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Les propriétaires de la librairie L’Exèdre, sur le boulevard du Saint-Maurice, à Trois-Rivières, lancent un cri du cœur sur les réseaux sociaux en raison du local adjacent laissé à l’abandon, qui attire les squatteurs.
Mercredi, une opération policière a été nécessaire alors que des occupants lançaient des objets du deuxième étage, menaçant directement la sécurité des passants, selon la copropriétaire de la librairie, Audrey Martel.
En entrevue à Toujours le matin, elle a raconté que l’immeuble, même s’il est barricadé, demeure facile d’accès pour des squatteurs qui souhaitent s’y introduire.
Chaque jour, nous craignons que cet immeuble abandonné devienne le théâtre d’un drame humain devant lequel nous serions impuissants. Laisser un bâtiment potentiellement dangereux, accessible et occupé, ne protège personne, écrit la librairie dans sa publication.
Les propriétaires s’inquiètent des incendies survenus dans leur quartier, mentionnant celui de l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses en 2024, des Résidences Sainte-Claire également en 2024 et du local de 1001 Fêtes en 2013.

Des biens et du matériel sont laissés sur des terrains à proximité du boulevard du Saint-Maurice.
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Audrey Martel soutient que le sentiment de fierté des résidents du quartier est entaché et déplore le manque d’action de la Ville de Trois-Rivières. Elle dit avoir le sentiment d’être laissée à elle-même, tout comme les autres commerçants et citoyens du quartier.
Ce n’est pas juste du luxe d’avoir du beau autour de nous, ce n’est pas un privilège. Prendre soin des citoyens et de son quartier, c’est une question de bien-être, oui, mais aussi de dignité, de santé mentale, d’inclusion même, de sentiment d’appartenance à la ville. Si on a l’impression qu’on met plein d’argent dans le centre-ville pour que ce soit beau pour les touristes, mais que le quartier où on habite est en friche, ce n’est pas vraiment mieux non plus, laisse-t-elle tomber au micro de Cassandre Forcier-Martin.

Des commerçants disent avoir le sentiment d’être laissés à eux-mêmes.
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Le dossier au prochain conseil municipal
Au lendemain de la publication, le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, a pris la parole sur les réseaux sociaux. Il dit avoir validé certaines informations afin de bien répondre.
Selon lui, l’immeuble a été acheté il y a quelques années par un couple qui avait déposé à la Ville un projet de rénovation qui aurait permis de rénover complètement l’édifice. Les années ont passé sans que cela se concrétise.
La propriétaire actuelle a déposé au cours des dernières semaines un projet de rénovation complète de toutes les façades (avant et arrière) de cet édifice. Elle a déposé un plan d'aménagement et fait une demande d'aide à la rénovation à la Ville, indique Jean-François Aubin.
Il ajoute que le dossier devrait passer au prochain conseil municipal, le 18 août.
Quant aux interventions policières dans l’immeuble, le maire de Trois-Rivières mentionne que des inspecteurs iront visiter l'immeuble pour s'assurer que les issues sont bien condamnées et qu'il n'y a pas de risque de sécurité.
Jean-François Aubin explique qu’il n’est pas toujours facile pour la Ville d’intervenir sur une propriété ou un terrain privé lorsque les règlements et les lois sont respectés. Le conseil municipal se penche actuellement sur l'idée de mettre en place une taxe spéciale sur les immeubles inhabités. L’objectif étant, selon le maire, de mettre de la pression pour éviter les édifices abandonnés.
Jean-François Aubin assure que le nouveau conseil municipal souhaite améliorer la situation et la ville. Les propriétaires et les locataires peuvent nous aider en maintenant leur propriété et leur logement en bon état. Beaucoup le font, d'autres doivent s'y mettre.


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