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La vie d’artistes immigrés à l’honneur au Musée des beaux-arts de l’Alberta

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Quatorze artistes nouvellement arrivés en Alberta ont suivi un programme de mentorat artistique sur six mois qui a donné lieu à l’exposition Here I am. Ce projet est organisé par le Conseil de l’immigration pour l’innovation dans les arts, qui permet d’accompagner ces artistes dans l’écosystème artistique et culturel albertain.

Leurs œuvres sont exposées au Musée des beaux-arts de l’Alberta, où une salle accueille une cinquantaine d'œuvres d’art aussi diverses que variées.

Here I am résulte du travail de 14 artistes différents venant des quatre coins du monde : Chili, Ukraine, Iran, Soudan, Russie ou encore Syrie.

Ces artistes viennent de s’installer en Alberta, majoritairement à Calgary ou Edmonton.

Pour Paddy Lamb, commissaire de l’exposition et lui-même venu d'Irlande il y a 25 ans, les écosystèmes artistiques sont très différents d’un pays à l’autre. Il pense que ce genre de programme permet à ces créateurs de trouver leur place dans la scène albertaine au sein d’une communauté.

Plus largement, Paddy Lamb veut croire que l’art permet de transmettre plus facilement des parcours de vie parfois difficiles, des trajectoires humaines percutées par les désordres du monde.

Les personnes qui arrivent ici sont souvent des boucs émissaires, alors qu'elles travaillent dur, déménagent dans des conditions difficiles et contribuent énormément à la société. Cette exposition est un bon moyen de donner un autre aperçu de ce groupe social et de mettre en valeur toutes les compétences qu'il apporte à la province.

Des parcours de vie où la création sert la narration

Sayeh Taheri

Artiste iranienne, Sayeh Taheri travaille sur cette ambivalence entre sa nouvelle vie, ici, en Alberta, et les liens enracinés qui perdurent avec l’Iran, malgré la distance.

Ses œuvres évoquent la guerre, les déplacements forcés des populations civiles et de la résilience qui la rattache avec son pays natal.

Un tableau présente le portrait d'une femme dont le cou se transforme en tronc et qui va jusque dans la terre.

Sayeh Taheri dessine au fusain. Son oeuvre de droite fait un lien entre sa nouvelle vie en Alberta, en haut, tournée vers le futur et l'avenir mais qui reste enracinée ailleurs, dans sa terre natale en guerre, représentée par le tableau du bas.

Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard

Ce programme est une très belle opportunité pour des artistes nouvellement arrivés comme moi. Cela nous permet de faire partie d’une communauté d'artistes et de participer à des projets.

Ce programme de mentorat, pour elle, est une chance de mieux comprendre le système artistique albertain et, plus globalement, canadien.

Oleg Buyanov

Artiste visuel travaillant surtout la photographie et le collage, Oleg Buyanov a fui la dictature russe.

Son art souhaite aborder l’ambivalence du genre, la frontière mince entre masculinité et féminité. Ses collages, rappelant les œuvres de la Renaissance italienne, soulignent la porosité des genres et le lien entre l’identité de genre vécue dans son intime et ce que nous souhaitons projeter aux autres.

Une photo d'une personne repliée sur elle-même.

Grâce à la photographie et au collage, Oleg Buyanov donne à voir la porosité entre les genres. Les collages permettent aussi de cacher ces modèles pour évoquer la protection et l'intimité derrière ces sujets.

Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard

Son travail est étroitement lié aux réalités queer, interdites, proscrites et condamnées en Russie, où la communauté LBGTQIA+ a été définie comme « extrêmiste » par la Cour suprême russe.

Macarena Osorio

Au Chili, Macarena Osorio gérait deux usines de confection d’objets en cuir, comme des chaussures ou des sacs. Elle a d’ailleurs représenté son pays dans plusieurs foires internationales du secteur.

Deux chaussures dans une vitrine.

Macarena Osorio était à la tête de deux entreprises de confection d'objets en cuir, au Chili. Depuis son arrivée en Alberta en 2019, elle tente de continuer à faire vivre son savoir-faire et son artisanat.

Photo : Radio-Canada / Danielle Benard

En 2019, sa famille quitte leur pays natal pour le Canada. Elle décide de les suivre.

Une fois arrivée en Alberta, elle tente de retrouver son savoir-faire, son artisanat pour valoriser ses compétences. L’économie, la langue, les prix, les matériaux, tout est différent.

Ses créations en cuir sont de véritables témoins de son savoir-faire et de son artisanat.

Ces parcours de vie et bien d'autres sont à découvrir gratuitement au Musée des beaux-arts de l’Alberta à Edmonton jusqu’au 23 août ou sur le site Internet du festival des arts et du design (nouvelle fenêtre).

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