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La note positive de ce Festival de Cannes 2026 ? Une vague sans précédent de films queer

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Culture 22/05/2026 07:30 Actualisé le 22/05/2026 12:27

« Jim Queen », « The Man I Love », « Du fioul dans les artères » … Le nombre de films LGBT+ a bondi sur la Croisette, et les récits changent.

Une terrible IST du nom d’hétérose, des routards gay en émoi, et la découverte des femmes pour un nouveau personnage joué par Adèle Exarchopoulos… Sous tension en raison du conflit qui oppose le monde du cinéma à Vincent Bolloré, l’édition 2026 du Festival de Cannes a tout de même été marquée par une note positive : une vague sans précédent de films queer.

La Queer Palm en dénombre 21, soit trois de plus que son ancien record. « Et même 22 », nous dit son fondateur, le critique Franck Finance-Madura. On est loin des cinq ou six productions dont pouvaient s'enorgueillir les organisateurs de ladite récompense à ses débuts, devenue en l'espace de seize ans un moment clé sur la Croisette.

« Très honnêtement, il y a tellement de variétés de récits LGBT+ que certains sont passés sous nos radars. Ça devient compliqué de les repérer avant de les voir », continue le journaliste, rejoint cette année par un jury coprésidé par Anna Mouglalis et l’homme sans qui les JO de Paris 2024 n’auraient pas été les mêmes, Thomas Jolly.

L’Inconnue, The Man I Love, Garance...

Il prend l’exemple de L’Inconnue, film en compétition pour la Palme d’or réalisé par Arthur Harari. Derrière cette histoire de « body switch » entre un homme (Niels Schneider) et une femme (Léa Seydoux) se trament des questions de genre insoupçonnées.

Garance de Jeanne Herry, Coward de Lukas Dhont, mais aussi le petit dernier de Pedro Almodóvar ou de ses compatriotes espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi… Les films ne viennent pas seulement d’Europe, mais aussi d’Asie (Quelques jours à Nagi) ou des États-Unis (Club Kid, du génial Jordan Firstman).

Présenté en séance de minuit, le film d’animation « Jim Queen » a emporté la Croisette.

The Jokers Films

Présenté en séance de minuit, le film d’animation « Jim Queen » a emporté la Croisette.

Comme The Man I Love d’Ira Sachs, film sur l’épidémie de sida dans le New York underground de l’époque, on a des drames. Mais de l’humour, aussi, avec le désopilant film d’animation Jim Queen (en salles, au mois de juin). Côté horreur ? Teenage Sex and Death at Camp Miasma avec Hannah Einbinder, star bisexuelle de la comédie, en pleine ascension.

L’exemple de La Gradiva

« Ce panorama témoigne de la diversité que peut recouper le cinéma queer. Ses récits sont universels et faits pour tout le monde », abonde notre expert, selon qui le fil de cette édition tient dans la banalisation des personnages LGBT+.

Un point de vue partagé par Javier Ambrosi, l’un des deux réalisateurs de La Bola Negra, sérieux concurrent pour la Palme d’or. « J’ai jamais pensé que les films LGBT+ étaient des films de niche. Ils parlent de droits universels. Il faut oser dire et mettre en avant qui on est », a déféndu l’Espagnol en conférence de presse.

Ciao le coming out : ce n’est plus le ressort principal, comme à l’époque du New Queer Cinema des années 1990. « On est en train de commencer l’étape d’après », estime Franck Finance-Madureira. Lui, cite La Gradiva de Marine Atlan, Grand Prix de la Semaine de la critique.

Film choral sur une bande de lycéens en voyage en Italie, il suit notamment un jeune garçon gay. « Sa quête identitaire ne porte pas sur sa sexualité, mais sur ses origines, précise le fondateur de la Queer Palm. C’est passionnant de voir un personnage queer traité comme n’importe quel autre, sans avoir à justifier de son genre ou son orientation. »

Entamée à Cannes avec La Fracture de Catherine Corsini (Queer Palm 2021 pour sa mise en scène d’un couple lesbien sans en faire l’angle pivot), la tendance se confirme, ici, avec Du fioul dans les artères. Pas de potentielle révélation : l’homosexualité de son héros, un chauffeur routier campé par Alexis Manenti, est connue de tous. L’intrigue, elle, nous conduit sur la façon dont il va s’autoriser à aimer.

Une édition 2026 sous tension

Le signe d’une évolution au cinéma, qui dit aussi beaucoup du Festival de Cannes, selon Franck Finance-Madura. « D’expérience, concède-t-il, lorsque les programmateurs voient un film LGBT+ qui leur plaît, ils se disent que ça fera une belle Queer Palm. Ça a forcément un effet d’entraînement sur le nombre de films sélectionnés. »

« La Gradiva » de Marine Atlan, Grand Prix de la Semaine de la critique.

Les Films du Poisson

« La Gradiva » de Marine Atlan, Grand Prix de la Semaine de la critique.

À l’heure des inquiétudes soulevées par la pétition anti-Bolloré contre les risques d’ingérence du milliardaire d’extrême droite dans la diversité des productions auxquelles Canal+ contribue, la désormais incontournable récompense du film queer revêt, elle, une importance particulière cette année.

« S’il y a bien un endroit où l’on est très vigilant sur les libertés, c’est quand il s’agit de raconter des récits queers », insiste son fondateur. Avant de conclure : « Selon les pays, on sait que c’est plus ou moins safe de travailler sur ces projets. Il faut toujours convaincre deux fois plus que pour d’autres les producteurs que nos histoires et nos récits sont tout aussi valides. »

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