Le rendez-vous en visio était pris, fin de matinée côté New York, fin d’après-midi, de ce côté-ci de l’Atlantique. Le jour dit, à l’écran, Colum McCann, chaleureux comme toujours, se trouve dans sa maison, dans sa cuisine exactement, toute de verre et de blanc, lumineuse. Derrière lui, on devine un jardin, très vert. «Je me trouve dans le Connecticut, en pleine campagne. J’ai beaucoup de chance», explique l’écrivain qui a quitté son Irlande natale pour les Etats-Unis en 1986, à 21 ans, sûr déjà de vouloir écrire.
Il l’a raconté souvent depuis. Il faut imaginer le jeune homme d’alors, fils de journaliste et journaliste lui-même, devant sa machine à écrire, déterminé à écrire «le grand roman irlando-américain.» Conscient qu’il n’a pas assez vécu pour y arriver, il enfourche son vélo et sillonne pendant deux ans les Etats-Unis, 12 000 kilomètres de petits boulots en petits boulots, de rencontres en rencontres, à l’écoute des histoires que des femmes et des hommes lui livrent, à lui l’inconnu, qui sait seulement écouter.


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