Victoire pour le camp conservateur. La Cour suprême américaine a validé mardi l'exclusion, décidée par des Etats, des sportives transgenres de compétitions féminines scolaires ou universitaires.
Donald Trump s'est rapidement félicité d'une «grande victoire» qui «met fin à cette situation absurde», lui qui avait promis, à son retour au pouvoir, de venir à bout du «délire transgenre».
La plus haute juridiction américaine, à majorité conservatrice, a considéré que les Etats républicains de l'Idaho (nord-ouest) et de la Virginie Occidentale (est) «peuvent déterminer l'éligibilité pour les compétitions féminines en se basant sur le sexe biologique».
Lire également: A Washington, la guerre de Donald Trump contre la diversité et les personnes transgenres est en marche«Nous confirmons que les Etats peuvent réserver les compétitions féminines aux femmes biologiques», écrit-elle dans sa décision. Plus de la moitié des Etats américains ont déjà adopté des lois en ce sens.
Dernière décision visant à restreindre les droits des personnes transgenres
Cet arrêt de la Cour suprême – pris à six voix contre trois, bien que les trois juges opposés à la décision aient exprimé un accord partiel – est le dernier en date à restreindre les droits des personnes transgenres, mis à mal par des Etats conservateurs mais aussi par l'administration de Donald Trump.
Lire aussi: La Cour suprême autorise provisoirement Donald Trump à exclure les personnes transgenres de l'arméeLe président républicain a multiplié depuis son retour au pouvoir les mesures contre les personnes transgenres et signé, dès son investiture en janvier 2025, un décret selon lequel les Etats-Unis ne reconnaissent plus que l'existence de «deux sexes, masculin et féminin», définis à la naissance.
En 2025, la Cour suprême avait déjà permis au Tennessee (sud) d'interdire aux mineurs transgenres l'accès aux traitements de transition, considérant que la loi adoptée en la matière par cet Etat ne présentait pas de caractère discriminatoire.
Equité et sécurité comme arguments de la Cour suprême
Cette fois, les neuf juges se prononçaient sur deux affaires distinctes dans lesquelles des juridictions inférieures avaient donné raison à deux jeunes athlètes transgenres s'étant vu interdire de concourir.
Les deux plaignantes se considéraient discriminées et invoquaient une clause de la Constitution garantissant une égalité de protection devant la loi et une autre loi fédérale anti-discrimination sur la base du sexe dans l'éducation.
Les deux Etats conservateurs justifiaient eux ces exclusions par la nécessité de préserver une compétition équitable et d'assurer la sécurité des athlètes. Des arguments repris par la Cour suprême.
«En termes de sécurité, autoriser des hommes biologiques à jouer dans des équipes féminines peut exposer les filles et les femmes à un risque significatif de blessures», en particulier dans les sports de contact, a défendu le juge conservateur Brett Kavanaugh, au nom de la majorité de la Cour. «Quant à l'équité sportive», cela «peut placer les sportives dans une situation de sérieux désavantage», a-t-il écrit.
Déception pour les plaignantes
Dans son texte expliquant son désaccord, la juge progressiste Sonia Sotomayor a elle dénoncé le fait que «la décision de la Cour repose sur des suppositions plutôt que sur des faits».
A ce sujet: Donald Trump s’attaque aux athlètes transgenres en cherchant à les priver de sports féminins«Je joue pour mon école pour la même raison que les autres jeunes de mon équipe d'athlétisme: me faire des amis, m'amuser et me dépasser», avait confié l'une des plaignantes, Becky Pepper-Jackson, à l'association de défense des droits civiques ACLU. «Tout ce que j'ai toujours voulu, c'est avoir les mêmes opportunités que mes camarades», avait poursuivi l'adolescente.
«C'est une décision déchirante pour les jeunes filles transgenres qui n'ont rien demandé de plus que d'avoir les mêmes chances que leurs camarades», regrette Joshua Block, avocat de la jeune fille de Virginie Occidentale.
Des femmes qui s'opposent à la participation des athlètes transgenres ont manifesté devant la Cour suprême à Washington, mardi. — © JIM LO SCALZO / keystone-sda.ch
Si le juriste voit un «feu vert» donné aux lois similaires, la Cour suprême «n'a pas dit que les autres Etats américains ne pouvaient pas faire un choix politique différent et autoriser les jeunes filles transgenres à participer avec les jeunes filles cisgenres» (qui s'identifient au sexe assigné à la naissance), souligne-t-il.


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