Depuis un an, un virus tropical décime des populations d’oiseaux sur l’île d’Arran, en Écosse. Véhiculé par des moustiques, ce virus commence à proliférer de plus en plus au nord en raison du réchauffement climatique. Sans surprise, les scientifiques s’inquiètent d’une telle diffusion puisque d’autres virus plus dangereux pourraient faire leur apparition à l’avenir.
Des hybrides s’attaquant principalement aux mammifères
Le moustique commun est l’espèce de moustique commun la plus répandue en Europe et dans les zones tempérées du globe. Cet insecte est un vecteur biologique majeur, capable de transmettre plusieurs maladies graves à l’homme et aux animaux, notamment le virus du Nil occidental, la fièvre de la vallée du Rift ou l’encéphalite de Saint-Louis. Le moustique transmet également le virus Usutu, un virus d’origine tropicale retrouvé en Écosse il y a quasiment un an, plus précisément sur île d’Arran, la plus grande île du Firth of Clyde.
Des experts de l’Université de Glasgow ont confirmé cette présence via la publication de leur travaux, dans la revue Parasites & Vectors le 9 juin 2026. Le moustique commun (Culex pipiens) se divise en deux biotypes : le biotype pipiens (aérien) et le biotype molestus (souterrain). Le premier vit à l’extérieur et se nourri quasi exclusivement du sang des oiseaux. Le second préfère les milieux confinés et s’attaque principalement aux humains et aux mammifères.
Or, si les scientifiques écossais disent avoir découvert des moustiques du biotype molestus sur l’île d’Arran, il est surtout question d’hybrides pipiens/molestus combinant le « pire des deux mondes », en piquant sans distinction les oiseaux, les humains et autres mammifères.
Source: DRUn virus touchant occasionnellement l’humain
L’étude confirme que les hybrides peuvent agir comme vecteurs de certains virus, dont le virus Usutu. Sur l’île d’Arran, des décès massifs d’oiseaux ont été observés, en particulier au niveau des merles noirs, bien que des chouettes et autres rapaces peuvent être touchés. Les oiseaux infectés présentent rapidement des troubles neurologiques – faiblesse, désorientation, cou tordu – avant de mourir.
Précisons que le virus Usutu un virus d’origine tropicale appartenant à la famille des Flaviviridae, comme ceux responsables de la fièvre jaune et la dengue. Découvert pour la première fois en 1959 au Swaziland, ce pathogène circule principalement dans le monde animal, tout en touchant occasionnellement l’humain.
Il faut dire que le virus ne se transmet pas directement d’un animal à un autre, ni d’un humain à un autre en raison d’une charge virale insuffisante. Il a donc besoin d’un intermédiaire, ici le moustique. De plus, l’infection est largement asymptomatique – dans environ 70% des cas.
La véritable menace est ailleurs
Le fait est que le virus Usutu s’est propagé en Europe à partir des années 1990, avec la prolifération des moustiques permise progressivement par le réchauffement climatique. Or, ce dernier continue de progresser en s’installant de plus en plus au nord, dans des zones habituellement exemptes, notamment l’île d’Arran. Les auteurs de l’étude ont admis avoir pensé que ceci était impossible puisque les conditions climatiques semblaient encore trop froides. Il faut dire que, dans la mesure où le Culex Pipiens prospère autour des 25°C, le phénomène est réel pour toute l’Europe. En 2024, une étude publiée dans la revue Viruses confirmait déjà la présence du virus Usutu et des infections chez les humains. En revanche, le risque est assez faible, en raison de sa capacité d’infection limitée. L’étude confirmait 235 cas confirmés mondialement, principalement en Europe.
Néanmoins, la véritable menace n’est pas relative au virus Usutu. En effet, d’autres virus pourraient s’installer durablement en Europe, par exemple le virus du Nil occidental, nettement plus dangereux pour les humains.


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