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Environ 100 personnes ont participé dimanche à la marche de la Fierté, sur la promenade du Vieux-Quai de Sept-Îles. C'est presque trois fois plus que l'édition de l'année dernière. Un rassemblement qui prend une signification d’autant plus importante cette année, suite aux vagues de commentaires haineux en ligne.
La journée a commencé en matinée sous la tente jaune. Des organismes communautaires ainsi que des artistes tenant des kiosques étaient présents. Les participants ont pu se faire maquiller, réaliser une œuvre collective ou bien même fabriquer leur pancarte pour la marche sur le Vieux-Quai.

Les participants collaborent pour créer des pancartes avant la marche de la Fierté à Sept-Îles.
Photo : Lucas Handschuh
Sur place, l'ambiance était festive. Billy Petitpas, membre du conseil d'administration de Queer Nord, s'occupait des maquillages.
Il y a différentes activités, il y a des jeux, les gens peuvent parler, créer, faire des dessins ensemble, des pancartes pour plus tard, plein de choses, décrit Billy Petitpas.

Billy Petitpas, membre du conseil d'administration de Queer Nord, souligne l'importance d'événements rassembleurs.
Photo : Lucas Handschuh
Ça fait vraiment un événement qui est rassembleur.
Malgré le ciel gris, l'ambiance est restée à la fête. Tempête ou pas, on va être là, lance l’un des participants.

Les participants défilent sur la promenade du Vieux-Quai pour la Fierté de Sept-Îles.
Photo : Lucas Handschuh
La marche de la Fierté existe à Sept-Îles depuis 2022. Elle avait d'abord été mise en place par le Centre d'intervention Le Rond-Point.
Cette année, l'événement a été organisé pour la première fois par Queer Nord, un organisme fondé en mars dernier pour défendre les droits des personnes de la diversité sexuelle et de genre sur la Côte-Nord.
Pour l'instant, l'organisme se concentre sur deux choses : diriger les gens vers les bonnes ressources et les rassembler, comme c’est le cas ce dimanche.
Il n'y a pas d'organisme communautaire avant nous qui était là spécifiquement pour la communauté, explique Camille Desjardins, membre du conseil d'administration de Queer Nord.

Camille Desjardins, membre du conseil d'administration de Queer Nord, souligne l'importance du rassemblement pour briser l'isolement.
Photo : Lucas Handschuh
Selon elle, ce manque de ressources est lié à un autre problème.
Il y a très peu de personnes lesbiennes, gais, de drag queens. On n'en voit pas ici, dit Camille Desjardins.
Billy Petitpas fait le même constat. Beaucoup de personnes de la communauté restent discrètes dans la région.
Ce n’est pas parce que ça dépasse le fleuve qu'il n’y a pas de personnes qui font partie de la communauté. Il y en a probablement énormément plus que les gens croient, dit Billy Petitpas.
C'est un enjeu surtout pour les jeunes, qui n'ont pas de modèles autour d'eux. Pour Camille Desjardins, se sentir entouré change beaucoup de choses. De sentir qu'on fait partie d'une communauté, c'est vraiment important, ça diminue beaucoup le sentiment de solitude aussi.
Billy Petitpas aurait aimé voir ce genre d'événement en grandissant dans la région. Je pense que, si ça avait été d'avoir des événements comme ça, j'aurais probablement fait ma transition plus tôt.

Les participants et les organismes locaux se réunissent sous la tente jaune pour les activités.
Photo : Lucas Handschuh
L'APTS, un syndicat du réseau de la santé et des services sociaux, était aussi sur place. Le syndicat a même été invité à ouvrir la marche. Kevin Newbury est représentant national pour la Côte-Nord. Pour lui, ce genre d'événement est l'occasion de faire front commun.
S'ils vont dans un CLSC, à l'hôpital, en centre jeunesse, en santé mentale, on est là. Donc, il faut absolument que ces personnes-là se sentent en sécurité, explique-t-il.
Dans les jours précédant la marche, des publications qui annonçaient l'événement ont reçu des commentaires discriminatoires sur les réseaux sociaux. Ce n'était pas la première fois. En 2025 déjà, les organisateurs avaient dû fermer les commentaires de leurs publications pour la même raison.
Mais la réaction ne s'est pas arrêtée là. En ayant reçu des commentaires négatifs, on a reçu également une tonne de messages positifs, raconte Billy Petitpas.
Des gens ont écrit à l'organisme pour dire qu'ils viendraient marcher. Ça nous encourage à continuer puis à voir que notre message passe pareil.
L’organisme Queer Nord prévoit d'autres activités prochainement. Un café-rencontre est prévu dès lundi, pour ceux qui n’ont pas pu participer à la marche.


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