«Il n’y a plus de journaux nulle part, même dans les kiosques qui sont devenus des épiceries vendant des produits alimentaires ultratransformés rendant obèse, et des machins à fumer divers et variés provoquant le cancer. La presse donne certes parfois de l’urticaire, mais cela se soigne tout de même plus facilement. Après, si les gens préfèrent payer pour ce qui les tue, on ne va pas les plaindre.» A peine a-t-on ouvert Un rendez-vous particulier, dernier roman de Martina Chyba, qu’on tombe sur une salve digne du jugement dernier. La célèbre journaliste est ainsi. Tant qu’à écrire des pavés de 288 pages et à voler du temps aux lecteurs, autant dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Sans filtre, ni fausse pudeur.
Dans cette autofiction sortie en novembre dernier aux éditions Favre et qu’elle dédicacera ce week-end auLivre sur les quais à Morges, Martina Chyba évoque ses amours tumultueuses avec un Parisien qui est son opposé, son oreille gauche flinguée, une amitié de quarante ans qui finit par une tragédie ou encore sa fonction de cadre qui l’a mise au tapis à coups de néo-management façon post-it. Dans ce livre qui se lit presque à haute voix tellement il est vivant, la journaliste présente encore une drôle de thérapie où les tableaux de maître et installations contemporaines font office de psys.


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