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Chaque année, les Canadiens jettent une grande quantité d’appareils électroniques, dont beaucoup fonctionnent encore.
Une étude récente de l’Université de Waterloo indique que près des deux tiers des appareils électroniques grand public au Canada sont remplacés alors qu’ils sont encore fonctionnels ou ne présentent que des problèmes mineurs.

Elham Mohammadi est l’auteure principale d’une étude qui a révélé que près des deux tiers des appareils électroniques grand public au Canada sont remplacés alors qu’ils sont encore fonctionnels.
Photo : Avec l’autorisation de l’Université de Waterloo
Un tiers des appareils ont été remplacés parce qu’ils ne fonctionnaient plus, explique Elham Mohammadi, chercheuse postdoctorale à l’Université de Waterloo et auteure principale de l’étude.
L’étude indique que cette tendance contribue à l’augmentation du problème des déchets électroniques au Canada.
Les chercheurs ont mené une enquête auprès des ménages de tout le pays afin de comprendre comment les gens utilisent, remplacent et jettent leurs appareils électroniques courants. L’étude portait sur sept produits courants : les téléphones mobiles, les ordinateurs portables et les tablettes, les ordinateurs de bureau, les téléviseurs, les réfrigérateurs, les fours à micro-ondes et les lave-linge. L’étude révèle que ces produits généreront à eux seuls 2,3 millions de tonnes de déchets électroniques d’ici 2030.

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Mme Mohammadi explique que les appareils sont souvent jetés prématurément par simple commodité.
La plupart sont remplacés plus tôt, notamment à cause des batteries, des nouvelles fonctionnalités ou des options de réparation limitées, précise-t-elle.
L’impact sur l’environnement
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les déchets électroniques contiennent des substances dangereuses, telles que des métaux lourds, des polluants organiques persistants et des acides. Faute de gestion adéquate, ces substances nocives peuvent polluer l’environnement et présenter de graves risques pour la santé humaine.
De nombreuses organisations de la région recyclent correctement les appareils électroniques, notamment Eco-Tech Waterloo et Reep Green Solutions.

Karen Wirsig, gestionnaire principale de programme pour les plastiques chez Environmental Defence, affirme que les appareils électroniques grand public doivent être plus faciles à réparer.
Photo : Avec l’autorisation de Environmental Defence
Karen Wirsig, responsable principale du programme plastique chez Environmental Defence, une association de défense de l’environnement à but non lucratif, souligne que cela peut néanmoins représenter un défi, car les appareils électroniques sont composés d’un mélange de matériaux difficiles à recycler en toute sécurité.
Les appareils électroniques sont fabriqués à partir de plastiques, de métaux et de verre, souvent fusionnés et difficiles à séparer, explique-t-elle. Elle ajoute que le recyclage se concentre souvent sur l’extraction de petites quantités de métaux précieux, le reste étant brûlé ou jeté, ce qui peut libérer des substances toxiques.
Lors du traitement des appareils électroniques, les métaux précieux sont extraits, mais une grande partie du reste est brûlée ou éliminée, souligne-t-elle.

José Palacios est président d’Eco-Tech Waterloo.
Photo : Avec l’autorisation de Eco-Tech Waterloo
Dans une déclaration à CBC News, José Palacios, président d’Eco-Tech Waterloo, affirme que l’entreprise s’efforce de recycler tous les matériaux restants.
Nous veillons à ce que les matières dangereuses soient confinées en toute sécurité, que les matériaux précieux soient récupérés et que les équipements utilisables soient remis à neuf ou réutilisés chaque fois que cela est possible, au lieu d’être jetés, indique-t-il.
M. Palacios ajoute qu’Eco-Tech aide souvent ses clients à entretenir leurs appareils électroniques.
Nous nous concentrons sur la remise à neuf et la réparation, en particulier pour les ordinateurs de bureau et portables non-Apple équipés de processeurs de septième génération ou plus récents, en offrant des réparations professionnelles qui contribuent à prolonger la durée de vie de ces appareils, souligne-t-il.
Privilégier la réparation au remplacement
Mme Wirsig souhaite un meilleur accès à des réparations abordables pour les appareils électroniques grand public.
Nous avons besoin de systèmes qui permettent aux gens de réparer leurs appareils facilement et à moindre coût, plutôt que de les remplacer, croit-elle.
L’an dernier, trois députés provinciaux du NPD ont déposé le projet de loi 91, la Loi sur le droit à la réparation.
Ce projet de loi vise à offrir aux consommateurs davantage de possibilités de réparer leurs produits au lieu de les remplacer. Il modifierait la Loi sur la protection du consommateur afin d’établir des droits légaux garantissant l’accès à la réparation de certains produits, notamment les appareils électroniques, les électroménagers et les véhicules.
Je crois qu’il est essentiel de lier les droits des consommateurs aux droits des biens durables réparables, affirme Mme Wirsig. Le droit à la réparation sera crucial pour régler ce problème.
Mme Mohammadi considère le projet de loi 91 comme un pas en avant positif, mais elle souligne que les gens aiment toujours se procurer les dernières technologies.
Plus de 70 % des gens achètent leurs produits neufs, indique-t-elle. Il reste encore beaucoup à faire, car ce phénomène [de déchets électroniques] est récent.
Avec les informations de Diego Pizarro, CBC News


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