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Des Premières Nations côtières de la Colombie-Britannique saluent le maintien « sans exception » du moratoire sur les grands pétroliers. Cette garantie se retrouve dans le protocole d'entente dévoilé jeudi par les premiers ministres de la Colombie-Britannique et du Canada, David Eby et Mark Carney.
Le moratoire pétrolier s’est retrouvé dans le protocole d’entente signé entre l’Alberta et Ottawa en novembre dernier, qui prévoit la construction d'un oléoduc de pétrole brut vers la Colombie-Britannique.
Dans cette entente, les gouvernements albertain et fédéral ont ouvert la porte à une possible exemption du moratoire pétrolier pour le projet de pipeline de pétrole brut de l'Alberta.
Puis, selon des documents obtenus par CBC/Radio-Canada, l'Alberta étudiait trois routes dans le nord de la Colombie-Britannique, et une vers le sud.
Négociée sans la Colombie-Britannique ou les Premières Nations côtières touchées par la Loi fédérale sur le moratoire relatif aux pétroliers, la possible exemption avait semé la grogne auprès de celles-ci et du premier ministre britanno-colombien.
Pour Marilyn Slett, la cheffe élue de la Nation Heiltsuk, aujourd’hui est une bonne journée.
Je suis très heureuse que la côte Pacifique continue à être protégée par le moratoire. Nos eaux et nos terres sont un trésor écologique irremplaçable.
Elle explique que le maintien complet du moratoire vient protéger la mer du Grand Ours qui a un écosystème riche. Entre autres, on y retrouve des baleines, des saumons, des oiseaux de mer et des crustacés.
Le moratoire protège également la forêt pluviale du Grand Ours, l'une des seules forêts pluviales tempérées encore intactes dans le monde.
La loi sur le moratoire pétrolier interdit aux pétroliers de s'arrêter ou d'effectuer des opérations de chargement et de déchargement de plus de 12 500 tonnes métriques de pétrole brut dans certains ports.
L’interdiction touche les ports commerciaux et régionaux, notamment ceux de Prince Rupert, Kitimat, Stewart, Bella Coola et tous les ports de Haida Gwaii.
Le délicat équilibre politique de David Eby
Ce ne sont pas que la culture, l'environnement et l'économie côtière qui étaient en jeu. Depuis plusieurs mois, David Eby a martelé que les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) seraient compromis si un pipeline de pétrole brut devait passer vers le nord de la Colombie-Britannique.
C'est le constat de la cheffe Slett, mais aussi du président de la Nation Haïda, Gaagwiis Jason Alsop.
Il affirme que le nord-ouest de la province accueille déjà le tiers des grands projets annoncés au cours de la dernière année, et qu'ils augmenteront considérablement le trafic maritime le long de la côte nord.
Il fait notamment référence à plusieurs projets qui se retrouvent dans le protocole d’entente entre la Colombie-Britannique et Ottawa qui figurent, pour certains, dans la liste des priorités du Bureau des grands projets à Ottawa, comme Ksi Lisims, la Phase 2 de LNG Canada et Cedar LNG.
Imposer un pipeline, ça se traduirait par une opposition à tout développement parce qu'il n'y aurait aucune considération pour nos préoccupations environnementales et aucun respect aux risques posés à nos territoires. Alors, nous levons nos mains aux premiers ministres [Eby et Carney] pour leur compréhension du délicat équilibre politique sur lequel nous avançons tous.
Ce délicat équilibre s'inscrit aussi dans les garanties que David Eby a obtenues sachant qu'il ne peut pas empêcher la construction d’un pipeline vers la Colombie-Britannique, puisqu'il s'agit d'une compétence fédérale.
En plus de fermer la porte à un pipeline vers le nord, la Colombie-Britannique aura droit à une forme de dédommagement si Ottawa impose le passage d'un oléoduc à la province.
Dans les documents du protocole (nouvelle fenêtre), on peut lire que la Colombie-Britannique doit obtenir une part significative des retombées économiques d'un nouvel oléoduc, par l'entremise de mécanismes qui restent à établir, dont le versement de redevance annuelle et un fonds d’intervention d’urgence et de responsabilité environnementale accessible à la Colombie-Britannique et aux Premières Nations.
Les oléoducs relèvent du fédéral, alors cette entente est cruciale : elle maintient le moratoire sur les pétroliers au nord et garantit aux Britanno-Colombiens une juste compensation environnementale si le projet se concrétise.
La province va aussi renégocier les redevances qu’elle reçoit de Trans Mountain.
Selon le protocole, la Colombie-Britannique va optimiser l’infrastructure existante, ce qui se traduirait par une augmentation de plus de 300 000 barils par jour.


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