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Agriculture et Agroalimentaire Canada a récemment annoncé que sept centres de recherche agricoles à l'échelle du pays fermeront bientôt leurs portes pour des raisons de compressions budgétaires. Quatre fermes satellites seront également fermées en Nouvelle-Écosse, en Saskatchewan et au Manitoba. Cette annonce inquiète des fermiers et des conseillers agricoles qui redoutent l'impact de ces fermetures.
Pour Laurent Vermette, fermier à Saint-Jean-Baptiste, cette annonce est un coup dur pour l'agriculture. Il dit que l'avenir du secteur dépend beaucoup des résultats de ces centres de recherche.
En tant que fermier, il estime que c'est important pour lui d'avoir des informations de recherche sur son industrie.
C'est très important d'avancer, d'apprendre ce qu'on devrait faire ou ne pas faire et les résultats obtenus dans ces centres de recherche nous aident à avoir l'information qui va nous être utile en agriculture, souligne Laurent Vermette.
Le conseiller agricole Jean-Claude Saquet déplore lui aussi ces fermetures. D'après lui, les centres de recherche et les fermes satellites fournissent des informations fiables aux acteurs de l'industrie.
Tous les centres de recherche ne font pas la même chose, mais, quand on les met ensemble, toutes leurs recherches nous permettent d'avoir des informations diversifiées, affirme-t-il.
Selon lui, ces établissements peuvent aussi être une porte d'entrée pour les jeunes qui sont intéressés à l'agriculture.
Pascal Thériault, agronome et économiste à l'Université McGill, abonde dans le même. Il souligne que les fermes dédiées à la recherche sont importantes pour les étudiants en agriculture.

Pascal Thériault, agronome et économiste.
Photo : Radio-Canada / L'épicerie
Je considère que ça n'envoie pas un très bon message pour ce qui est du recrutement dans les professions de l'agroalimentaire. Pour un jeune qui ne serait pas encore en train d'étudier l'agriculture, je me poserai la question à savoir, est-ce que j'aurai le support nécessaire pour pouvoir avoir une carrière?, indique-t-il.
Il croit que l'annonce d'Ottawa est une mauvaise nouvelle pour le secteur agroalimentaire canadien.
D'un côté, on tente de valoriser les professions du secteur agroalimentaire et, de l'autre côté, le gouvernement vient couper dans tout ce qui est recherche et innovation en agriculture, dit-il.
Pascal Thériault affirme aussi qu'avec le changement climatique, la recherche est plus que jamais pertinente de nos jours.
La recherche qu'on fait dans ces centres-là, dans certains cas, ce sont des projets de recherches qui s'étalent sur des décennies parce que ça nous permet de mieux contrôler l'environnement dans lequel on est, soutient-il.
Il estime que, dans les pays riches, il n'est pas question de produire en utilisant plus d'intrants ou de terres, mais de produire mieux avec les ressources disponibles. Pascal Thériault affirme qu'il faut de l'innovation et de la recherche pour atteindre cet objectif.


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