Quand on a su, il y a 2 ans, qu’Elisa Shua Dusapin, romancière multiprimée pour ses romans intimistes, quittait les rives de la fiction pour préparer un reportage littéraire autour du conflit israélo-palestinien, deux sentiments se mêlaient: la curiosité de lire la prose ultrasensible de l’écrivaine confrontée à l’ultra-violence de cette région du monde, et, dans le même temps, la crainte devant le risque d’une telle entreprise. Comment en effet trouver le juste positionnement pour aborder cette guerre parmi les plus longues du globe, quand on n’est ni spécialiste de ce conflit ni reporter, au moment même où les atrocités commises atteignaient le pic sanglant du 7-Octobre et les bombardements qui ont suivi sur Gaza?
La réponse s’appelle «Sauf la frontière», un récit à la première personne impressionnant de justesse. Par la lucidité dont fait preuve l’autrice sur son manque d’expérience. Par l’impérieuse nécessité qui lui impose d’aller s’y confronter. De ces fragilités, Elisa Shua Dusapin va faire un viatique pour aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent la violence, ou ses échos, au quotidien.


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