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La petite histoire oubliée de la ville de Gagnon renaît à Chicoutimi

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Gagnon, une ville minière de la Côte-Nord, a été entièrement rasée en 1985, à peine un quart de siècle après sa fondation en 1957. Jusqu’au 3 octobre, son histoire renaît à la Salle Murdoch à Chicoutimi dans la pièce La robe de l’épinette, une création à mi-chemin entre le conte et le théâtre d'objets.

Pour raconter cette histoire oubliée, Eugénie Capel, une Saguenéenne d’adoption, a voulu déterrer, en miniature, les souvenirs de milliers de vies marquées par l’extraction du fer. En 50 minutes, la pièce vise à faire découvrir le récit de cette ancienne ville industrielle et de son gisement de fer.

C'est quand même une ville qui est montée jusqu'à 4000 habitants, soulève la créatrice de la pièce, Eugénie Capel. Un nombre de citoyens qui ressemble à celui de Saint-Honoré aujourd’hui, fait-elle remarquer.

Eugénie Capel regarde le journaliste.

Pour raconter cette histoire oubliée, Eugénie Capel, une saguenéenne d’adoption, a voulu déterrer, en miniature, les souvenirs de milliers de vies marquées par l’extraction du fer.

Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret

Gagnon n’est pas une ville-fantôme, car toutes ses installations, maisons et bâtiments ont été rayés de la carte du Québec lors de sa fermeture. C’est la seule ville qui a subi ce sort dans la province, indique la dramaturge.

Une histoire importante

Née en France, Eugénie Capel a grandi à Montréal et a complété une maîtrise en histoire avant de s’installer à Saguenay après la pandémie. En parallèle, elle nourrit sa passion pour les arts en cumulant les contrats de théâtre et de danse.

En surface, rien ne destinait l’historienne de formation à s'intéresser à Gagnon. Cette curiosité pour le triste sort de la municipalité, dont elle n’avait jamais vraiment entendu parler, a toutefois pris de l’ampleur au fil de ses propres découvertes.

Plus je lisais sur cette histoire, plus j’étais surprise de ne pas la connaître. En plus, pour moi qui a étudié en histoire, c'est quand même un élément qu'on pourrait penser marquant des 100 dernières années dans l'histoire du Québec, mentionne la dramaturge.

Le pouvoir des objets

Pour imager cette transformation radicale du territoire, l’artiste a créé, de ses propres mains, une grosse structure installée au centre de la scène et sur laquelle sont érigées des arbres, des maisons, des animaux et même une fonderie miniature.

Deux interprètes joueurs, Florence Bédard et Antoine Beaupré, ainsi que le narrateur, Patrick Simard, donnent vie à cette structure qui subit de nombreux bouleversements.

Antoine Beaupré et Patrick Simard sur une scène.

Le comédien «joueur» Antoine Beaupré ainsi que le narrateur, Patrick Simard.

Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret

C'est vraiment une grande maquette que deux interprètes viennent transformer, manipuler. On voit la ville arriver, on voit la mine arriver, on voit aussi toute la destruction de ces éléments-là. Et, il y a un troisième interprète sur scène, le conteur, qui raconte cette histoire.

Selon elle, le caractère miniature des objets employés pour raconter l’histoire d’un énorme territoire oublié est nécessaire pour faire revivre Gagnon.

C’est un peu comme si on allait fouiller dans les entrailles pour exploiter la ressource. C’est une image forte. L’idée qu’une ville apparaisse du jour au lendemain, ça, c’est une autre image forte. [...] Pour moi, c’est une histoire qui a tellement le potentiel d’avoir des éléments visuels marquants et le théâtre d’objets me permet d’aller les exploiter, confie-t-elle.

Eugénie Capel voit aussi dans sa pièce un potentiel éducatif susceptible d’intéresser les établissements scolaires.

Il y a énormément de sujets à aborder là-dedans, de belles discussions à avoir. Il y a toute l'histoire de la Côte-Nord, mais aussi, plus largement, l'histoire des régions, l'histoire économique du Québec. [...] Donc, j'aimerais beaucoup être capable de la faire tourner au niveau collégial.

La dramaturge aimerait également que La robe de l’épinette noire soit du prochain Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS) en juillet prochain.

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