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La « mini-réforme » du régime forestier annoncée en février par le ministre des Ressources naturelles et des Forêts suscite du mécontentement au sein de l'industrie.
Québec a aboli la rente annuelle pour les scieries ainsi que le Bureau de mise en marché du bois. Ces deux modifications étaient attendues par de nombreux acteurs du domaine. Le Québec était notamment la seule province à imposer une rente annuelle aux entreprises de sciages.
Or, les entreprises ont découvert au cours des derniers mois qu’une autre mesure, les redevances sur chaque mètre cube de bois, a été augmentée.
Le directeur général de la Coopérative forestière Ferland-Boilleau, Eric Rousseau, ne s'attendait pas à ce que ce montant augmente.
Pour notre groupe, ça représente 1.2 million de plus cette année, par rapport à nos budgets d’avril. Donc, on est quand même déçu. La seule qu’on a eue, c’est qu’on a annulé la rente forestière. La rente forestière, dans le fond, c’est pour s’assurer d’avoir nos garanties d’approvisionnement. Alors, ça a baissé, peut-être, de 400 000, mais au final, quand même, c’est 1,2 million de plus. 1,2 million moins 400 000, c’est 800 000 de plus, déplore-t-il.
Chez Domtar, l'entreprise indique qu'il faut reconnaître les efforts du ministre Jean-François Simard, qui a travaillé en collaboration avec l'industrie. La direction soutient toutefois qu'il y a encore du travail à faire pour améliorer la formule.
Chantier Chibougamau soutient pour sa part que cette situation réactive le besoin de revoir la gouvernance complète des forêts dans la province.
Des changements rapides demandés par le Conseil de l’industrie forestière
Le Conseil de l'industrie forestière du Québec estime que les dernières modifications ont été faites de bonne foi, mais que la nouvelle formule est perfectible.
Le président du Conseil, Michel Vincent, a été surpris de voir que les redevances sur les mètres cubes de bois ont été augmentées par le fait même. Il presse donc le prochain ou la prochaine ministre des Forêts de se pencher rapidement sur la question.

Michel Vincent est président du Conseil de l’industrie forestière du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Johanie Bilodeau
Le taux minimum qu’on peut payer, on parle du Québec en moyenne, passe de 5 à 12 dollars. On ne peut pas payer en bas de 12 dollars du mètre cube, même si les marchés demandaient le prix de 3,4,5, on ne peut pas aller en bas de 12, a lancé M. Vincent.
Nous, l’idée n’est pas de ne pas payer la juste valeur marchande des bois, mais s’il vous plaît, ajuster nos redevances à nos revenus, présentement. C’est tout ce qu’on demande.
Par ailleurs, le prix du carburant est un irritant supplémentaire dans la formule actuelle de calcul de redevances.
Le prix de référence est celui de 2025, ce qui crée une distorsion, selon l'industrie, alors qu'elle voulait un modèle qui s'adapte au marché.
Le diesel se vend actuellement 2,90 $/L en moyenne au Québec. L'an passé, le prix était autour de 1,69 $/L.
Des effets variables selon le MRNF
En réaction à ces critiques, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) indique qu'une révision du calcul des redevances relèverait d'une décision gouvernementale.
Par écrit, un porte-parole a également spécifié que « l'effet de la réforme varie selon les régions, les essences et les conditions d’exploitation ». Il précise que c'est l'indexation mensuelle des revenus qui a mené à des hausses d'ampleur variable régionalement.
Les hausses de taux pour certaines entreprises sont un effet direct de l’augmentation des prix sur les marchés au cours de l’été 2026.
Le MRNF ajoute que l'indexation mensuelle de la grille des taux de redevances représentait une demande de l’industrie forestière afin d’avoir des ajustements plus fréquents dans l'année selon l’évolution des marchés.


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