Cégep Beauce-Appalaches, a été excellent.
Après le coup de sifflet initial de l’arbitre en chef, quand j’ai vu Tommy par terre, mauve comme ça, à respirer pas très bien, c’est là que la shot de stress a embarqué, se rappelle Alex-Antoine. Mais quand j’ai vu qu’on était bien entourés, surtout avec Laurie qui s’y connaissait aussi, ça m’a calmé. Ça a aidé à ce que tout se passe très bien.
À l’arrivée des policiers, puis des ambulanciers, on leur a donné des nouvelles de ce qui s’était passé, combien de chocs [avec le DEA] on avait donnés.
Était-ce la première fois qu’Alex-Antoine était appelé à intervenir ainsi?
Oui, dit-il. J’étais allé en stage avec mon cours… et je n’avais pas eu grand chose! Donc là, d’avoir une situation [aussi intense que] celle-là qui arrive, c'était vraiment la première fois.
Je suis un petit gars qui aime ça l’adrénaline. Des situations comme ça, c’est vraiment mon domaine.

Manon Gagné, belle-mère de Tommy, Laurie Lamontagne, et Alex-Antoine Mercier.
Photo : Radio-Canada / William Gagnon
Mes puces ont encore leur papa, et ma fille a encore son conjoint
Sur le coup, je ne le croyais pas, lance Manon Gagné, la mère de la conjointe de Tommy, expliquant sa réaction lorsque sa fille lui a appris jeudi que son gendre avait fait une crise cardiaque.
Pendant qu’elle et sa sœur sont allées à l’hôpital, moi j’étais avec les enfants et j’attendais des nouvelles… stressée! Mais avec les poupounes, il fallait que je reste forte.
Elle confirme que celui qui est actuellement hospitalisé à Québec va bien. Il a eu beaucoup d’anges gardiens, souffle-t-elle, en référence aux personnes qui ont contribué à son sauvetage jeudi.
À l’horizon, probablement une autre opération en vue pour celui qui a une malformation au niveau du cœur depuis la naissance.
En décembre dernier, il s’est d’ailleurs fait opérer pour changer sa valve, explique Mme Gagné. Une opération qui, quelques mois plus tôt, en octobre, n’avait pas fonctionné.
Ça avait l’air de bien aller, il avait recommencé à travailler en mars, dit-elle. On pensait que tout ça était derrière nous, mais finalement non.
Grâce à eux, mes puces ont encore leur papa, et ma fille a encore son conjoint.
Avec les informations de William Gagnon


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