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L’ancienne commissaire à la Commission de vérité et réconciliation (CVR), Marie Wilson, présentait jeudi soir son livre Au nord de nulle part, à Yellowknife.
Pour la Ténoise, il était important de rendre accessible dans la langue de Molière le récit de ses six ans passés à écouter les témoignages des survivants des pensionnats.
Seule francophone parmi les trois commissaires choisis pour mener à bien la Commission de vérité et réconciliation, l’ancienne journaliste de CBC à Yellowknife était chargée des audiences dans les régions francophones du pays.
Ils m'ont partagé leurs expériences comme enfant. Moi, je voulais leur partager mon expérience comme commissaire, a-t-elle témoigné en préambule de sa présentation à Yellowknife. Dans mon contrat avec celui qui a publié la version anglaise, j'avais insisté pour une traduction en français.
Le résultat est, deux ans plus tard, une traduction de son livre North of Nowhere: Song of a Truth and Reconciliation Commissioner, assurée par l’auteur et comédien d’origine huronne-wendate Charles Bender.
Après avoir présenté son œuvre dans l’est du pays d’abord, à Montréal et à Ottawa, celle qui habite Yellowknife depuis 50 ans tenait à faire de même chez elle.
Mais aussi parce qu’il y a plus de survivants ici, dans le Grand Nord, per capita, que n'importe ailleurs au Canada, ajoute-t-elle.
Se parler en français
Dans la salle de la librairie Yellowknife Books, ils étaient une quinzaine de francophones à écouter les réflexions de l’ancienne commissaire.
Parmi eux, il y avait France Benoit. C’est extraordinaire que Marie Wilson parle si bien français et soit capable de livrer elle-même son message, s’enthousiasme-t-elle.
Résidente de très longue date de la capitale ténoise, elle trouve indispensable de s’informer sur les traumatismes liés au traitement subi dans les pensionnats pour Autochtones.
C'est notre histoire, pas très reluisante, mais il faut le savoir, surtout lorsqu'on vit dans le Nord. Ça fait partie de qui on est ici. C'est absolument essentiel.
Le travail continu de la réconciliation, ça implique le peuple du Canada. Donc, ça comprend aussi les francophones, affirme pour sa part l’auteure.
Il y a beaucoup de survivants des pensionnats qui sont rendus maintenant francophones. Ils ont perdu leur langue autochtone et ils ne parlent que le français.

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Marie Wilson en entrevue avec Céline Galipeau.
La version française est d’ailleurs préfacée par l’ancienne gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, alliée indéfectible de la CVR au moment de sa mise en place.
Elle a offert d'écrire la préface de ce livre-là parce qu'elle tenait tellement à son rôle de témoin d'honneur au travail de la Commission, explique Marie Wilson. Elle voulait vraiment contribuer à la compréhension, comme elle l'a fait d'ailleurs tout le long de la Commission.
Dans sa contribution, Michaëlle Jean évoque d’ailleurs son choc en découvrant l’histoire trouble du pays qui l’avait accueillie après avoir elle-même fui la dictature Duvalier en Haïti.
Je suis arrivée en 1989 au Canada, j'étais une jeune fille pour qui le Canada, c'est le paradis, se souvient Angélique Ruzindana Umunyana, aussi présente dans l’assistance.
Elle compare la CVR aux efforts de réconciliation dans son pays d’origine, le Rwanda, qui traîne la douloureuse mémoire du génocide dans les années 1990.
Je vois que ce qui se fait ici, c'est vraiment extraordinaire parce que, chez nous, c'est du vernis. Mais ici, on est allés vraiment écouter les survivants.
Ce livre, il est écrit par quelqu'un qui a aussi les mêmes doutes que nous, qui est aussi non-Autochtone, mais qui est parvenu à faire un travail extraordinaire. Donc, nous aussi, on s'informe, puis on peut vraiment faire une différence.
On hérite aussi des défauts d'un pays, conclut pour sa part Marie Wilson. On a la responsabilité de s’associer aux efforts pour l'améliorer.


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